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Pensées En Blancs Cassées

Les résistantes camerounaises : invisibilisées et pourtant largement au dessus du game

 

 

Nous, les kainf ont à tendance à affirmer que les femmes africaines ont toujours été dans le combat anti-esclavagiste et anti-colonial et pourtant lorsqu’il faut sortir des exemples, ça bégaie. Alors pour les gent.e.s qui bégaient moins, iels vont en général te sortir quelques noms que l’ont connait tout.e.s à peu près mais sans savoir l’ensemble des combats concrets de ces personnalités comme par exemple les Amazones du Dahomey, la Reine Nzinga de l’actuel Angola…. On va te sortir « Reines d’Afriques », « les femmes fortes d’Afrique », des images sans noms, des bribes de récits sans histoires personnelles, on va tout cacher en magnifiant un imaginaire. Elles faisaient ci, elles faisaient ça, elles sont comme ci, elles sont comme ça… Mais qui sont-elles en réalité ? Personne ne sait. Des noms ? Des biographies non enjolivées ou floues? Peu de gent.e.s en ont sur les résistances africaines. On va donner toujours des exemples dans des luttes anciennes (bien qu’actuelles), lorsqu’il s’agit de parler de figures féminines dans des luttes plus récentes y’a presque rien qui sort, on va peut être parlé de Miriam Makeba ou encore de Djamila Bouhired mais ça part souvent en kinkinkin non mais y’a aussi Angela Davis, des femmes des Black Panthers, Rosa Parks….

Bref, très peu sur les Histoires coloniales contemporaines africaines et le rôle des femmes dans ces Histoires.  J’continue ici encore avec mon joli pays le Cameroun.

Personne ne parle des femmes camerounaises dans les combats anticoloniaux ou ne brandit de figures féminines à idolâtrer car peu de personnes connaissent les Histoires des femmes camerounaises. Surtout celles durant la guerre coloniale avec les Français.e.s (parce que oui les femmes blanches étaient aussi dedans).

Cette Histoire ci-dessous ne trouve pas sa centralité exclusivement dans le Sud Cameroun même si cela peut le paraître puisque l’organisation dont je vais parler était essentiellement basée là-bas. En effet, des femmes camerounaises de provenance de toutes les régions du Cameroun se sont ensuite ralliées à leur cause. Bien sûr, il existe d’autres Histoires féministes durant la résistance coloniale comme celles des femmes Anlu du Nord-Ouest du Cameroun qui ont effectuées de nombreuses marches pacifiques pour l’indépendance mais aussi pour la réunification du Cameroun.

Comme je l’avais mentionné dans l’article précédent Marthe Moumié fût (et est encore) une personnalité anticoloniale majeure au Cameroun bien qu’oubliée aujourd’hui. Elle fit partie à seulement 18 ans de la création de l’UDEFEC (l’Union démocratique des Femmes Camerounaises), une organisation politique de résistance de femmes camerounaises. Cette organisation était composée exclusivement de femmes anti impérialistes. Oui, la non-mixité politique n’est pas une invention occidentale. Il est important de souligner que l’UDEFEC était crée en 1947 en tant qu’organisation politique autonome pratiquement au même moment que le célèbre parti de l’indépendance l’UPC (Union des Populations du Cameroun). L’organisation indépendante et féministe camerounaise s’est ensuite affiliée à l’UPC en gardant son statut autonome lorsque la résistance armée dans la durée fût imminente. Mais l’UDEFEC avait tout de même son propre financement, sa propre stratégie et sa propre lignée politique.  A noter qu’au même titre que l’UPC, l’UDEFEC aura des soutiens de femmes de camerounaises en provenance de toutes les régions du Cameroun.

Leur statut politique consistait en plusieurs articles concis. Leur siège de l’organisation était à Douala. Les principaux axes de leurs luttes étaient la défense des familles camerounaises quant aux droits matériels, moraux, intellectuels et culturels, la défense des droits des femmes sur le plan économique, social et civique. Il fût acté que l’organisation serait exclusivement féminine mais n’avait pas pour optique de ne contenir seulement des camerounaises puisque l’on peut penser selon les dires de la militante Marthe Moumié que ces dernières avaient une optique de libération panafricaine également. Leur statut politique a été adopté en 1952 par l’Assemblée constitutive à Douala à l’unanimité par les cadres de l’UDEFEC qu’étaient : Mbem Emma Gisèle, Kamen Monique, Teck Cécile, Ngapeth Marie –Irène, Marthe Ouandié et Meido Marie.

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Marthe Eding, son mari était Ernest Ouandié

 

Elles étaient toutes jeunes, la vingtaine comme Marthe Ekemeyong (Moumié, le nom du mari) qui avait à peine 18 ans ou encore Marie Ngo Biyong (Ngapeth, le nom de son mari) qui en avait 26. Elles sont particulièrement connues pour avoir envoyées dès 1949 envoyées plus de 1000 pétitions au Conseil de Tutelles des Nations Unies pour réclamer l’indépendance totale des populations camerounaises mais aussi plus tard la réunification des territoires camerounais. Elles ont aussi financées l’éducation de celleux qu’elles percevaient comme leurs futur.e.s dirigeant.e.s du Cameroun. En effet, l’UPC avait mis en place une école censée former les prochain.e.s cadres du parti mais aussi du pays. Il y avait ainsi 5 femmes diplômées de l’UDEFEC de « l’Ecole des Cadres » : Marie Ndjat, Marie-Irène Ngo Biyong, Marthe Eding, Gertrude Omog et Marthe Ekemeyong.

Les femmes de l’UDEFEC ont rejoint l’Armée de Libération nationale du Kamerun lorsque la résistance armée était imminente de 1955 à 1957. Elles se sont combattues aux côtés des hommes, avec les armes en faisant même plus puisque beaucoup ont cachés des armes voire des documents officiels sous leurs vêtements (nos célèbres kabba ngondo ❤ ) au risque de se faire prendre. D’autres comme Marie Ndjat, ont mené des charges contre des préfectures afin de faire libérer leurs camarades emprisonné.e.s. Aussi, parmi les femmes de l’UDEFEC, certaines sont parties à l’étranger pour avoir de nouveaux acquis à utiliser sur place contre les colonialistes et les impérialistes. C’est le cas de Gertrude Omog qui est parti en Russie afin d’apprendre à piloter des avions de combats ainsi que le métier de parachutiste. Aussi, au même titre que Ruben Um Nyobe, Madame Ngapeth Marie Irène née Ngo Biyong a été chargée d’aller défendre le dossier du territoire camerounais (réunification), auprès de la quatrième commission de tutelle de l’Organisation des Nations Unies à New York aux Etats-Unis.

Le mouvement de l’UDEFEC fût interdit en 1955 en même temps que l’UPC par décret du gouvernement français de l’époque. Les deux organisations poursuivront tout de même leurs activités politiques dans la clandestinité, même si deux ans plus tard l’UDEFEC sera définitivement dissoute puisque la majorité des membres, surtout cadres, seront forcé à l’exil au Soudan en 1957. En dépit de cette dissolution, beaucoup continueront le combat de manière individuel ou collectivement. C’est cas par exemple de la plus connue, Marthe Ekemeyong.

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Marthe Ekemeyong, une des plus grande militante anticoloniale camerounaise

Marthe Ekemeyong généralement réduite au statut de « l’épouse de Félix Moumié » est pourtant une figure emblématique de la résistance anticoloniale camerounaise, a publié des ouvrages dans lesquels elle raconte ses mémoires, ses témoignages de militante. Elle a aussi reçu au cours de sa vie le soutien d’autres figures anticoloniales comme Gamal Abdel Nasser, Kwame Nkrumah, Ahmed Ben Ballah qui a d’ailleurs préfacé un de ces livres mémoires  (et aussi a aidé énormément de résistant.e.s camerounais.e.s <3) ou encore Sékou Touré qui lui avait d’ailleurs accordé à elle et son mari la possibilité d’un asile politique en Guinée, un peu avant l’assassinat de Monsieur Moumié.

Malgré son combat qui reflète le combat de nombre de femmes camerounaises et africaines dans l’ensemble, les reconnaissances envers l’apport des femmes dans les luttes anti coloniales au Cameroun mais aussi en Afrique sont restreintes. Les femmes résistantes camerounaises sont totalement invisibilisées et pourtant se sont énormément battues et ont beaucoup souffert pour l’ensemble des populations camerounaises. Elles subissaient en plus des violences physiques, morales et psychologiques de la part de la part des colons français.e.s , les mêmes violences physiques que les hommes. Elles étaient régulièrement menacées de mort ou d’enlèvement de leurs enfants (voire enlèvement définitif de leurs enfants). Parfois enceintes de leurs violeurs blancs, les bébés métis étaient aussi parfois enterrés à peine né.e.s. Elles ont été battues, torturées, violées, maltraitées, emprisonnées voire assassinées et ce quelque soit leur état, qu’elles soient valides ou non, enceintes ou non. Cependant, même en subissant toutes ces sévices et en se battant aux côtés des hommes, elles contribuaient à fournir l’apport ménager nécessaire et indispensable de la lutte pourtant souvent négligé lorsque l’on parle de lutte armée : elles effectuaient les repas, les tâches ménagères, les récoltes, le marché, elles s’occupaient des enfants et jouaient un rôle moral et psychologique pour elles-mêmes ainsi que pour les hommes engagés dans la lutte.

Elles ont su montrer par ailleurs qu’une libération décoloniale se conjugue forcément avec le genre, en incluant les questions féministes dans leur projet politique anticolonial. Et pourtant, aujourd’hui beaucoup qui se pensent pour la libération des noir-e-s dans les diasporas comme en Afrique ne prennent pas en compte ces questions de genre qui étaient si chères aux résistantes anticoloniales africaines. Déplorable, vraiment. C’est une insulte à leurs mémoires. Cela s’observe notamment par la considération et la place faite aux femmes dans nos milieux militants révolutionnaires noirs, africains, panafricains. Les conditions féminines des femmes noir-e-s en Afrique et dans les diasporas sont complètement négligées ce qui est défavorable à notre émancipation, notre émancipation et notre protection. En démontre notamment le féminicide dont a été victime Marthe Ekemeyong à l’âge de 78 ans, violée, battue, étranglée et laissée morte à son domicile. Mais aussi l’invisibilisation criant des femmes camerounaises dans les Histoires des luttes politiques du pays.

Il serait grand temps que ça change.

 

 

Kel Lam

Les résistant.e.s camerounaises à l’honneur

 

A la base, je voulais écrire sur une autre thématique puis je me suis dis qu’on parle que trop rarement des résistances anti impérialistes et anti coloniales camerounaises, surtout celles au point culminant de la guerre coloniale entre le Cameroun et la France dans les années 60-70. M’enfin il s’agit pas vraiment d’un article où je vais blablater comme les précédents (quoique) mais plus un court article pour poster une vidéo que j’adore et que j’estime méconnue (de même que les protagonistes).

Nous les renoi.e.s scolarisé.e.s en France, avons souvent tendance à nous plaindre que l’Histoire enseignée par la France invisibilise nos Histoires, les modifient et les falsifient à son avantage. Ce qui est vrai. On a souvent tendance à dire qu’il existe des archives françaises nous concernant classées secret défenses inaccessibles aux yeux du public. Pourtant on oublie aussi que l’on est en 2017 et qu’Internet est notre ami, surtout Google.

C’est pour cela que je vous incite fortement, les personnes intéressées à effectuer des recherches. L’information ne se trouve pas, elle se cherche. Et pour cela, il faut un minimum de volonté de savoir. Le Cameroun est un Etat tout comme les Etats-Unis ou la France donc par exemple si vous êtes intéressées par les résistances coloniales là-bas, il suffit bêtement de chercher. Comme vous avez l’habitude pour les Black Panthers par exemple. C’est trop facile en 2017 de dire « ah je savais pas », « on m’a jamais dit », « on me l’a caché ». Non, si tu as de l’intérêt pour un sujet, fais tes recherches. L’information et la connaissance ne tombent pas du ciel, elles se cultivent. Je suis exaspérée d’entendre des gent.e.s dirent n’être pas au courant de la guerre coloniale au Cameroun. Après toutes les productions intellectuelles, artistiques, visuelles, littéraires sur le sujet, c’est insultant. Le Cameroun comme tout autre pays a des philosophes, des militant.e.s, des activistes, des historienn.e.s, des sociologues, des radios, des revues, des journaux, des politistes, des anthropologues, des chaînes de télévisions, des émissions télévisées politiques, des théoricienn.e.s… Il ne manque pas d’informations concernant le Cameroun. Faut arrêter d’attendre qu’une personne occidentale (quelque soit sa couleur de peau) se réveille pour dire qu’il y a eu un fait au Cameroun pour vous sursautiez tout.e.s comme des étonné.e.s comme si des travaux n’ont pas été effectués avant. Surtout que ces personnes occidentales jouissant d’un privilège du fait de leur position territoriale (sans parler de leur privilège blanc si ce sont des bab) qui produisent le savoir sur l’Histoire (et non les Histoires du Cameroun) pour le coup récoltent ensuite tous les fruits moraux et surtout financiers qui font défaut à celleux qui sont au pays et qui bossent quotidiennement sur ces sujets. Bref, fin de la digression.

Donc ici, c’est juste un petit rappel que oui, vous pouvez trouvez des archives de résistances anti coloniales sur Internet. Et non, ce ne sont pas forcément des images ou des vidéos où l’on nous voit en étant soumis.e.s en situation d’infériorité ou en défaite de combat mais il existe aussi des archives gratifiantes, qui peuvent aussi vous donner la pêche pour les personnes noires qui croient comme moi au futur d’une Afrique libre de tout néocolonialisme et d’impérialisme et à des diasporas afrodescendant-e-s totalement libre aussi. Nous ne sommes qu’une continuation de nombreux combats menés depuis des siècles, inspirons nous de nos résistant.e.s africain.e.s qui étaient là avant nous, de nos grands-parents, de nos arrières-grands parents… Rien qu’au sein de votre famille ou dans votre entourage, vous pourriez vous surprendre à entendre de nombreux récits de luttes anticoloniales pour celleux qui n’y ont jamais pensé.

 

La vidéo est celle d’une interview télévisée en 1960 par la chaîne suisse RTS d’Ernest Ouandié et de Marthe Moumié, deux militant.e.s de l’UPC (Union des Populations du Cameroun).

Pour vous remettre dans le contexte historique et politique de l’époque pour les gent.e.s qui ne connaissent pas, on est en pleine guerre coloniale au Cameroun, la France massacrent durement les populations camerounaises résistantes. Dans l’optique d’avoir de nouveaux soutiens, de faire entendre leurs voix et d’étendre son influence outre le territoire camerounais, l’UPC (Principal parti politique de la résistance anticoloniale) commence une politique internationale d’élargissement. C’est dans ce cadre là que Ruben Um Nyobe par exemple ira se présenter aux Nations Unies pour réclamer l’indépendance camerounaise effective et totale (la vidéo est sur YouTube). Dans cette même optique, Félix Moumié, mari de Marthe Ekemeyong, à la tête du parti après l’assassinat de Ruben Um Nyobe, se rend en Suisse où lui aussi sera assassiné par empoisonnement. L’interview a donc lieu quelques jours seulement après l’assassinat de Félix Moumié en Suisse.

 

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A droite de la photo, Ernest Ouandié, au centre Marthe Ekemeyong et à gauche Abel Kingue, à Genève en Suisse, en 1960 après l’annonce de l’assassinat de Félix Moumié. 

 

Je trouve cette vidéo intéressante en plusieurs points car nos deux militant.e.s anti impérialistes et coloniales nous donnent ici des leçons de conduites anticoloniales :

  • Ne jamais faire confiance (entièrement) aux personnes que tu appelles allié.e.s ou neutres, laisses les faire leur preuve entre eux. On voit cette leçon avec le cas de la Suisse censé être un pays neutre, un pays de protection pour les militant.e.s anticoloniales mais qui se révèlent être de bord avec la France sur l’assassinat de Félix Moumié, ce qu’ont compris les militant.e.s notamment en déclinant une aide juridictionnel et policière suisse. En gros, ces bab veulent faire genre ce sont nos alliées, c’est leur problème, laisse les se bagarrer entre elleux pour voir qui est « plus l’ami.e des noir.e.s que l’autre » mais ne comptent jamais entièrement sur elleux pour des actions à mener, ne les laissent jamais investir nos luttes au premier plan, sinon c’est la mort.

 

  • Ne JAMAIS faire confiance à la police, comme Ernest Ouandié le dit, « la police peut nous protéger à distance comme les autres citoyens » refusant l’aide de la police rapprochée, ne jamais être auprès des policièr.e.s. A l’époque déjà, les militant.e.s camerounais.e.s avaient conscience de la dangerosité de l’institution policière. La police française négrophobe a toujours existé.

 

  • Les femmes africaines étaient aussi massives dans les luttes anticoloniales malheureusement elles sont complètement invisibilisées. Et pourtant, par exemple, il est su qu’au Cameroun, ce sont elles qui ont été au devant des luttes anti-impériales et anticoloniales. A l’image de Marthe Ekemeyong Moumié en tenue de veuve dans la vidéo, on voit que le journaliste blanc suisse ne pose aucune question sur le militantisme de cette dernière malgré son expérience et la considère seulement comme « l’épouse de… ». Et pourtant, il s’agit d’une femme qui a accompli énormément de choses dans sa vie puisqu’elle a consacré sa vie pour l’autodétermination des peuples du Cameroun.

 

  • La maîtrise de la communication est importante. Ne JAMAIS en dire trop devant les dominant.e.s ou comme Ouandié le dit les impérialistes. Ne jamais développer ses idées, ses aspirations et ses projets, ce ne pourrait jamais être à notre avantage. Répondre donc habilement aux questions des journalistes ou alors ne pas répondre du tout.

 

  • Les ennemi.e.s n’ont pas de couleur de peau = #motto à se répéter pour certain.e.s. A un moment, le militant Ernest Ouandié indique que la résistance est toujours à son comble et que des tueries ont encore eu lieu sur des blanc.h.e.s et des noir.e.s, puisqu’iels étaient tout.e.s pour l’ordre colonial et l’impérialisme. Il faut faire la part des choses, c’est pas parce que tu vois des renoi.e.s qu’iels sont forcément pour une libération totale des noir.e.s, les Audrey Pulvar là c’est poubelle. Il ne faut donc pas hésiter à boycotter ces gent.e.s et non les cajoler et les donner des excuses sur leurs attitudes et leurs paroles. On sait que c’est de cette manière que la guerre au Cameroun s’est terminé, des pro-colonialisme, impérialismes à la négrophobie intériorisée massacrant et brûlant des villages entiers. Donc là encore, ne pas répéter les erreurs du passé.

 

  • Et surtout faire attention des organisations du type la Main Rouge (subtilement mis en cause dans l’interview) qui était une organisation française terroriste armée issue des services secrets français, qui assassinait les militant.e.s anticoloniales et sabotait constamment leurs projets. La Main rouge agissait partout en Afrique, vraiment PARTOUT où la France était positionnée. Et partout où les militant.e.s anticoloniales se déplacent. Aujourd’hui, on peut encore tirer des leçons de ce type d’organisations financées par le gouvernement français puisque l’on sait que le gouvernement français est mis en cause dans plusieurs assassinats de personnalités anticoloniales.

 

Bref, voici la vidéo ici :

 

 

Kel Lam.

Poils chéris

Je pars au pays

J’observe Ma Solange. Elle est allongée sur le lit et regarde son portable en fronçant des sourcils. Elle a abaissé son pagne au niveau de la taille et a laissé ses seins nus. On ne s’embarrasse pas d’une pudeur qui ne concerne même pas un organe sexuel.

Je l’imite. C’est tellement plus agréable. J’aime la chaleur pour ça. Les vêtements s’ôtent facilement et le corps est rapidement accessible. C’est un bel appel à la sensualité. Je me caresse très souvent les bras et adore me perdre dans la contemplation de la peau lisse et tendre des congolais.

Ma Solange a replié ses bras sous sa tête. D’éparses mèches crépues se tassent contre ses aisselles. Des tourbillons sans longueur, sauf on tire dessus. J’adore faire ça, lisser mes poils, sentir leur épaisseur entre mes doigts. Ceux de Ma Solange sont fins.

Voir cette pilosité me procure une grande joie, parce qu’elle…

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Friendzonage & Gars Frustrés aux Egos Fragiles

 

Le concept de friendzone m’énerve et donc j’ai envie d’en parler.

On l’entend partout. On voit régulièrement des articles fleurir à ce sujet (dont celui-ci ahah), des sons, des tweets, des posts, des sortes de sketchs pseudo-comiques… La plupart des gent.e.s finissent même par croire au fur et à mesure que c’est un concept réel. C’est tellement populaire que c’est devenu courant dans la vie de tous les jours. Surtout chez les hétérosexuell.e.s (et surtout les teubés de mecs cis lààààà) du moins les exemples de friendzonages et autres bêtises assimilées à ce concept sont pris en général chez des personnes cis hétérosexuell.e.s. Pour faire court, c’est un sujet qui serait drôle. On en rit, on se moque, on en parle. Vous comprendrez que je me situe dans cet article dans les exemples exclusif de relation hétéro parce que c’est ce que je connais.

 

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Un vieux gars qui se friendzone parce qu’il a le seum qu’une fille gère un autre gars que lui.

Mais de quoi se moque parle-t-on réellement ?

A croire un peu tout le ramassis que l’on peut faire autour de soi et sur Internet (oui Google est notre ami) concernant cette bêtise, la friendzone est une sorte de zone grise dans laquelle une personne se trouve (souvent un gars cis hétéro – d’où le nombre de sketchs excessifs réalisés par ces derniers pour illustrer leur frustation- archi pathétique) lorsqu’elle est intéressée sexuellement ou amoureusement par une personne  qui ne la considère sous aucun de ces deux aspects. Ce qui est aussi à noter et qui est intéressant et que la friendzone se « déclare » par la personne elle-même et n’a pas réellement de point de départ au sens où cela ne se déclenche pas forcément au moment où la personne B (qui n’a pas d’intérêt amoureux ou sexuel) exprime un non intérêt sexuel ou romantique. C’est la personne A qui détermine la friendzone et la place affective qu’elle a auprès de la personne B au détriment de ce que peut ressentir ou penser la personne B. Cela survient donc en ne prenant pas en compte l’avis exprimé (ou non) et ressenti de la personne B. Sérieusement, quand prend-on en compte l’avis de la personne B dans cette affaire ???

Ah, j’espère que jusque-là vous voyez en quoi cela est problématique ? Oui, le concept des gars frustrés aux ego fragiles autrement dit friendzone ce n’est que le prolongement de la culture du viol qui persiste aujourd’hui dans nos sociétés occidentales. Les gent.e.s qui sont en mode késako culture du viol? Faites des recherches, Google est votre ami, si c’est facile de googoler (or whatever you say…) Beyoncé, c’est aussi facile de googoler la culture du viol. Mais en bref, c’est le fait que l’on soit dans une société dont la culture favorise, approuve voire conforte fortement les pratiques et les attitudes qui conduisent au viol. Là y’en a dernière l’ordi qui sont en mode, mais elle est cheloue, elle ? C’est quoi le rapport avec la friendzone ? Justement c’est TOUT le rapport avec cette histoire de gars frustrés qu’est la friendzone.

Là c’est le moment où j’hétéronormatise à fond puisque ce concept est le fruit de l’hétéronormativité (google est ton ami), il faut prendre des exemples en conséquence de cause. Cette connerie de concept d’ego fragiles qu’est la friendzone néglige totalement le consentement des femmes dans les relations hétérosexuelles. Cela veut dire qu’après même que la femme ait exprimé, clairement, qu’elle n’avait aucun intérêt sexuel ou amoureux pour le mec, ou d’ailleurs comme on l’a dit avant même sans expression d’opinion, le gars se croit de droit de déterminer par lui même une position affective et ou sexuelle auprès de cette même femme. Il se donne cette position en se qualifiant de friendzone, qu’il s’est auto-attribué en imposant sa vision de sa relation qu’il entretient avec cette femme. Il impose ses désirs, il prévaut ses aspirations sexuelles et romantiques sur ceux de la femme. Il refuse d’accepter le « NON » de la femme, le transformant en cette zone grise qu’est la friendzone. En gros, le gars trouve pas normal qu’on lui dise non, puisque de fait, les femmes sont censées être toujours des personnes accessibles et offertes aux hommes et qui ne peuvent sous aucun moyen dire non. Elles finissent forcément par dit oui, elles ne peuvent dire non aux hommes. Et même lorsqu’elles disent non, bah souvent ça veut dire oui, faut juste attendre un peu hein.C’est là tout le raisonnement et le pourquoi de la dangerosité de ce concept de gars frustrés. Accepter qu’une bêtise comme le friendzonage puisse exister c’est refuser aux femmes leur libre disposition sexuelle et affective de leurs corps et de leurs esprits. On le leur refuse parce qu’elles sont forcément à la disposition des hommes.

 

 

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Photo d’une étudiante à une manifestation « Stand With Us » contre la culture du viol à l’université. « Salope » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire OUI. « Friendzone » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire NON.

 

Pourquoi le concept de friendzonage est dangereux ?

 

En plus, que cela est une grave attitude qui favorise la culture du viol, cela aboutit instantanément à une violence exercée envers les femmes. D’où le déferlement d’insultes, de critiques ou de remarques désobligeantes à l’encontre des filles qui auraient soi-disant friendzoner des gars frustrés de s’être manger un NON. Mais aussi il est dangereux d’avoir dans son entourage une personne frustrée à l’égo fragile qui s’autofriendzone. Puisque vous le savez aussi bien que moi, les mecs cis hétérosexuels qui peuvent réellement être amis avec le genre féminin, y’en a vraiment pas beaucoup. Bon nombre d’entre eux ont grandi en apprenant à sexualiser voire hypersexualiser et à romantiser les corps, les attitudes et les pratiques des femmes. Du coup, tout comportement physique ou moral (ou pas forcément d’ailleurs) affectueux, amical que vous pourriez entretenir avec ce frustré pourra être perçu par celui-ci  comme une avance sexuelle ou amoureuse. Parce que dans leurs têtes d’égos fragiles, si elle le tient le bras ça veut dire qu’il y a moyen, si vous faites du shopping ensemble ça veut dire qu’il y a moyen, si elle s’habille court lorsque vous vous voyez bah oui ça veut dire qu’il y a moyen. Frustration & culture du viol puissance x 10.000.

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La « friendzone » n’existe pas. Soit on vous kiffe, soit on vous kiffe pas. Arrêtez d’utiliser le terme « friendzoner » pour cacher le fait qu’on vous kiffe pas. 

Donc je rajouterais juste une couche (miskinaa les go, je voulais pas vous déprimer comme ça mais OKLM) sur la dangerosité de ces gars cis hétéro frustrés parce que justement ce sont des hommes cis hétéro frustrés et tout le monde sait que ces êtres maléfiques peuvent être dangereux. Il est su aujourd’hui que la majorité des femmes qui se font agressées sexuellement, le sont par des hommes et surtout des hommes qu’elles connaissent. Ce sont en général des hommes qui leur sont proches, dixit le gars frustré qui s’invente une vie en se friendzonant. Donc là aussi malheureusement, il faut faire attention. Faites gaffe à vous les femmes.

Et non, on va pas masser les égos fragiles des gars frustrés et renforcer la culture du viol en continuant de bavarder de cette connerie de friendzonage, CA N’ EXISTE PAS, POINT FINAL.

 

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J’ai besoin du féminisme parce que le concept « friendzone » se matérialise. Si une fille ne veut pas sortir avec toi, elle n’a rien de mal. Ne la diabolise pas.

 

Kel Lam

« Met fanm sou ou » présente: Sanité Belair

From a Sista, outta love

Suzanne Belair, connue sous le nom de Sanité Bélair, est née affranchi (personne de couleur libre) en 1781 à Verettes, L’Artibonite. Sanité était une officière de l’armée de Toussaint Ouverture durant la révolution Haitienne. C’était l’une des seule femme de l’armée et c’était aussi une active révolutionnaire. Sanité a été reconnue par le gouvernement haïtien comme héroïne national d’Haïti. En 2004, elle fait partie d’une série spéciale de la monnaie haïtienne, on pouvait l’a retrouvée sur le billet du 10 gourde. Décrit par Dessalines comme « tigresse », Sanité était reconnue pour son énergie et sa vigueur. Tout le monde connaissait sa haine pour les colons français, elle n’hésitait pas à tuer ses ennemis à coup de d’épée….ou à mains nues.

En 1801 débute l’expédition de Saint-Dominque. Le général Français Leclerc veut rétablir l’autorité française mise à mal par Toussaint Louverture et aussi rétablir l’esclavage sur les colonies françaises.

Pendant le conflit contre les…

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Police : To Serve And Protect

Quartiers libres

protect-and-serve

Le viol de Théo Luhaka est un crime policier de plus qui touche un jeune habitant de nos quartiers populaires. Le courage de Théo et de sa famille pour oser mettre sur la place publique cette histoire est la seule réponse à la hauteur du crime commis par ces quatre policiers. Oser nommer les choses, osez tenir tête a ces agresseurs dans ce type de situation est rare.
Au delà des responsabilités individuelles de cette équipe de sadiques et elles sont nombreuses comme le montre les différentes vidéos de la scène, ce crime ne peut se produire que parce que le contexte le permet. Nombreux ceux qui affirment que ce type de viol policier est anecdotique car rare.
Aussi anecdotique et rare que le procès d’un policier municipal de Drancy qui s’est tenu le mois dernier où il devait répondre de viol pour avoir lui aussi enfoncé sa matraque télescopique…

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Propos coloristes, anti africain & cie

 

On a  tout-e-s à peu près (ou non) une définition basique du colorisme en tête : le fait que  des personnes ayant le teint clair soit valorisées au détriment des personnes ayant le teint foncé, provoquant ainsi des discriminations lourdes envers ces dernièr-e-s. Dans cette petite définition, on peut aussi y rajouter aussi les traits fins, la typologie du cheveux. On peut accessoirement élargir et ajouter aussi d’autres critères qui ne sont pas du ressort du colorisme mais du privilège occidental (vu que les deux soient liées) dont certain-e-s afrodescendantes noir-e-s bénéficient et ne s’en rendent pas forcément compte : l’accent, le passeport, le code vestimentaire, l’adoption de la culture occidentale ?

Il faut garder en tête que bien que les critères de beautés coloristes se rapprochent de la beauté occidentalo-blanche, ils ne sont pas exclusifs et propre à la beauté occidentale. Oui, il existe des personnes noires qui naissent avec des cheveux bouclés voire lisses et parfois blonds, ou avec des traits fins. Ce qui n’empêche en aucun cas que ces personnes soient noire d’ascendance africaine.

J’ai fais exprès de choisir des jeunes parce que je voulais pas qu’on pense que ce sont des personnes qui ont traités chimiquement leurs cheveux mais BREF. Pas besoin d’avoir la peau blanche ou claire pour avoir des traits fins, des cheveux non noirs et/ou  longs ou/et lisses ou bouclés.

Les clichés coloristes ont la vie dure et surtout qu’elles vont de pair avec les clichés coloniaux et racistes. Je ne vais pas me fatiguer à revoir ici l’historique du colorisme, comment la noirceur est perçue comme masculine voire déshumanisante alors que la clarté est synonyme de beauté, gracieuseté. Flemme.

Je vais m’attarder sur comment le colorisme contribue à insulter l’Afrique, à renforcer le sentiment anti-africain qui est déjà fort dans les sociétés occidentales. On peut voir un parallèle entre les propos coloristes, que ce soit les soi-disant « compliments » ou les insultes et la manière dont ceci est le reflet d’un rejet fort de l’Afrique et d’un dénigrement pour les peuples africains. Et je pèse mes mots, je n’exagère en rien.

Pas mal de renoies kinf vont peut-être se reconnaître dans ce passage bien qu’on pourrait écrire des milliards de romans de ce type de réflexions (rien n’a été inventé ci-dessous) :

Quand on t’aborde : « T’es martiniquaise ? » « T’es antillaise ? » « T’es guadeloupéenne ? » « T’es haïtienne ? » « T’es brésilienne ? » « T’es métisse ? » « Antillaise !! Antillaise !! » « T’es chabine ? » « T’es réunionnaise? » « Souvent des inconnu.e.s  me parlent directement créole….

Puis, quand tu sors le nom d’un pays africain : « Quoi ? Sérieux ? » « Ça existe des comme toi en Afrique ? » « Non impossible t’es trop belle pour être africaine » « Ah mais en faites-vous en (nom du pays) vous êtes pas des gens trop foncés » « Mais non tu mens les africaines elles sont très noires d’habitude » « T’es clair pour une africaine » « T’as des beaux cheveux pour une africaine »  « Ah mais t’as pas d’accent » «C’est impossible que tu sois africaine, tu fais pas du tout africaine» «Mais toi tu ne ressembles pas du tout à une africaine, tu fais antillaise» « Ah bon? mais tu fais trop martiniquaise pourtant».

J’espère que juste en lisant cela vous voyez le problème. Déjà, une personne en se basant sur votre physique se permet d’assumer vos origines sur la base du colorisme. Elle pense que la beauté est synonyme de clarté, forcément extérieur à l’Afrique ou le fruit d’un métissage. Et NON les compliments COLORISTES ne sont pas à prendre! Ils sont dégradants, c’est sale, c’est bas, c’est insultant parce que c’est au détriment d’autres renoi-e-s, c’est de la négrophobie et l’on vous fétichise par le même biais. Donc les sorcièr-e-s qui sourient ou acceptent ce genre de compliment, arrêtez. Quand une personne noire en France correspond au diktat de beauté coloriste noire (ou du moins une des caractéristiques), les gent.e.s ont tendance à penser que cette dernière est forcément originaire d’une communauté de la diaspora africaine, forcément originaire d’une île mais jamais d’Afrique ce qui est INSULTANT.

 

Détachons du cadre étasunien noir pour penser le colorisme dans le cadre français. Ce que le colorisme veut dire ici c’est que la beauté en Afrique n’existe pas, qu’elle n’existe qu’en dehors de ses frontières ou du moins dans des îles africaines dont les gent.e.s ont tendance à oublier que ce sont des parties de l’Afrique dixit Ile de la Réunion, le Cap Vert.

En France, il reprend les schèmes coloniaux avec les comparaisons idiotes haineuses posées par les autorités coloniales entre les Antilles et l’Afrique, du style :

Les personnes « belles » (synonyme de clair) sont forcément originaires des Antilles et non d’Afrique puisque là bas ils y sont tous « moches » (synonyme de foncé). C’est qu’aux Antilles tout le monde a les traits fins, en Afrique tout le monde a de gros traits, c’est qu’aux Antilles tout le monde est civilisé alors qu’en Afrique ce sont que des sauvages. C’est qu’aux Antilles tout le monde vit si bien et qu’en Afrique tout le monde vit si mal, on y croule sous la pauvreté et la saleté. C’est qu’aux Antilles il n’y a aucune culture, que le créole antillais c’est que du français mal formé, que les gent.e.s y sont bêtes et se prennent pour des blanc-h-es alors qu’en Afrique tout est authentique, il y a de vraies langues et les cultures et les traditions sont intactes et véritables, ce sont toutes des personnes fortes, battantes n’ayant aucun traumatisme psychologique des relations avec la France.

Il y a toujours ces imaginaires coloniales (et néocoloniales) qui persistent dans les esprits dans la majorité des esprits d’afrodescendant-e-s noires. Perso, quand quelqu’un s’approche de moi pour me demander si je suis antillaise, je me sens mal. J’ai compris petit à petit que la plupart de ces personnes ont en tête la vision caricaturale de femmes africaines forcément noires très foncées avec de grosses formes et des traits du visage très épais. Ou alors de jeunes femmes noires foncées avec des tissages que certain-e-s insultent avec le prénom Fatou. Et que dans les deux cas, ils trouvent cela moche. Pour ces personnes, tout-e-s les personnes qui viennent d’Afrique sont forcément moche. Ainsi, lorsque ces sorcièr-e-s rencontrent une personne africaine ou d’ascendance africaine qu’il trouve beau, c’est le choc, ils n’y croient pas.

Je me souviens encore dernièrement d’une personne non-noire qui me fit ce « compliment » entouré de nombreux hommes noirs qui n’ont même pas été choqué à minima : « Ah mais toi c’est bien tu fais pas Fatou » « Comment ça ? C’est quoi une Fatou ? » « Bah on dirait t’es antillaise, tu portes pas de tissages fatiguées, tes cheveux sont biens, même ta peau tout ça t’es bien » « Bah non je suis africaine, je suis comme elles, je suis même une Fatou » « Non tu l’es pas ».

Sorcellerie en plein jour.

Bref, j’ai compris qu’implicitement c’est mon continent qu’on insulte, les pays et les peuples qui y sont. Ce sont mes gent.e.s et moi-même. Je ne vais pas jamais m’excuser de cela, je suis africaine et je suis fière de l’être. Avec ce colorisme colonial anti-africain, on néglige d’abord que les femmes noires foncées sont belles qu’on caricature ici à la bonne dose occidentale (l’image de la tanti renoi énervée, de la maman renoi masculine ou qui s’éclaircit, merci les hommes noirs pseudos comédiens pour le renforcement du stéréotype)  mais aussi on néglige qu’il existe une diversité de femmes qui existe en Afrique, qui ne sont pas tout-e-s foncées ou noires d’ailleurs. L’Afrique est un continent tout comme l’est l’Europe, l’Asie. Dans vos post censés représenter les beautés africaines où sont les Albinos ? les Maures ? les Handicapées? les Berbères ? les Malgaches ? les Peuls? les Réunionnais-e-s? les Vieilles ? …

 

 

   

Quand est-ce que les gent.e.s vont marquer au fer rouge dans leurs esprits qu’il existe une diversité africaine extraordinairement riche et belle ? Que ça vous plaise ou non l’Afrique n’a rien à avoir avec les idées coloniales françaises et belges. L’Afrique n’est pas le continent noir, ce n’est pas un continent divisé en deux parties coloniales : Afrique blanche, Afrique noire : ça n’existe pas. Et oui l’Afrique du Nord il n’y a pas que des arabes non il y a une diversité ethnique forte dans cette région africaine. Votre anti africanisme et votre négrophobie s’arrête là. Que vous aimez ou pas il existe une diversité de faciès dans toute l’Afrique entière, OUI  même en Afrique de l’OUEST, OUI !! 

Et oui la Mayotte, Madagascar et l’Ile de Réunion et le Cap-Vert font partie de l’Afrique !!!!!

Quand vous êtes en face de ce genre de situation n’hésitez pas à prendre la parole, arrêtez d’accepter qu’on vous fasse des faux compliments coloriste anti africain à la con comme ça parce que vous méritez mieux et l’Afrique aussi.

 

 

/!\ D’ailleurs, ce passing-antillais me fait penser aussi à toutes les bêtises anti-antillaises que l’on a pu me dire bien que je ne sois pas antillaise. Apparemment les femmes antillaises seraient pas sérieuses, seraient faciles, n’auraient aucune valeur, pas de principes et aucune culture?? Les personnes qui sous estiment la valeur DES cultures et des langues antillaises peuvent aller se pendre. Honnêtement vous devriez vous sérieusement vous pencher sur les créoles et les cultures antillaises, vous avez tord de ne pas le faire. Vous y verrez beaucoup de ressemblances entre les cultures afrodescendantes entre elles mais aussi le lien d’africanité qui existe en plus de similitudes entre les cultures africaines et antillaises. Surtout si vous êtes pro-noir-e et ou panafricain-e, comment est ce que vous pouvez envisager la lutte sans prendre les pays antillais en considération??? Comment??? Haiti?? Martinique?? Guadeloupe?? Jamaique?? Trinité et Tobago??.. Ainsi que les autres pays colonisés par la France comme la Nouvelle-Calédonie ou Mayotte.

Les populations antillaises sont à considérer, leurs parcours politiques résistant n’est pas à négliger. Il n’y a plus résistant que le parcours de ces afrodescendant-e-s arrivé-e-s en terre inconnue qui ont pu à partir de pratiquement rien reconstruire des cultures et des langages qui leurs sont propres.

 

 

 

                                                                                                                                               Kel Lam

Blog exutoire 

QUAND, ÉTUDIANTE, TU CONFIES À UN COLLÈGUE BLANC QUE TU ENVISAGES D’ALLER VIVRE EN AFRIQUE APRÈS TES ÉTUDES, ET QU’IL TE RÉPOND « WAVAZY MAIS COMMENT T’ABUSES, T’…

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