Où sont celles et ceux qui se plaignent constamment sur les réseaux sociaux? Celles et ceux qui se plaignent de la différence de traitement accordée aux racisé-e-s en France. Enfin… Qui se plaignent surtout des violences policières aux Etats-Unis oubliant d’ailleurs que nombre de leurs concitoyen-e-s français-e-s subissent le même sort. La différence est qu’il n’y a pas d’intérêt réel des individus, des médias sur ce qui se passe en France en ce qui concerne les questions sociales qui frappent directement les racisé-e-s.

JUSTICE FOR TAMIR RICE! JUSTICE FOR ERIC GARNER! JUSTICE FOR AIYANA JONES! #BLACKLIVESMATTER #SAYHERNAME. OK.

Mais j’aimerais aussi voir ceci en France (et aux Etats-Unis ainsi que partout dans le Monde, pourquoi pas, hein!):

JUSTICE FOR LAMINE DIENG! JUSTICE FOR MAHAMADOU MAREGA! JUSTICE FOR TIMOTHEE LAKE! JUSTICE FOR TINA SEBAA! JUSTICE FOR ZYED & BOUNA! #NIOUBLINIPARDON #LESVIESRACISEESFRANCAISESCOMPTENT 

Beaucoup parlent, beaucoup blogguent et rebbloguent, beaucoup gueulent, beaucoup tweetent, beaucoup retweetent, beaucoup partagent, beaucoup postent, beaucoup like, beaucoup participent aux événements. Mais peu marchent, peu soutiennent réellement.  Lors des marches de soutiens ou de revendications réclamant la justice, les voix du web sont absents. De vrai-e-s fantômes.

La dernière marche en date, la voici.

La 8ème année consécutive de marche en commémoration pour Lamine Dieng, tué par les policiers du 20ème arrondissement de Paris. 

photo prise lors de la marche.
photo prise lors de la marche.

Il existe une vidéo qui retrace la marche du 20 juin contre les violences policières. Avec pour porte parole, la sœur de Lamine DIENG, Ramata DIENG (FB du Collectif Cases Rebelles).

Lamine DIENG était un jeune homme de 25 ans lorsqu’il a été tué dans un fourgon de police par des policiers du 20ème arrondissement. La justice française n’a toujours pas rendu une décision établissant la vérité dans cette affaire. Après 8 ans de procès, le 17 juin dernier, un NON LIEU a été confirmé par la Chambre de l’instruction de la Cour d’Appel de Paris pour les policiers meurtriers. La famille a donc décidé de se pourvoir en cassation.

Malheureusement, il ne s’agit pas d’une affaire isolée en France. Au contraire, des affaires Lamine Dieng, il y en a trop (FB). Bastamag a d’ailleurs réalisé une frise qui tente de retracer les homicides commis par la police.

Ceux qui pensent qu’ils ou qu’elles ne sont pas concerné-e-s parce qu’ils ou qu’elles ne sont pas noir-e-s ou maghrébin-e-s ont tord. Vraiment tord. Surtout que la couleur de peau n’est pas un obstacle au soutien, à l’entraide et à la solidarité.

Celles qui pensent qu’elles ne sont pas concernées parce qu’elles ne sont pas des hommes ont tord. Ce n’est pas parce que votre genre n’est pas particulièrement visé par les actes d’injustices que vous ne pouvez pas vous manifestez. Le genre ne doit pas être un déterminisme de mobilisation. Ainsi ceux qui pensent qu’ils ne peuvent pas manifester contre les viols massifs au Congo et contre les violences faites aux femmes dans le monde, ont tord.

Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng lors de la marche contre les violences policières et en commémoration  à son frère
Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng lors de la marche contre les violences policières et en commémoration à son frère

Le hip hop, les vêtements indiens, le street art, le rap, l’afrobeat, le wax, l’épilation au fil, l’afro, le dashiki, les cultures urbaines, le henné, la cuisine maghrébine, la cuisine asiatique, les soirées hip hop… Tout ce qui provient des quartiers dit « populaires » , des banlieues et des racisé-e-s est continuellement exposé et à la « mode ». Par contre, les expériences des individus provenant de ces lieux ne sont que rarement visibles, elles sont constamment caché-e-s. On ne s’y intéresse pas, à croire qu’il s’agirait d’un malaise honteux à cacher. Or il n’y a rien d’honteux et il n’y a pas de malaise à avoir.

Il n’y a pas de honte ou de malaise à avoir subi le racisme, la négrophobie, le sexisme, l’asiaphobie, la misogynoir, la grossophobie, l’islamophobie ou autre forme de discrimination. Il n’y a pas de honte  à avoir été battu-e. Il n’y a pas de honte à avoir été violé-e. Il n’y a pas de honte à avoir été volé-e. Il n’y a pas de honte à avoir subi de l’injustice. Il n’y a pas de honte à avoir été insulté-e. Et ce quelque soit la personne ou le groupe d’individus qui effectuent cela envers vous. Ce doit être les auteurs de ces faits qui doivent avoir honte et ressentir le malaise.

Il faut cesser d’avoir peur. Peur de dénoncer ? Peur de manifester ? Peur de soutenir? Peur de revendiquer? Peur de la police? Peur de redresser l’échine? Peur des conséquences? Peur d’être fiché-es? Peur de mourir ?

Quelque soit la peur qui vous habite, un jour ou l’autre, il faudra l’affronter. Parce que la peur ne doit pas contraindre nos vies. Nous, la population civile avons les cartes en jeu et avons les moyens d’agir en tant que masse populaire.

Info de dernière minute: Nous sommes DEJA TOUS fiché-e-s! Nous allons TOUS mourir! C’est seulement la manière dont cette mort va s’abattre sur nous que l’on ne connait pas.

En espérant que les nombreuses voix fantomatiques du web se manifestent enfin dans la rue aux côtés de celles et ceux qui osent dénoncer, soutenir, revendiquer et redresser l’échine, je vous laisse sur cette image.

Photo du cortège de la marche faisant face à la police du 20ème arrondissement, en face du commissariat où les policiers meurtriers sont toujours en exercice et ont été promu et gradé. Ceci était un rappel de notre mécontentement des violences qu'elle effectue. Et un rappel que nous n'oublions pas Lamine DIENG.
Photo du cortège de la marche faisant face à la police du 20ème arrondissement, en face du commissariat où les policiers meurtriers sont toujours en exercice et ont été promu et gradé. Ceci était un rappel de notre mécontentement des violences qu’elle effectue. Et un rappel que nous n’oublions pas Lamine DIENG.

D’ailleurs, j’en profite pour féliciter celles et ceux qui osent dénoncer, soutenir, revendiquer et redresser l’échine même en petit nombre, qui bravent la peur (ou qui n’ont pas peur), les interdits et l’autorité. J’espère que toutes vos luttes aboutiront.

Kel Lam.

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