Le concept de friendzone m’énerve et donc j’ai envie d’en parler.

On l’entend partout. On voit régulièrement des articles fleurir à ce sujet (dont celui-ci ahah), des sons, des tweets, des posts, des sortes de sketchs pseudo-comiques… La plupart des gent.e.s finissent même par croire au fur et à mesure que c’est un concept réel. C’est tellement populaire que c’est devenu courant dans la vie de tous les jours. Surtout chez les hétérosexuell.e.s (et surtout les teubés de mecs cis lààààà) du moins les exemples de friendzonages et autres bêtises assimilées à ce concept sont pris en général chez des personnes cis hétérosexuell.e.s. Pour faire court, c’est un sujet qui serait drôle. On en rit, on se moque, on en parle. Vous comprendrez que je me situe dans cet article dans les exemples exclusif de relation hétéro parce que c’est ce que je connais.

 

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Un vieux gars qui se friendzone parce qu’il a le seum qu’une fille gère un autre gars que lui.

Mais de quoi se moque parle-t-on réellement ?

A croire un peu tout le ramassis que l’on peut faire autour de soi et sur Internet (oui Google est notre ami) concernant cette bêtise, la friendzone est une sorte de zone grise dans laquelle une personne se trouve (souvent un gars cis hétéro – d’où le nombre de sketchs excessifs réalisés par ces derniers pour illustrer leur frustation- archi pathétique) lorsqu’elle est intéressée sexuellement ou amoureusement par une personne  qui ne la considère sous aucun de ces deux aspects. Ce qui est aussi à noter et qui est intéressant et que la friendzone se « déclare » par la personne elle-même et n’a pas réellement de point de départ au sens où cela ne se déclenche pas forcément au moment où la personne B (qui n’a pas d’intérêt amoureux ou sexuel) exprime un non intérêt sexuel ou romantique. C’est la personne A qui détermine la friendzone et la place affective qu’elle a auprès de la personne B au détriment de ce que peut ressentir ou penser la personne B. Cela survient donc en ne prenant pas en compte l’avis exprimé (ou non) et ressenti de la personne B. Sérieusement, quand prend-on en compte l’avis de la personne B dans cette affaire ???

Ah, j’espère que jusque-là vous voyez en quoi cela est problématique ? Oui, le concept des gars frustrés aux ego fragiles autrement dit friendzone ce n’est que le prolongement de la culture du viol qui persiste aujourd’hui dans nos sociétés occidentales. Les gent.e.s qui sont en mode késako culture du viol? Faites des recherches, Google est votre ami, si c’est facile de googoler (or whatever you say…) Beyoncé, c’est aussi facile de googoler la culture du viol. Mais en bref, c’est le fait que l’on soit dans une société dont la culture favorise, approuve voire conforte fortement les pratiques et les attitudes qui conduisent au viol. Là y’en a dernière l’ordi qui sont en mode, mais elle est cheloue, elle ? C’est quoi le rapport avec la friendzone ? Justement c’est TOUT le rapport avec cette histoire de gars frustrés qu’est la friendzone.

Là c’est le moment où j’hétéronormatise à fond puisque ce concept est le fruit de l’hétéronormativité (google est ton ami), il faut prendre des exemples en conséquence de cause. Cette connerie de concept d’ego fragiles qu’est la friendzone néglige totalement le consentement des femmes dans les relations hétérosexuelles. Cela veut dire qu’après même que la femme ait exprimé, clairement, qu’elle n’avait aucun intérêt sexuel ou amoureux pour le mec, ou d’ailleurs comme on l’a dit avant même sans expression d’opinion, le gars se croit de droit de déterminer par lui même une position affective et ou sexuelle auprès de cette même femme. Il se donne cette position en se qualifiant de friendzone, qu’il s’est auto-attribué en imposant sa vision de sa relation qu’il entretient avec cette femme. Il impose ses désirs, il prévaut ses aspirations sexuelles et romantiques sur ceux de la femme. Il refuse d’accepter le « NON » de la femme, le transformant en cette zone grise qu’est la friendzone. En gros, le gars trouve pas normal qu’on lui dise non, puisque de fait, les femmes sont censées être toujours des personnes accessibles et offertes aux hommes et qui ne peuvent sous aucun moyen dire non. Elles finissent forcément par dit oui, elles ne peuvent dire non aux hommes. Et même lorsqu’elles disent non, bah souvent ça veut dire oui, faut juste attendre un peu hein.C’est là tout le raisonnement et le pourquoi de la dangerosité de ce concept de gars frustrés. Accepter qu’une bêtise comme le friendzonage puisse exister c’est refuser aux femmes leur libre disposition sexuelle et affective de leurs corps et de leurs esprits. On le leur refuse parce qu’elles sont forcément à la disposition des hommes.

 

 

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Photo d’une étudiante à une manifestation « Stand With Us » contre la culture du viol à l’université. « Salope » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire OUI. « Friendzone » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire NON.

 

Pourquoi le concept de friendzonage est dangereux ?

 

En plus, que cela est une grave attitude qui favorise la culture du viol, cela aboutit instantanément à une violence exercée envers les femmes. D’où le déferlement d’insultes, de critiques ou de remarques désobligeantes à l’encontre des filles qui auraient soi-disant friendzoner des gars frustrés de s’être manger un NON. Mais aussi il est dangereux d’avoir dans son entourage une personne frustrée à l’égo fragile qui s’autofriendzone. Puisque vous le savez aussi bien que moi, les mecs cis hétérosexuels qui peuvent réellement être amis avec le genre féminin, y’en a vraiment pas beaucoup. Bon nombre d’entre eux ont grandi en apprenant à sexualiser voire hypersexualiser et à romantiser les corps, les attitudes et les pratiques des femmes. Du coup, tout comportement physique ou moral (ou pas forcément d’ailleurs) affectueux, amical que vous pourriez entretenir avec ce frustré pourra être perçu par celui-ci  comme une avance sexuelle ou amoureuse. Parce que dans leurs têtes d’égos fragiles, si elle le tient le bras ça veut dire qu’il y a moyen, si vous faites du shopping ensemble ça veut dire qu’il y a moyen, si elle s’habille court lorsque vous vous voyez bah oui ça veut dire qu’il y a moyen. Frustration & culture du viol puissance x 10.000.

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La « friendzone » n’existe pas. Soit on vous kiffe, soit on vous kiffe pas. Arrêtez d’utiliser le terme « friendzoner » pour cacher le fait qu’on vous kiffe pas.

Donc je rajouterais juste une couche (miskinaa les go, je voulais pas vous déprimer comme ça mais OKLM) sur la dangerosité de ces gars cis hétéro frustrés parce que justement ce sont des hommes cis hétéro frustrés et tout le monde sait que ces êtres maléfiques peuvent être dangereux. Il est su aujourd’hui que la majorité des femmes qui se font agressées sexuellement, le sont par des hommes et surtout des hommes qu’elles connaissent. Ce sont en général des hommes qui leur sont proches, dixit le gars frustré qui s’invente une vie en se friendzonant. Donc là aussi malheureusement, il faut faire attention. Faites gaffe à vous les femmes.

Et non, on va pas masser les égos fragiles des gars frustrés et renforcer la culture du viol en continuant de bavarder de cette connerie de friendzonage, CA N’ EXISTE PAS, POINT FINAL.

 

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J’ai besoin du féminisme parce que le concept « friendzone » se matérialise. Si une fille ne veut pas sortir avec toi, elle n’a rien de mal. Ne la diabolise pas.

 

Kel Lam

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