ATTENTION SPOILERS /!\, si tu projettes de regarder la série She’s gotta have it la série et/ou le film, arrête de lire cet article. Aussi je vais parler de sexe donc si tu n’aimes pas, ne continues pas à lire l’article.

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Bref, l’article porte sur la série Netflix She’s gotta have it. A la base, je voulais vraiment pas regarder cette série. Ça me disait absolument rien. Genre j’avais déjà vu le film She’s gotta have it de Spike Lee (sortie en 1986) et j’en avais marre, je voulais même plus en entendre parler. J’avais lu le synopsis sur Google j’étais trop intéressée, j’me disais enfin un truc un film sur une renoie qui n’a pas des relations amoureuses et sexuelles conventionnelles, le feu ! Sauf que lorsque je l’ai regardé le film, surtout la fin en vrai lorsqu’elle choisit le gars sérieux ça m’a énervé. Parce qu’en vrai le film (à mon avis) ne fait que décrédibiliser totalement les gos dans des relations poly ou des relations amoureuses autre que celle du couple hétéro attendu par la société. C’est en mode toutes les autres relations ne comptent pas, elles sont pas réelles. Etre poly c’est seulement une phase, après elle va redevenir normale, elle va se mettre avec un seul gars et elle lui sera fidèle jusqu’à la fin de la vie. La normalité héteronormative prime toujours à la fin et c’est relou. C’est chiant et ennuyant à la mort, c’est pour ça que j’avais pas envie de regarder la série.  J’voulais archi pas la regarder mais on me l’a tellement recommandé que je me suis dis pourquoi pas et j’aurais pas dû. Mes yeux et ma tête ont souffert dans tellement de positions, c’était terrible.

 

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Nola Darling

 

 

D’abord, j’ai trouvé que la série était pas assez entraînante. Genre, y’a pas vraiment de fil conducteur, c’est long, y’a pratiquement pas d’actions qui se passent pendant un épisode. Baise, blabla.. C’est vraiment dur pour accrocher, perso j’avais du mal à rester concentrer c’est vraiment pas level. A chaque épisode, j’étais à côté sur FB ou sur Google à faire des recherches, j’avais grave du mal à être à fond dans la série. Mais vu qu’on m’a saigné les oreilles de cette série, je me suis forcée à regarder l’entièreté de la première saison.

Avant d’enfoncer mes critiques, il faut tout de même saluer les thématiques mises en lumières dans la série qui sont pas mal importantes. Déjà, la série parle de gentrification, elle aborde le classisme avec la vie de sans abri de Papo Da Mayor (et la négrophobie policière) mais également les struggles de Nora, elle visibilise un racisé non valide avec la dyslexie de Mars (ce qui est archi rare), elle aborde des questions afroféministes avec les thématiques de l’agression sexuelle dont a été victime Nola, la question queer afro avec la parente célibataire queer Opal, la question du polyamour et de la bisexualité avec Nola, les questions de respectabilité avec son amie danseuse Shemekka Epps (quoique la perspective d’évolution de son personnage est à questionner puisqu’il y a pas mal de shame faite autour des choix que ce personnage réalise, que ce soit avec son corps -pas seulement ses fesses qu’elle botoxe mais ses cheveux également-, son choix de vie…), les questions de santé et de bien-être psychologique et mentale avec les séances avec la psychologue..

C’est grave stylé d’avoir une série afro qui parle de toutes ses thématiques, qui tente de casser les normes rigides que nous avons l’habitude de voir dans nos séries.

Voici maintenant les critiques.

A l’épisode 4, j’apprécie pas du tout. Nola dit qu’il est temps qu’elle fasse une pause et qu’elle se recentrerait sur elle-même après l’agression dont elle a été victime. OK. Je me suis dit ENFIN !!!! Le feu, ce serait trop bien ! On va enfin en apprendre sur elle-même en tant que personne, puisque depuis le début de la série, on la connaît pratiquement car travers les personnes qu’elle fréquente et les relations sexuelles et romantiques qu’elle entretient. Je me suis dit enfin on va savoir QUI elle est, quel genre de personne elle est !! MAIS NON, erreur ! Elle dit pourtant qu’elle allait se recentrer sur elle-même, je pensais m’attendre à un réel focus sur sa personne sans définitions de toutes ces personnes qui l’entourent mais non. Jusqu’à la fin de la série d’ailleurs perso je ne saisis toujours pas quelle est la personnalité de Nola et qui elle est vraiment. Ensuite dans cette épisode ce que j’ai trouvé sale c’est qu’elle se sert d’une autre sista pour ken. C’est pas cool du tout. Surtout que l’autre go était vraiment en mode miskina crari elle espérait qu’il y a quelque chose qui peut découler de ça. La première fois elle lui a fait plan et la seconde là aussi. Genre j’ai pas compris le délire de faire passer une go queer comme ça comme une sorte de pansement. On aurait dit qu’Opal était une sorte de backup. Si elle aurait été présente dès l’épisode 1 j’aurais essayé de comprendre, mais qu’on la fasse atterrir dans l’épisode où comme par hasard madame veut prendre sa pause et en a marre des gars, c’est chiant. Genre quand du côté des gars ça va plus, on va chez les gos ? Donc nos sistas ce sont nos serpillières ? Cet épisode m’a fâché. Si sa teuch la démanger vraiment, elle aurait pu seulement se masturber. Sérieusement, c’est ce que j’ai pas compris dans cette épisode. Les gos renoies se masturbent aussi, ça aurait été intéressant tout de même dans une série qui se veut aussi sex positive d’avoir des scènes justement pour elle se fait elle-même plaisir. Le plaisir ne provient seulement des autres, nous-mêmes avec nos doigts (et pas que.. ahhaha) on peut faire 1X milliard de fois mieux que les gars au lit, ça aussi il faut le visibiliser. Le plaisir solo chez les renoies existent et il est aussi bon voire meilleur que les plans culs et/ou romantiques. Nous représenter en tant que personnes c’est aussi nous montrer dans nos individualités, nos intimités dans lesquelles nous sommes réellement nous mêmes.  Surtout qu’il y en a tellement qui pensent que nous les renoies on ne se touche pas genre :/ :/

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Pussy power so good 🙂

 

Et puis Nola comprend R sur ce que c’est que l’engagement, elle sait pas où elle en est, elle ne veut pas qu’on la catégorise. Et du coup, à tord (peut être à raison mais je n’y vois pas d’arguments) on l’a catégorise comme polyamoureuse or poly c’est justement de l’engagement. C’est le fait d’avoir plusieurs relations amoureuses au même moment de manière assumée et consentie par toutes les personnes engagées dans la relation. Donc le poly ça n’a rien à avoir avec des plans culs occasionnels ou des sexfriends. Ce sont de vraies relations. A ce stade, on voit bien que ça n’a rien à voir avec des relations poly, puisqu’on s’aperçoit que ce sont des termes à sens unique et imposés par Nola qui priment. Les autres suivent seulement le mouvement mais en vrai, ils veulent tous se caser avec elle de manière monogame. Et ils le répètent tous sans cesse tout au long de la saison. Même Opal miskina elle est rentrée dans l’histoire de je veux me caser avec Nola… Terrible. C’est vraiment chiant comme série. Et là encore on la définit seulement par rapport à sa sexualité. C’est fatiguant.

Et on retrouve ce problème à l’épisode 6, elle assume pas ses gars genre coucher avec c’est bien mais avoir des bails concrets, non. Je vois pas en quoi ce sont de vraies relations amoureuses poly comme cela a été indiqué dans plusieurs articles : ici ou encore ici. Nola est tout sauf polyamoureuse. Genre la go est incapable d’inviter à ses gars à un event de travail aussi important dans sa vie ? Weird as f***. C’est pas assumée, pas sérieux et pas consentie!

C’est vraiment relou, genre elle veut pas de rendez-vous avec ses gars ou les connaître plus en profondeur, c’est chiant vraiment (je le dis plusieurs fois mais voilà mdrr ). C’est vraiment que des sexfriends et j’arrive pas à comprendre l’enthousiasme autour de la série. Vraiment j’y arrive pas. Et les gars en plus veulent tous être exclusifs, il se sentent en compétition y’a personne qui est satisfait de la situation, ils veulent tous l’exclusivité de Nola. De son corps, de sa personne. C’est ennuyant.

Des gars renois hétéro OK avec ce genre de relations ça existe et ça aurait cool qu’on nous montre au moins un gars parmi les 3 qui soit OK avec la situation. Là ça aurait pu être vraiment pertinent dans une perspective de déconstruction afro de l’hétéronormativité normative que l’on subit tout.e.s. Parce que là encore ça renchérit le stéréotype des mecs renois qui veulent être qu’avec des go dans des relations monogames, qui requiert seulement la fidélité de la go… Je pensais vraiment que la série irait loin dans le cassage de l’hétéronomativité mais en faites non. Ce qui est dommage parce que nous les renoi.e.s on a besoin justement de voir plus de relations amoureuses qui déconstruisent tous les aspects de l’hétéronormativité que nous subissons pour être dans des relations plus saines, plus libres, plus safe et respectueuses et moins oppressives.

Dernier aspect que j’ai détesté, l’absence de visibilité de contraceptions et de préservatifs. C’est cool que ce soit aussi sex positive mais ça aurait été mieux si cela aurait été safe sex aussi . La santé sexuelle c’est archi important, surtout que dans nos communautés afro c’est super tabou d’en parler. Tout comme dans Insecure (ISSA RAE BABY ❤ je t’aime ❤ ) , à aucun moment il y a des dialogues entre les partenaires sur leurs santés sexuelles, sur leurs statuts et sur les méthodes de contraceptions et de protection sexuelle. C’est archi relou. On sait pas si un des personnages est atteint d’une MST ou d’une IST ou si la série fait comme si nous étions dans un monde où les maladies et les infections sexuelles n’existent pas, c’est assez étrange. Or justement, ces séries largement regardé d’abord par un public afro (je présume…) peut sensibiliser à travers l’écran l’usage de divers types de contraceptions et de protection sexuelle. C’est bien d’être sex positive mais inclure les réalités des vies sexuelles c’est largement mieux. De même avoir pour changer, des personnages renoi.e.s atteintes d’une IST comme le VIH, le HPV ou encore du HSV 2 dans des séries aussi sex positives peut être hyper intéressant pour la visibilisation mais également la normalisation des renoi.e.s non valides qui vivent avec ses maladies au quotidien. Montrer qu’on peut être malade et continuer à être active sexuellement, même avec les personnes non malades. Et surtout que les renoi.e.s ayant une IST ou une MST sont des renoi.e.s comme les autres. Y’a une grosse réticence chez les afro à parler des questions de sexualités et de santé sexuelle donc perso, je pense qu’il est urgent que les séries afro sex positives se penchent sur le sujet. En parallèle, cela peut également aider à une prévention sur le public -surtout les jeunes- aussi, c’est du win-win.

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N’oublie pas de te protéger, safe sex oblige 🙂

 

Donc voilà, en gros la saison 2 ce sera sans moi. J’ai archi la flemme de continuer à regarder la vie de Nola. Surtout que je vois pas où est l’intrigue genre il se passe 2 actions par épisode et on rit pratiquement pas… A travers ces thématiques de la série, sûrement que beaucoup de renoi.e.s se sont senties concerné.e.s puisqu’ils ont vécus ou vivent actuellement ce genre de situation de struggle et cela peut être triggering genre c’est comme voir ta vie passer à l’écran c’est chaud, courage à nous-mêmes !

 

Kel Lam

 

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