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Ici figurent tous les articles rédigés par mes soins :)

Les questions LGBTQIA+ et nous

Même si ce post porte sur les questions LGBTQIA+, je ne vais pas ici parler POUR les renoi.e.s LGBTQIA+, iels ont leurs PROPRES voix. J’inclurais quelques liens (pas du tout exhaustif car je ne maîtrise justement pas le sujet) en dessous de voix afro à suivre pour les personnes intéressé.e.s.

 

Le mois de Juin est là et c’est le mois de célébration des fiertés LGBTQIA+ (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer, Intersexe, Asexuel). Une occasion pour célébrer nos renoi.e.s LGBTQIA+ oppressé.e.s dans nos communautés en Afrique comme dans les diasporas et dans les sociétés négrophobes.

 

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Le drapeau LGBTQIA+ à la sauce du féminisme noir

 

Je trouve que c’est un bon moment pour nous les cis et les hétéra (hétéro) de se remettre en question pour amorcer (ou continuer voire améliorer) une réelle aide pour les renoi.e.s concernées et être de meilleur.e.s allié.e.s.

Dernièrement je pensais énormément au faite qu’entre cis, hétéra, hétéro renoi.e.s, nous ne parlions pratiquement jamais de l’hétéronormativité (oui WIKI est votre ami). Et puis surtout que nous avions des manières archi bancales de soutenir les afro oppressé.e.s : on like des tweets, on retweete, on like des post Instagram, des post Facebook, peut être éventuellement on partagera un post de Laverne Cox pour faire genre ou encore on mettra un #blacktranslivesmatter en couverture facebook.

Mais non, on assistera pas à leurs défilés, à leurs réunions ouvertes au public, on prêtera pas attention aux violences verbales, physiques et mentales homophobes et transphobes de notre entourage au quotidien parce que l’on considère que ça ne nous concerne pas. Ça rappelle un peu cet article hein. La vérité est que toute personne privilégiée (voire dominante) agit de la sorte envers les dominé.e.s que ce soit de manière intentionnelle ou non (même si je pense perso qu’il y a beaucoup d’intentionnalité et de responsabilité).

Pour réellement aider nos autres, on doit ne plus se taire lorsque nos proches ont des propos anti-LGBTQIA+. On doit supporter les renoi.e.s concerné.e.s, les associations et les organisations moralement, physiquement (en mode tu les touches, tu as affaire à nous, iels doivent pouvoir compter sur nous) financièrement dans la mesure de nos possibilités et de nos limites (je pense ici aux personnes non valides par exemple qui ne peuvent pas toujours être investies comme iels le souhaitent à cause de leurs maladies et/ou de leurs handicaps). On doit développer nos connaissances sur ces sujets, faire des recherches (Google/WIKI est notre ami), se défamiliariser de l’idée coloniale selon laquelle les questions LGBTQIA+ sont des histoires de babtou (c’est sympa pour les afro et les kainf LGBTQIA+ et les chercheur.e.s africain.e.s qui bossent sur ces sujet …) ou encore des idées hétéronormatives, homophobes et régressives que ce sont des questions anormales, inhumaines menant à la destruction de l’humanité.

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Photo prise au Nigéria lors d’un match de foot : « Nigayria (jeu de mot Nigéria et gay) arrêtez l’emprisonnement » « l’homophobie n’est pas africaine, la liberté est morte »

 

Après tout, si libération afro il doit y avoir, c’est une libération de toutes les personnes afro qu’il faut considérer, les LGBTQIA+ renoi.e.s inclus. Si tu penses que la libération afro doit se faire uniquement pour les renoi.e.s hétéro et cis comme toi et moi c’est qu’il y a déjà un soucis et que tu es oppressif. Pourquoi ? Parce que tu tries ta propre team. Tu décides de trier qui a le droit à la libération et qui ne l’a pas. Seul.e.s certain.e.s personnes ont le droit à la libération pour toi, celles qui te ressemblent. C’est pour ça que lorsque l’on dit que les hommes cis hétéro noirs sont les hommes blancs des communautés afro (en anglais sorry), je suis d’accord mais surtout je me demande et les femmes cis hétéra noires ?

Les femmes cis hétéra sont-elles alors les femmes blanches des communautés afro au regard de l’hétéronormativité, des questions LGBTQIA+ ?

 

En tant que femme cis hétéra noire moi-même je me questionne car je remarque qu’entre femmes noires cis hétéra nous ne parlons jamais des questions LGBTQIA+ et encore moins de l’hétéronormativité, qui pourtant nous concerne pour la plupart (hello les femmes aromantiques, demiromantiques, asexuelles, les (aspirantes) mamans célibataires, les polyandres …).

Je trouve que nous avons une forte part de responsabilité dans la négligence et l’invisibilisation des renoi.e.s LGBTQIA+. C’est notre faute et l’on conforte les idées homophobes (en renforçant la sexualisation des couples lesbiens par exemple), les idées transphobes (en ne considérant pas les femmes trans comme des femmes comme nous), les idées hétéronormatives (en pensant qu’il n’y a que deux genres : femme et homme). Dans notre sexisme intériorisé et notre dégueulasse attachement à l’hétéronormativité, nos focus et nos réflexions se basent pratiquement QUE sur les hommes. Rare dans mon entourage sont les femmes ci hétéra capables d’élaborer des réflexions féministes, décoloniales et constructives sans que ce soit en relation avec les hommes cis hétéro. Souvent les discussions, les pensées se font toujours en relation avec les hommes cis, hétéro, on cherche toujours à les associer à nos luttes, à ce qu’ils approuvent nos luttes, à les inclure. A quoi rime cette fixation ? Pour plaire ? Pour faire genre je lutte mais il faut que je reste politiquement correcte pour être acceptable auprès des renois parce qu’at the end of the day je dois pécho, me marier, être validé par des gars en carton?! Yiiiiiiiiiiiiiiiiikes. Penser pour nous mêmes et pour les d’autres personnes que les hommes cis hétéro, c’est possible. Cette fixation me dégoûte personnellement surtout qu’en réalité on pourrait tisser des liens de luttes largement plus fort et de poids avec les afro LGBTQIA+. Lutter contre le sexisme c’est également lutter pour les droits des personnes LGBTQIA+ au cas où vous ne le saviez pas, vous êtes informés.

Les questions LGBTQIA+ permettent non seulement de nous remettre en question par rapport à nos privilèges mais également de questionner nos identités de genre et d’orientations sexuelles que l’on nous a incorporé dès la naissance. Et c’est justement pour ces deux dernières raisons que je pense que beaucoup de personnes ont peur d’être confrontés aux questions LGBTQIA+. Vous avez peur d’être inconfortables et de voir remis en cause des choses sur vous que vous n’avez jamais questionné. Vous avez peur de vous savoir lesbienne, queer, bi, homosexuel… Parce que perso, après avoir pas mal lu sur le sujet et observer les hétéro autour de moi, j’ai pas peur d’affirmer que je pense qu’en réalité les hétéro ne sont pas en majoritaire, que beaucoup ne savent pas qu’iels ne sont pas hétéro (puisqu’iels n’ont pas fait leurs déconstructions) et de même au niveau de l’identité de genre nous les renoi.e.s, nous sommes tellement variées c’est ouf.

Soyez inconfortables en vous plongeant sur ces questions, dites-vous que les afro LGBTQIA+ n’ont pas le choix que de vivre l’inconfort au quotidien à cause de nos phobies à leurs égards.  Egalement ça nous concerne parce que nous devons également essayer de veiller à transmettre des idées qui ne soient pas anti-LGBTQIA+. Si demain il s’avère que votre enfant soit intersexe, asexuel ou encore lesbienne, vous allez faire comment ? Vous allez lui apprendre la haine de soi ? Vous allez le conduire à l’autodestruction ? Et si c’est votre partenaire qui vous informe qu’il est queer ? Votre parent ou un membre de votre famille qui s’avère transgenre ? Vous allez railler cette personne de votre vie alors que vous l’aimez ? Même si ce n’est pas pour vous, penchez-vous sur ces questions pour au moins préserver les relations auxquelles vous tenez. On pense toujours que les questions LGBTQIA+ ne nous concerne pas, que c’est l’affaire des autres alors que très souvent beaucoup sont parmi nous vivent une double voire une triple vie pour que nous ne soyons pas offensé.e.s par leurs identités de genre et leurs orientations sexuelles. Informez-vous, mobilisez-vous, faites des dons, vous sauverez des vies sans vous en rendre compte.

 

Je suis pas une connaisseuse donc je n’ai pas beaucoup de ressources, il n’y a pas beaucoup de liens mais je pourrais en rajouter au fur et à mesure. Pour en savoir plus sur le sujet, suivez directement des personnes concernées.

 

Les liens afro LGBTQIA+ fr à suivre :

 

QITOKO https://www.facebook.com/qitoko/ également sur Instagram

Estelle Prudent https://www.estelleprudent.com/ son exposition #queersuperpower au Centre LGBT y est présente jusqu’au 31 mai.

Badassmaman https://www.badassmaman.com/ également présente sur Instagram

Afrique en arc en ciel Paris sur Facebook https://www.facebook.com/afriquearcencielparis/?ref=py_c

Diivineslgbtqi+ https://www.facebook.com/diivineslgbtqif/

Paris Black Pride https://www.facebook.com/pg/parisblackpride/about/?ref=page_internal

Douala Preston avec sa mini web série Présumée hétérosexuelle sur Youtube dont voici un extrait :  https://www.youtube.com/watch?v=Jp9e1YV7Gno 

 

Afrique :

QAYN: The Queer African Youth Network  premier réseau régional du genre en Afrique de l’Ouest dirigé par des lesbiennes et basé à Ouagadougou https://www.facebook.com/QAYNetwork/ et http://qayn.org/

Pan Africa ILGA, association panafricaine situé en Afrique du Sud pour les intersexes, les trans, les bi, les lesbiennes et les gays : https://www.facebook.com/PanAfricaILGA/?ref=py_c & http://panafricailga.org/

Les Lesbiennes du Cameroun : https://www.facebook.com/Lesbiennes-du-Cameroun-283570858409378/ & http://lesbiennesducameroun.overblog.com/

Q-zine : magazine pour les queers africain.e.s et allié.e.s http://www.q-zine.org/ en anglais et en français, également sur FB

Lez Ka-lour – Lesbian KamaSutra Colouring Book (Kenya) https://www.facebook.com/lezkalour/ & https://kalacompany.com/about/

Namibia Diverse Women’s Association – NDWA : https://www.facebook.com/pg/NamibiaDiverseWomenAssociationNDWA/about/?ref=page_internal

Queer Visual Namibia (sur FB)

Kenyan Queer Questions (podcast) https://www.facebook.com/KenyanQueerQuestions/

& https://soundcloud.com/queer-questions

 

Antilles & Caraïbes :

Kouraj en Haiti   https://www.facebook.com/kourajayiti/ &     https://www.kouraj.org/

 

Amérique latine :

Gay Attitude Guyane Association pour la convivialité, l’intégration, l’épanouissement et la dignité de la communauté LGBT en Guyane française et Amazonie : https://www.facebook.com/Gay-Attitude-Guyane-421580284592082/ & http://gayattitudeguyane.over-blog.com/

 

gaysouthafrica
Fierté gay, fierté noire, je suis africain.e

 

Kel Lam

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#USTOO #NOUSAUSSI

 

L’heure est grave mais en vrai elle l’a toujours été. Avec le mouvement #metoo, on assiste à une libération de la parole de personnes qui ont été agressées et ou harcelées sexuellement (majoritairement par des hommes blancs cisgenres). Mais j’ai un peu l’impression que c’est un entresoi bab bien que ce soit une renoie qui soit à l’origine du mouvement (whitewashing). Dans cet article, j’ai envie d’ancrer les perspectives du mouvement du #metoo (ou #balancetonporc pour les francophones) dans nos communautés afro. Puisqu’il y a une hypocrisie dont peu de personnes parlent dans nos communautés afro. NOUS AUSSI ne sommes pas safes dans nos communautés, nous aussi nous nous faisons harcelées, agressées, violées, frappées, tuées, assassinées.

Pour les personnes qui veulent déjà faire leur complexe identitaire à se comparer aux babs ou à d’autres communautés racisées, y’a pas de ça ici, mon blog c’est renoi.e.s only, donc les personnes qui éprouvent des crises identitaires et de consciences et qui veulent absolument être en mode mais les bab ceci, cela, c’est ailleurs. On peut se penser nous-mêmes par nous-mêmes pour nous-mêmes et sans comparaisons.

Je fais donc exprès de parler uniquement dans le cadre de la communauté afro et de pointer les personnes cisgenres et hétéro (faisant moi-même partie de la catégorie ci). Je parle de ce que je connais. Je n’aime pas les personnes qui parlent (ou s’approprient) de l’expérience des autres etc donc je ne fais ça non plus.

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Pourquoi, une perspective spécifique afro des #metoo ? #ustoo #nousaussi

 

Parce que dans nos communautés afro, les violences faites aux femmes quelles soient mysoginoir, coloriste, validistes, homophobes, sexistes, sexuelles, morales, physiques, transphobes, classistes, psychologiques, ou non faites sont archis normalisées. Beaucoup trop normalisées. Elles le sont tellement que nous sommes à un niveau où nous arrivons même plus pour la plupart à exprimer nos violences subies, on se tait, on normalise. Si on parle, on est étrange, on dérange, personne ne comprend que justement c’est tellement normalisé qu’au final beaucoup pense qu’il n’y a pas (voire presque pas) ce genre de violences chez nous. Ça n’existe pas, c’est chez les autres pas chez nous. Ou sinon bah non ce sont juste des exceptions mais ça veut pas dire qu’on est tous pareils kinkinkin. Faux.

 

Je ne compte même pas de fois le nombre de fois que j’ai rencontré des femmes noires âgées méprisées, tournées en ridicule par leurs conjoints parce qu’elles ne savaient ni lire et/ou écrire. Ou encore celles que l’on exploite, que l’on ridiculise auxquelles on soutire de l’argent. Ou encore que l’on traite comme des objets puisqu’elles ont été dotées et doivent être soumises moralement et physiquement à leurs maris. Oui, pas besoin d’aller sur le continent, ça se passe également dans nos communautés afro de la diaspora partout que ce soit en France, en Belgique, au Canada, en Suisse…  On vient sans cesse nous compter que non le sexisme en Afrique (lol…) n’existe pas, les violences contre les femmes n’existent pas chez les renoi.e.s, quand toi-même tu en as été victime, on délégitime pour te dire que les bab aussi sont violents avec leurs femmes ou encore que peut être c’est ta faute. Bah oui, Morray, on mérite que ça nous les sistas, les filles, les mamans, les tantis, on mérite que de se faire violenter. On le mérite parce qu’on ne nous voit même pas comme des humaines, auprès de la gente masculine, nous n’avons même pas une once d’humanité. On ne nous perçoit pas comme des personnes à part entière, nous sommes les sœurs de, les mères de, les filles de, les femmes de… Nous sommes la propriété des autres. Tout le monde se sent à l’aise avec nos corps, ils ne nous appartiennent pas, ils sont les vôtres. Et même lorsque nous nous les réapproprions, vous faites tout pour les récupérer. Diktat du corps, diktat vestimentaire, violences physique, verbales, psychologiques : crédo quotidien.

 

Il n’y a pas si longtemps, il y a eu l’histoire tragique de Mariama à Montreuil. Ne nous mentons pas les renoi.e.s, des Mariama parmi nous il y en a énormément et beaucoup se taisent et ne font rien. Beaucoup sont complices. Puisqu’ici, il faut le rappeler, le silence c’est la complicité, l’inaction et la passivité également. Nous nous faisons insultées, frappées, tabassées, torturées, massacrées, harcelées, violées, tuées, assassinées et cela ne vous dérange pas. Nous sommes vos paillassons. Nous sommes vos serpillières. Tout est passé sous silence. Si nous nous faisons violenter ainsi c’est parce que nous l’avions cherché, vous ne faites que nous corriger, vous faites votre travail. Vous nous remettez sur le droit chemin. Vous nous remettez à notre place : la femme de, la sœur de, la fille de, la mère de … Il faut garder cette respectabilité oppressive pour que vous jouissiez de votre sale masculinité toxique. Après tout pour vous, nous ne sommes pas des personnes, nous sommes des objets, des faires valoirs, des sortes de « mamans » supernaturelles auxquelles il est permis de cracher à la figure, d’exploiter, de baiser et d’en revendiquer la propriété.

 

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C’est une photo qui a été prise dans le cadre de la manifestation Black Lives Matter à Londres et je trouve que le « sayin' » a bien sa place ici.

 

Mais kinkinkin ce n’est pas tous les hommes qui sont comme ça arrête wesh…

 

Vous êtes tous pareils, aussi pire l’un que l’autre et malgré tout vous parvenez à vous convaincre vous-mêmes par je ne sais quelle sorcellerie que vous sortez du lot, que vous êtes meilleurs que les autres. « Non mais moi au moins kinkinkin… », « Non mais moi j’suis pas comme lui… ». Au regret de vous l’apprendre ici, tous les hommes ont une fois au moins exploité des femmes moralement, psychologiquement, physiquement laissant des séquelles à ces dernières. Des séquelles si profondes que les femmes afro ont totalement normalisées ces comportements depuis l’enfance. Beaucoup ne parviennent pas à s’en défaire, à s’en déconstruire. Il n’y a qu’à regarder souvent la manière dont nos mères reproduisent le schéma patriarcal oppressif en nous forçant à nous ranger dans les cases de propriété des pères, des maris et de suivre la ligne de conduite respectable à suivre. Beaucoup d’entre nous se disent OK, l’on souffre mais ce n’est pas si grave. Combien de femmes afro peuvent aujourd’hui avouer à quel point les relations avec le genre masculin et/ou hétérosexuelles ont complètement endommager nos santés mentales et nos équilibres morales ainsi que psychologiques ? Parce que oui, tout a une conséquence. Malgré tout, nous minimisons les violences que l’on subit. On se tait. Nous devons être fières, fortes, on ne doit pas laisser tomber nos familles (parfois si toxiques) et notre communauté (tellement toxique également), elle repose sur nos épaules. (image)

Si on parle, on raconte nos réalités, on se fait lynchées, c’est que l’on ne souhaite pas le bien de notre communauté. On exagère, on en fait trop.  On est forcés de côtoyer nos oppresseurs, de soutenir nos agresseurs, d’être en cohésion avec nos violeurs, d’apaiser nos moralisateurs et de rester aux côtés de nos abuseurs. Ces derniers très soudés entre eux. Rarement, voire jamais vous ne verrez un renoi dénoncer son ami homme ou son frère homme à cause d’un abus moral, sexuel ou psychologique qu’il a fait sur une femme noire. Non, ils en discuteront deuspi en lâchant au final un minable « ah c’est chaud quand même ». Ou au pire, ils en riront comme des vrais porcs qu’ils sont car ils n’en voient pas la gravité. Combien d’hommes afro ont des potes violeurs ? abuseurs ? pédophiles ? Combien ont des frères qui agressent sexuellement des femmes noires ? Et surtout combien le savent, sont au courant et décident de se taire, solidarité pénis oblige. Combien d’imbéciles ne se checkent même pas eux-mêmes, sur leurs propres actions et leurs propres paroles parce que kinkinkin non mais j’ai des sœurs, j’ai été élevée par ma mère, non mais euuh j’aime les femmes, kinkinkin moi je respecte LA femme africaine … En oubliant que cela n’est pas un antidote contre le sexisme, tu peux même avoir 1 milliard de sœurs, avoir été élevé par 20 000 mères, être fasciné par les femmes africaines qui ont fait l’Histoire, te dire panafricain ou te dire pro féministe, tu peux être un violeur, un agresseur, un abuseur (et ce même auprès de ta mère et tes sœurs que tu prétends tant aimé).

 

On n’a pas besoin d’hommes afro qui brandissent constamment des femmes noires chargées, dénudées ou des femmes noires robot multitâches pour valoriser les femmes afro et montrer à quel point nous sommes fortes. On s’en fout de ça. On s’en fout des post insta en mode je ne sors qu’avec des renoies, des posts fb censés nous valoriser qui nous rabaissent totalement en réalité, de vos vieux tweets, des threads male tears en mode miskina les gos souffrent on n’est pas gentils. On le sait déjà. On veut des vraies actions. On veut de la sensibilisation. Sensibilisez-vous. Agissez. Quand vous trainez H24 avec vos potos à la con, sensibilisez sur les questions de consentement, de viol, d’harcèlement sexuel, d’abus moral, psychologique… Lorsque vous êtes au courant d’un cas sexiste ou de quelconque autre acte grave, ne restez pas silencieux, ne soyez pas complice, dénoncez. Même si c’est votre père, votre frère, votre poto, votre gars sûr ou je sais pas quel autre con, intervenez et dénoncez le. Arrêtez de jouer les meubles. Et je vous le dis que vous l’acceptiez ou non, même vos mères, grand-mères et ancêtres ont vécu et/ou vivent actuellement les abus, les traumatismes que nous vivons.

 

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Miskina les sistas, vous voyez pas comment l’on fait pitié. Vous ne remarquez pas qu’à chaque fois qu’une sista décède ou est violentée, les seules personnes à s’y intéresser, c’est nous. Déjà l’an dernier au rassemblement pour Aissatou organisé par le collectif #Plusjamaisça malgré le fait que ce soit une renoie qui ait été tué, la majorité des personnes présentes n’étaient QUE des femmes, surtout des femmes noires. Les oppresseurs, les agresseurs, les hommes noirs étaient les grands absents. Et à raison, puisqu’il ne s’est rien passé, c’était juste la vie d’une négresse qui a fait son temps. On est toutes dans le même lot les sistas. Même si vous avez peur d’en parler, essayer d’oser. Faites attention en toutes circonstances. Soyez attentives à vos autres sistas, à vos tanties, à vos mamans, à vos grands-mères, à vos poto non binaires (pas seulement cis). Personne ne se souciera de vous-mêmes plus que vous-mêmes, le dehors est très sale. Beaucoup plus sale que ce qui tourne sur les réseaux sociaux.

 

Trop de non-dits. La honte doit changer de camp. Be Loud. Speak Out.

 

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Kel lam.

#Solidaritéafro #Amourentrerenoi.e.s & cie

 

 

C’est bientôt la St Valentin… J’en vois déjà tourner l’œil. C’est également officiellement le mois de l’Histoire des Noir.e.s dans la plupart des pays occidentaux comme aux Etats-Unis, le Canada (il a lieu en Octobre au Royaume-Uni) et se manifeste de part et d’autre de manière officieuse ailleurs en Europe comme en France ou encore en Allemagne. Etant inconditionnellement renoie et amoureuse des bails d’amitiés et de lovance, je ne pouvais pas ne pas en parler. Pourquoi pas en vrai mêler les deux et célébrer l’amour, l’amitié entre renoi.e.s ?! Le Jour de l’Amour entre Noir.e.s, un sorte de mixte du mois de l’Histoire des Noir.e.s et de l’Amour (dans lequel faut inclure l’amitié).

 

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J’ai fais ça toute seule comme une grande avec paint à défaut que l’on ait des images/slogans francophones positives sur les renoi.e.s sur Google

 

Nous les renoi.e.s, on est au-dessus du game. Au quotidien, on se réveille avec nos identités multiples, nos vies uniques et si différentes dans nos routines respectives, on arrive à tenir le coup comme on peut dans nos sociétés oppressives qui nous poussent continuellement à bout, qui nous tuent à petit bout. Qu’on réside dans un Etat négrophobe à majorité blanche, arabe, asiatique, latino où l’on survit magnifiquement, ou qu’on réside dans un pays à majorité noire où l’on survit royalement du néocolonialisme (voire colonialisme pour les pays comme la Guyane, la Nouvelle-Calédonie ou encore la Guadeloupe par exemple), du capitalisme, nous devons prendre parfois un instant pour s’entreféliciter.

D’abord être fièr.e.s de nous-mêmes, de ce que nous avons achevé, ce que nous accomplissons au quotidien et nous célébrer ! Dans un monde où l’on nous dévalorise constamment, où l’on ne cesse de nous prouver que les Noir.e.s ne sont pas humain.e.s, que nos vies ne valent rien, nous devons nous féliciter de nos vies (d’être -encore- en vie !) et s’encourager tout.e.s entre noir.e.s tant que possible. Célébrons nos résistances personnelles afro quotidiennes parce qu’on le mérite ! Tu as réussi à te lever le matin alors que tu dépressive ? Bravo ! Tu as enfin décroché un job ? Bravo ! Tu as eu le courage de laisser tes cheveux crépus aujourd’hui ? Bravo ! Tu as réussi à boucler la fin du mois de janvier ? Bravo ! Tu as réussi à cotiser pour ta tontine ? Bravo ! Tu souris pour rien aujourd’hui, tu es juste heureuse ? Bravo ! Tu restes toujours rêveuse par rapport à ton avenir ? Bravo !

Du continent à la diaspora, on se bat tout.e.s comme on peut au quotidien mais n’oubliez jamais de fêter vos petites victoires d’aujourd’hui qui seront vos grandes victoires du lendemain !

Et c’est pour cela que je pense que l’on doit célébrer l’amour entre les noir.e.s, l’amitié entre les noir.e.s , se célébrer mais également renouer (ou nouer pour certain.e.s ?!) les liens entre nous les renoi.e.s. Quand je parle d’amour noir (ou amoursnoir), je ne parle pas de celui du Blacklove, un concept importé des étasunienn.e.s noir.e.s totalement mangé par l’hétéronormativité, la grossophobie, l’agisme, le colorisme et le validisme.

Quand j’emploie ce terme c’est pour la promotion de l’amour, l’entraide, la solidarité, la vulnérabilité, l’amitié entre tout.e.s les noir.e.s. C’est penser à une réelle politique du care entre nous dans la vie de tous les jours. Que l’on se connaisse ou pas, on devrait favoriser le soutien moral, émotionnel et psychologique entre nous. Tout ce care peut prendre différentes formes. Mais genre ça peut paraître bête mais parfois rien qu’une conversation ou même un sourire ou un compliment venant d’une autre personne noire peut réellement refaire une journée.

Je me souviens d’un moment où j’étais serveuse en intérim dans un restau de bab archi upé façon pour les riches, la clientèle à 99% bab très exigeante et imbécile, j’en pouvais plus. Chaque jour, j’avais envie d’abandonner mais j’y étais parce qu’avec tous les tontons et les tanti qui bossaient à la cuisine, il y avait une super bonne entente et on se souciait chacun.e.s de nous. Un jour, j’ai vraiment cru finir, j’en avais trop marre dans en salle (je sais qu’il y a des personnes qui lisent et qui se reconnaissent aahahhaha) et là y’avait une daronne antillaise qui m’a appelé mon soleil mdrrrr ça s’est passé y’a des années mais pour de vrai jusqu’aujourd’hui quand j’y pense je souris, c’était trop mignon et ça a totalement refait ma journée, elle arrêtait pas de m’appeler mon soleil et je souriais comme si c’était mon anniversaire, même le fait que j’avais des pourboires maigres voire inexistants parce que les français.e.s bab sont chiches comme jaja ne me disaient rien, j’étais loin.

Je me souviens également un jour j’étais vénère aussi dans la rue, j’avais tellement le seum mes sourcils étaient foncés en vague, ma figure était toute serrée et t’as deux mecs renois qui avançaient dans ma direction, un des deux a parié qu’il allait me faire sourire, l’autre observe, le premier a sorti toutes ses dents, m’a fait des gros sourires et a lâché des gros rires avec des sons bizarres mdrrr même jusqu’aujourd’hui ça me fait super rire quand j’écris ça.

Des anecdotes comme ça perso j’en ai des milliards, même des tanti qui me connaissaient même pas mais qui m’ont aidé, conseillé, des enfants renoi.e.s aussi qui me connaissaient pas mais avec qui j’ai grave passé du bon temps à jouer au foot à oublier la galère. Les inconnu.e.s renoi.e.s avec lesquell.e.s je mange mes maïs ou mes brochettes ou mes bavardages magiques dans les RER..

Quand on me dit la solidarité entre noir.e.s n’existe pas, je suis pas du tout d’accord. Au contraire, elle est là constamment autour de nous. Et ce n’est pas parce que l’on rencontre malheureusement certain.e.s renoi.e.s qui le sont pas ou qui nous font douter que l’on doit cracher sur le concept. Continuez au contraire de l’être, de vous soucier, de pratiquer le care auprès des autres renoi.e.s.

Ce qui me fait dire ça aussi c’est qu’en Occident, où l’on est minoritaire, je pense que le minimum soit que les renoi.e.s devraient s’entraider sur tous les plans. Que l’on soit musulman.e, athé.e, non valide, juif.ve, pauvre, queer, âgé.e.s, marginalisé.e.s, quelque soit nos différentes identités, nationalités, on devrait tout.e.s se soutenir sans sélectivité. La négrophobie, la misogynoir et la transmisogynoir ne sélectionnent pas quand elles sévissent, elles sont seulement systémiques. Dans cette optique, on devrait se soucier de chacun.e.s d’entre nous. J’écris ça particulièrement en pensant à Andy Brigitte, le renoi de 22 ans tué à Châtelet, sur Paname devant la masse de monde sans que personne ne bouge. Des noir.e.s étaient sûrement là durant la scène et n’ont pas agi (perso j’ai pas voulu regarder la vidéo de sa mort), ne se sont pas souciés de son sort. C’est triste, ça désole de ouf. Arrêtez de filmer et portez assistance. Souciez-vous les un.e.s des autres. Favorisez la solidarité, l’amour et le care entre nous, la famille.

 

janayakhan

 

Kel Lam

She’s gotta have it but i’m not having it

ATTENTION SPOILERS /!\, si tu projettes de regarder la série She’s gotta have it la série et/ou le film, arrête de lire cet article. Aussi je vais parler de sexe donc si tu n’aimes pas, ne continues pas à lire l’article.

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Bref, l’article porte sur la série Netflix She’s gotta have it. A la base, je voulais vraiment pas regarder cette série. Ça me disait absolument rien. Genre j’avais déjà vu le film She’s gotta have it de Spike Lee (sortie en 1986) et j’en avais marre, je voulais même plus en entendre parler. J’avais lu le synopsis sur Google j’étais trop intéressée, j’me disais enfin un truc un film sur une renoie qui n’a pas des relations amoureuses et sexuelles conventionnelles, le feu ! Sauf que lorsque je l’ai regardé le film, surtout la fin en vrai lorsqu’elle choisit le gars sérieux ça m’a énervé. Parce qu’en vrai le film (à mon avis) ne fait que décrédibiliser totalement les gos dans des relations poly ou des relations amoureuses autre que celle du couple hétéro attendu par la société. C’est en mode toutes les autres relations ne comptent pas, elles sont pas réelles. Etre poly c’est seulement une phase, après elle va redevenir normale, elle va se mettre avec un seul gars et elle lui sera fidèle jusqu’à la fin de la vie. La normalité héteronormative prime toujours à la fin et c’est relou. C’est chiant et ennuyant à la mort, c’est pour ça que j’avais pas envie de regarder la série.  J’voulais archi pas la regarder mais on me l’a tellement recommandé que je me suis dis pourquoi pas et j’aurais pas dû. Mes yeux et ma tête ont souffert dans tellement de positions, c’était terrible.

 

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Nola Darling

 

 

D’abord, j’ai trouvé que la série était pas assez entraînante. Genre, y’a pas vraiment de fil conducteur, c’est long, y’a pratiquement pas d’actions qui se passent pendant un épisode. Baise, blabla.. C’est vraiment dur pour accrocher, perso j’avais du mal à rester concentrer c’est vraiment pas level. A chaque épisode, j’étais à côté sur FB ou sur Google à faire des recherches, j’avais grave du mal à être à fond dans la série. Mais vu qu’on m’a saigné les oreilles de cette série, je me suis forcée à regarder l’entièreté de la première saison.

Avant d’enfoncer mes critiques, il faut tout de même saluer les thématiques mises en lumières dans la série qui sont pas mal importantes. Déjà, la série parle de gentrification, elle aborde le classisme avec la vie de sans abri de Papo Da Mayor (et la négrophobie policière) mais également les struggles de Nora, elle visibilise un racisé non valide avec la dyslexie de Mars (ce qui est archi rare), elle aborde des questions afroféministes avec les thématiques de l’agression sexuelle dont a été victime Nola, la question queer afro avec la parente célibataire queer Opal, la question du polyamour et de la bisexualité avec Nola, les questions de respectabilité avec son amie danseuse Shemekka Epps (quoique la perspective d’évolution de son personnage est à questionner puisqu’il y a pas mal de shame faite autour des choix que ce personnage réalise, que ce soit avec son corps -pas seulement ses fesses qu’elle botoxe mais ses cheveux également-, son choix de vie…), les questions de santé et de bien-être psychologique et mentale avec les séances avec la psychologue..

C’est grave stylé d’avoir une série afro qui parle de toutes ses thématiques, qui tente de casser les normes rigides que nous avons l’habitude de voir dans nos séries.

Voici maintenant les critiques.

A l’épisode 4, j’apprécie pas du tout. Nola dit qu’il est temps qu’elle fasse une pause et qu’elle se recentrerait sur elle-même après l’agression dont elle a été victime. OK. Je me suis dit ENFIN !!!! Le feu, ce serait trop bien ! On va enfin en apprendre sur elle-même en tant que personne, puisque depuis le début de la série, on la connaît pratiquement car travers les personnes qu’elle fréquente et les relations sexuelles et romantiques qu’elle entretient. Je me suis dit enfin on va savoir QUI elle est, quel genre de personne elle est !! MAIS NON, erreur ! Elle dit pourtant qu’elle allait se recentrer sur elle-même, je pensais m’attendre à un réel focus sur sa personne sans définitions de toutes ces personnes qui l’entourent mais non. Jusqu’à la fin de la série d’ailleurs perso je ne saisis toujours pas quelle est la personnalité de Nola et qui elle est vraiment. Ensuite dans cette épisode ce que j’ai trouvé sale c’est qu’elle se sert d’une autre sista pour ken. C’est pas cool du tout. Surtout que l’autre go était vraiment en mode miskina crari elle espérait qu’il y a quelque chose qui peut découler de ça. La première fois elle lui a fait plan et la seconde là aussi. Genre j’ai pas compris le délire de faire passer une go queer comme ça comme une sorte de pansement. On aurait dit qu’Opal était une sorte de backup. Si elle aurait été présente dès l’épisode 1 j’aurais essayé de comprendre, mais qu’on la fasse atterrir dans l’épisode où comme par hasard madame veut prendre sa pause et en a marre des gars, c’est chiant. Genre quand du côté des gars ça va plus, on va chez les gos ? Donc nos sistas ce sont nos serpillières ? Cet épisode m’a fâché. Si sa teuch la démanger vraiment, elle aurait pu seulement se masturber. Sérieusement, c’est ce que j’ai pas compris dans cette épisode. Les gos renoies se masturbent aussi, ça aurait été intéressant tout de même dans une série qui se veut aussi sex positive d’avoir des scènes justement pour elle se fait elle-même plaisir. Le plaisir ne provient seulement des autres, nous-mêmes avec nos doigts (et pas que.. ahhaha) on peut faire 1X milliard de fois mieux que les gars au lit, ça aussi il faut le visibiliser. Le plaisir solo chez les renoies existent et il est aussi bon voire meilleur que les plans culs et/ou romantiques. Nous représenter en tant que personnes c’est aussi nous montrer dans nos individualités, nos intimités dans lesquelles nous sommes réellement nous mêmes.  Surtout qu’il y en a tellement qui pensent que nous les renoies on ne se touche pas genre :/ :/

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Pussy power so good 🙂

 

Et puis Nola comprend R sur ce que c’est que l’engagement, elle sait pas où elle en est, elle ne veut pas qu’on la catégorise. Et du coup, à tord (peut être à raison mais je n’y vois pas d’arguments) on l’a catégorise comme polyamoureuse or poly c’est justement de l’engagement. C’est le fait d’avoir plusieurs relations amoureuses au même moment de manière assumée et consentie par toutes les personnes engagées dans la relation. Donc le poly ça n’a rien à avoir avec des plans culs occasionnels ou des sexfriends. Ce sont de vraies relations. A ce stade, on voit bien que ça n’a rien à voir avec des relations poly, puisqu’on s’aperçoit que ce sont des termes à sens unique et imposés par Nola qui priment. Les autres suivent seulement le mouvement mais en vrai, ils veulent tous se caser avec elle de manière monogame. Et ils le répètent tous sans cesse tout au long de la saison. Même Opal miskina elle est rentrée dans l’histoire de je veux me caser avec Nola… Terrible. C’est vraiment chiant comme série. Et là encore on la définit seulement par rapport à sa sexualité. C’est fatiguant.

Et on retrouve ce problème à l’épisode 6, elle assume pas ses gars genre coucher avec c’est bien mais avoir des bails concrets, non. Je vois pas en quoi ce sont de vraies relations amoureuses poly comme cela a été indiqué dans plusieurs articles : ici ou encore ici. Nola est tout sauf polyamoureuse. Genre la go est incapable d’inviter à ses gars à un event de travail aussi important dans sa vie ? Weird as f***. C’est pas assumée, pas sérieux et pas consentie!

C’est vraiment relou, genre elle veut pas de rendez-vous avec ses gars ou les connaître plus en profondeur, c’est chiant vraiment (je le dis plusieurs fois mais voilà mdrr ). C’est vraiment que des sexfriends et j’arrive pas à comprendre l’enthousiasme autour de la série. Vraiment j’y arrive pas. Et les gars en plus veulent tous être exclusifs, il se sentent en compétition y’a personne qui est satisfait de la situation, ils veulent tous l’exclusivité de Nola. De son corps, de sa personne. C’est ennuyant.

Des gars renois hétéro OK avec ce genre de relations ça existe et ça aurait cool qu’on nous montre au moins un gars parmi les 3 qui soit OK avec la situation. Là ça aurait pu être vraiment pertinent dans une perspective de déconstruction afro de l’hétéronormativité normative que l’on subit tout.e.s. Parce que là encore ça renchérit le stéréotype des mecs renois qui veulent être qu’avec des go dans des relations monogames, qui requiert seulement la fidélité de la go… Je pensais vraiment que la série irait loin dans le cassage de l’hétéronomativité mais en faites non. Ce qui est dommage parce que nous les renoi.e.s on a besoin justement de voir plus de relations amoureuses qui déconstruisent tous les aspects de l’hétéronormativité que nous subissons pour être dans des relations plus saines, plus libres, plus safe et respectueuses et moins oppressives.

Dernier aspect que j’ai détesté, l’absence de visibilité de contraceptions et de préservatifs. C’est cool que ce soit aussi sex positive mais ça aurait été mieux si cela aurait été safe sex aussi . La santé sexuelle c’est archi important, surtout que dans nos communautés afro c’est super tabou d’en parler. Tout comme dans Insecure (ISSA RAE BABY ❤ je t’aime ❤ ) , à aucun moment il y a des dialogues entre les partenaires sur leurs santés sexuelles, sur leurs statuts et sur les méthodes de contraceptions et de protection sexuelle. C’est archi relou. On sait pas si un des personnages est atteint d’une MST ou d’une IST ou si la série fait comme si nous étions dans un monde où les maladies et les infections sexuelles n’existent pas, c’est assez étrange. Or justement, ces séries largement regardé d’abord par un public afro (je présume…) peut sensibiliser à travers l’écran l’usage de divers types de contraceptions et de protection sexuelle. C’est bien d’être sex positive mais inclure les réalités des vies sexuelles c’est largement mieux. De même avoir pour changer, des personnages renoi.e.s atteintes d’une IST comme le VIH, le HPV ou encore du HSV 2 dans des séries aussi sex positives peut être hyper intéressant pour la visibilisation mais également la normalisation des renoi.e.s non valides qui vivent avec ses maladies au quotidien. Montrer qu’on peut être malade et continuer à être active sexuellement, même avec les personnes non malades. Et surtout que les renoi.e.s ayant une IST ou une MST sont des renoi.e.s comme les autres. Y’a une grosse réticence chez les afro à parler des questions de sexualités et de santé sexuelle donc perso, je pense qu’il est urgent que les séries afro sex positives se penchent sur le sujet. En parallèle, cela peut également aider à une prévention sur le public -surtout les jeunes- aussi, c’est du win-win.

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N’oublie pas de te protéger, safe sex oblige 🙂

 

Donc voilà, en gros la saison 2 ce sera sans moi. J’ai archi la flemme de continuer à regarder la vie de Nola. Surtout que je vois pas où est l’intrigue genre il se passe 2 actions par épisode et on rit pratiquement pas… A travers ces thématiques de la série, sûrement que beaucoup de renoi.e.s se sont senties concerné.e.s puisqu’ils ont vécus ou vivent actuellement ce genre de situation de struggle et cela peut être triggering genre c’est comme voir ta vie passer à l’écran c’est chaud, courage à nous-mêmes !

 

Kel Lam

 

C’est 2K18 et c’est l’heure de se débarrasser des relations abusives et toxiques!

 

En début d’année, on est beaucoup à faire crari, on fait de nouvelles résolutions pour s’améliorer pour avoir une meilleure vie, une meilleure santé, pour accomplir ses objectifs. Et souvent quand on est à la moitié de l’année, on est en mode « quoi ?? non l’année passe trop vite » parce qu’on n’a même pas atteint le ½ de nos objectifs, mais va savoir pourquoi ils nous arrivent grave des trucs que l’on avait pas du tout planifié à la base. Parce qu’en vrai c’est ça, on ne peut pas gérer totalement notre vie, on peut pas contrôler tous ses aspects puisque la plupart des choses qui nous arrive (et qui mélangent notre de vie de ouf) sont imprévues !

C’est pourquoi là je veux parler de ce qui peut être contrôler (a minima) : les relations amicales. Bon, je sais que les gos hétéro, quand ça parle relations, directement ça veut que parler des relations amoureuses, des gars, des gars, des gars mais moi je m’en fous. D’ailleurs, si j’ai le temps, je ferais un article sur cette obsession à toujours vouloir parler des relations amoureuses plutôt que d’autres types de relations -amicales, familiales..- (ce qui découle totalement de l’hétéronormativité x100).

On dit souvent qu’on ne choisit pas sa famille par contre on choisit ses ami.e.s. Ce que beaucoup omettent aussi c’est que dans les cercles amicaux que l’on tissent, pas mal de fois, nous nous retrouvons dans des relations abusives sans même nous en rendre compte. Tu peux marcher avec ta poto et ne pas réaliser qu’elle abuse de toi, qu’elle est toxique pour toi, en exploitant ton temps, ta patience, ton amour, ton mental, ton bien-être et ton amitié en n’ayant rien en retour. Le genre de relation à sens unique, tu fais tout, l’autre fait rien (ou bien les autres, i.e.ls peuvent être plusieurs). Tu connais ? Quand c’est toujours toi qui vient aux nouvelles, toujours toi qui doit te déplacer, toujours toi qui est à l’écoute, toujours qui sacrifie ton temps ou tes projets, toujours toi qui t’adapte pour mettre à l’aise. Ou bien alors, quand l’autre se donne au minimum alors que toi tu donnes beaucoup plus à cette relation, tu t’investis beaucoup plus. Le genre de délire où si t’as besoin de ta/ton poto, iel va seulement t’envoyer 1 ou 2 sms alors que si c’est la situation inverse toi tu veux courir pour être auprès d’iel. C’est disproportionné. Sistas (et pas seulement mes cistas mais toutes les sistas), vous n’avez pas besoin de ce genre de sorcellerie à haut niveau dans votre entourage en 2018. Ces personnes ne connaissent même pas votre valeur. Elles ont vu un potentiel en toi que tu ignores toi-même et elles l’exploitent, l’exploitent, t’es fatigué.e mais au lieu de quitter, tu restes, parce que tu te dis que vous êtes am.i.e.s quand même.. Mais erreur, tu es seulement la vitamine qu’elles prennent quand elles ont besoin de toi. Je force avec mes mots mais je me dis que si tu lis ça et que tu es dans cette situation, cela pourrait te donner des pistes pour que tu fasses la bonne décision. Surtout si c’est que maintenant que tu réalises que tu es dans une relation toxique et/ou abusive. On abuse de ton mental, ta psyché, ton physique (parce qu’en autre se déplacer de gauche à droite c’est pas facile, imagine t’habites dans le 95 t’as des potes du 75 qui veulent seulement se rencontrer sur Paname mais ne veulent jamais monter dans ton tieks ???…), ta gentillesse … ça fait mal d’ouvrir les yeux sur ce genre de relations (archi normalisé et répandu à mon avis) mais c’est dans l’intérêt pour le bien être personnel de la personne abusée. Surtout les femmes, nous avons normalisé le fait d’être dans des postures de personne abusée de se nourrir de la toxicité des autres et nous ne trouvons souvent pas de soucis à être traiter salement comme ça.

La sorcellerie ensuite c’est surtout quand vous en êtes conscient.e.s, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la relation mais que vous pouvez pas le nommer, vous ne savez pas trop ce qui se passe. Ce qui est chaud c’est quand t’en es conscient.e, tu sais pas trop quoi faire. Les gos hésitent souvent en mode « non mais c’est ma poto quand même on se kiffe grave, j’laime de ouf, on se connaît depuis longtemps ». Et c’est compréhensible, ça demande énormément de courage de se débarrasser de ce genre de relations toxiques. On se sent coupable, ça nous travaille… Mais essayez de faire un travail sur vous-même, pourquoi traîner avec des personnes qui vous ne respectent pas ? Qui ne vous supporte pas ? Je compte même plus le nombre de fois que j’ai entendu des go renoies se plaindre de leurs soi-disant am.i.es sexistes, misogynes qui n’appréciaient pas qu’elles soient des gos qui s’enjaillent la nuit. Ou seulement qui ken ? Qui ont plusieurs plan cul ? Qui sont polyamoureuses ? Ou le nombre de fois que mes potos maghrébin.e.s se sentaient obligés de cacher leurs vies sexuelles et amoureuses à leurs potos sexistes et/ou conservateur par peur d’être jugé…  Ou le nombre de fois, où certain.e.s faisaient face à des potos homophobes alors qu’i.els même étaient à une période de leur vie délicate où ils se posaient des questions sur leur orientation sexuelle ? Ou le nombre de fois où des potos renoi.e.s cachaient leurs accents ou leurs personnalité auprès de leurs potes blancs ou autres racisé.e.s de honte de leur africanité?? Ou alors des renoi.e.s non valides constamment moquées au quotidien par leurs potos valides ? Sans parler des potos compétitif/ves jaloux.ses qui ne donnent aucun soutien ? Sans parler des potos thunés qui n’ont de cesse de rabaisser leurs potos pauvres et leurs conditions de vie mais qui romantisent le langage et la vie de quartier. Genre on veut pas être un.e renoi.e du tieks mais imiter ses expressions, écouter leurs sons, se faire de la thune sur leurs expériences c’est grave cool…

Se débarrasser de ce genre de démons c’est un acte d’amour de soi (ou self love), c’est prendre soin de soi pour son bien être personnel (self care ❤ ). Vous devez vous faire passer en premièr.e avant les autres. Donnez vous l’amour que vous ne cessez de donner aux autres. Prenez soin de vous comme vous prenez soin des personnes que vous aimez. 2k18 si ce n’est pas encore fait, vous devez être votre priorité numéro 1 parce que personne ne le fera pour vous.

Bref, en 2018, on a pas besoin des sorcièr.e.s. Pour celleux qui ont l’âme sensible, vous pouvez tenter de raisonner vos potos en leur parlant, en ouvrant le dialogue sur la toxicité de la relation. Mais ça peut être violent car la personne abusive et toxique peut ne pas comprendre le pourquoi du comment et vous accusez d’être à l’origine du problème (si il y en a un parce que pour elle évidemment y’en a pas, ce qui risque de vous faire encore plus culpabiliser et ce sera encore plus difficile pour vous de casser la relation). Vous pouvez aussi supprimer ces personnes de toutes les applications, les laisser sur vu et ne plus jamais les reparler. La vie est trop courte pour se trimbaler des déchets comme ça.

So 2018, on s’en débarrasse.

 

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Kel Lam.

#LapolicefrviolenteaussilesnoirEs

 

 

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article à ce sujet mais faute de temps, j’ai toujours décalé l’écriture et la publication de cet article qui me tient pourtant à cœur : les violences policières sur les femmes racisées, et plus particulièrement les femmes noires en France. Pourquoi ? Parce que rare sont celleux qui en parle et il n’existe pratiquement aucune manifestation ou révoltes des quartiers à la suite de violences policières subies par les femmes noires contrairement à ce qui est fait pour les hommes noirs. Un fait qui faisait la une il y a un peu plus d’un an m’avait interpellé, mais cela ne vous a peut-être pas interpellé. Ou peut-être que vous l’avez remarqué mais que vous êtes restées silencieuxs.e.s dans votre coin. Vous vous souvenez de cette affaire de l’enseignant-chercheur de la Sorbonne Guillaume Vadot qui portait plainte contre « abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol » en septembre 2016 ? Voici un article qui traite du sujet pour vous rafraîchir la mémoire au cas où : ici. Est-ce que vous vous souvenez de l’élément déclencheur de l’agression qu’a subi ce professeur ?  Exacte. Peu, s’en souviennent (je fais la go, oklm, y’a rien). Ce professeur s’est fait insulter et agressé de la sorte parce qu’il était en train de filmer une agression policière sur une femme noire de 31 ans :  Marie Florence G (je n’ai pas trouvé son nom de famille, peut-être qu’elle veut rester anonyme…). Cette dernière criait de douleur tout en étant menottée entourée de nombreuxs.e.s policièr.e.s selon le deuxième témoin qui a filmé la scène, Maurice Makwala. Il existerait donc des preuves vidéos de l’interpellation violente à laquelle à fait face Marie Florence G. Et pourtant tout au long du suivi de cette affaire, son nom n’a jamais été évoquée et la violence dont elle a subi non plus. L’attention s’est focalisée massivement sur les violences qu’ont subi le professeur (privilège blanc ah) et Maurice Makwala (privilège d’homme ah). Je voulais partir sur ce point de départ pour montrer à quel point l’invisibilisation des violences policières sur les femmes noires est conséquent. Dans cet exemple-là, on peut voir que même si l’on a des preuves solides, des témoignages et des vidéos, cela ne choque pas et n’intéresse pas le fait qu’une femme noire soit violentée par la police. On peut voir le même traitement dans l’affaire de 2015 lorsqu’un groupe de 18 lycénn.e.s racisé.e.s ont portés plainte pour violences policières. Dans les médias, les voix qui étaient misent en valeur étaient celles des garçons comme on peut le voir ici. On voit que les voix féminines racisées ne comptent pas.

 

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Et plus une femme noire sera à l’intersection des discriminations, plus on se fichera de son vécu et par conséquent des violences policières qu’elle a subi. C’est le cas par exemple des femmes noires pauvres et réfugiées de Calais, dans le Nord de la France qui subissent régulièrement le comportement violent de policièr.e.s. Il est su depuis cette année grâce au rapport rendu publique par l’organisation Human Right Watch, que les violences policières envers les migrant.e.s renoi.e.s à Calais sont quotidiennes. QUOTIDIENNES. Certaines femmes se sont d’ailleurs plusieurs fois plaintes de viol de la part des policièr.e.s. il y avait par ailleurs le témoignage d’une soudanaise noire qui s’était plaint d’avoir été violée par un policier (j’avais trouvé l’article l’an dernier mais il a disparu comme par magie, j’ai seulement le titre : IMMIGRATION. Le fonctionnaire nie avoir abusé d’une jeune Soudanaise qu’il devait accompagner dans un centre de réfugiés-si jamais quelqu’un.e arrive à le retrouver). En plus, du fait qu’elles se fassent harcelées, agressées sexuellement voire violées sur leur camp malgré la répartition en non mixité des tentes, elles ont en plus à confronter les violences policières. Mais bon vu que ce ne sont pas des Théo, ça n’intéresse pas.

 

Parce que la découverte de la culture du viol ne s’est pas faite avec l’affaire Théo pour beaucoup d’entre nous. Il existe en réalité pas mal d’histoires de viols de policiers sur des femmes racisées. Comme celle-ci par exemple. Celle d’une racisée violée par un policier lorsqu’elle était en cellule de dégrisement dans les Yvelines: ici. Il existe d’autres ici dont la race des femmes n’est pas mentionné :  ici et ici.

Ou encore cette femme racisée et non valide qui a été violentée par les policièr.e.s : http://www.bfmtv.com/police-justice/paris-une-mere-de-famille-sourde-et-muette-accuse-des-policiers-de-l-avoir-violentee-1232129.html . Celle-ci également n’aura révolter personne également malheureusement.

Egalement dans le Tumblr Paye Ta Police, il y a pas mal de témoignages de femmes racisées qui dénoncent les violences policières qu’elles ont subi. Pas seulement celles de l’ordre du harcèlement ou de l’agression sexuelle mais également celle d’ordre psychologique et morale.

Comme celle là:

 “Bah c’est bien, ça vous fait un peu de changement, pour une fois que vous n’êtes pas à mendier ou faire mendier vos enfants dans le métro.” Le policer, à qui une jeune femme Rom expliquait avoir été battue à mort par son ex-conjoint, lors d’une tentative de dépôt de plainte pour violences conjugales . Il a finalement refusé de prendre la plainte.

Ou encore celle-ci:

“Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En sortant de soirée, un homme m’a agressée et violée contre un grillage. Il m’avais menacée d’un couteau si je me débattais. J’étais terrorisée. J’ai mis une semaine pour m’en remettre et porter plainte. Au commissariat, dans le bureau j’étais seule avec le policier. Il m’a regardée d’un air sinistre, et m’a dit “Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute ? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En me mettant sa main entre mes jambes et en me touchant. C’était lui qui m’avait violée… j’étais pétrifiée. Il m’avait traitée de sauvage car je suis maghrébine. J’ai essayé de mettre fin à ma vie car j’avais peur de sortir de chez moi… J’ai déménagé et sors peu… je ne fais plus confiance à personne…

 

Et je voulais finir par deux affaires plus récentes, celle de Marie Reine, une femme noire qui s’est faite insultée et agressée par des policièr.e.s mysoginoiristes dont l’histoire figure ici, vous pouvez également trouver son pot commun ici.

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La militaire guadeloupéenne Morgane Blanchet, victime d’harcèlement moral et sexuel dans son camp militaire en printemps 2016, le témoignage de la concernée est ici. A soutenir impérativement! Actuellement, elle a tout perdue, est précaire et vit dans un foyer. Elle a porté plainte au printemps 2017. J’ai pas trouvé de pot commun pour son cas, si il y en a qui trouvent, qu’iels fassent signe.

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Morgane Blanchet

 

Bien sûr ce ne sont pas toutes les violences policières commis sur des femmes noires et racisées qui sont mentionnées ici. Je n’en ai sélectionné que quelques-unes parmi le lot (Google est votre ami). C’était surtout pour montrer que OUI les violences policières contre les femmes noires existent et qu’elles sont largement invisibilisées. Surtout celles qui décident de parler (car on peut comprendre qu’on ait pas d’information de celles qui n’osent pas parler). Et également un article pour inciter à toutes les femmes racisées de faire attention à la police surtout dans le cas où vous pensiez que vous ne pouviez jamais être victime de violences policières parce que vous êtes une femme. L’imaginaire collectif tendant à penser que les violences policières ne soient faites que sur des hommes racisés est à déconstruire. Les femmes noires en France ne bénéficient même pas d’hastag personnalisé pour parler de leurs expériences violentes avec la police du genre #JusticepourThéo et encore moins un hastag genre #Sayhername (comme aux US) pour visibiliser les violences policières faites aux femmes noires. Elles bénéficient encore moins de mobilisation forte (contrairement aux hommes noirs) lorsque ça les concerne. La solidarité afro a ses limites. Personne ne s’intéresse à nous, personne ne marche pour nous. Soyons vigilantes, entraidons-nous et supportons-nous.

Et n’oubliez pas de soutenir Marie Reine avec son pot commun et également Morgane Blanchet !

 

 

 

Kel Lam.

La sorcellerie des bab

 

J’ai pensé à truc dernièrement. De plus en plus de bab se disent intersectionnell.e.s mais comment cela est même possible ?

Je pense que les bab sont vraiment des sheitans, ils ravagent tout sur leur passage, s’approprient tout et le mixe à leur sauce.

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Ca c’est l’image qui illustre le féminisme intersectionnel à la sauce bab, la bab est au centre bien couverte puisqu’à l’aise avec son féminisme bab et les autres follow dans l’ombre et puis on met une renoie quelque part pour montrer                                                         qu’on est inclusives hein                                                        Image prise ici: https://blackvoicesuw.wordpress.com/2016/11/08/how-intersectional-feminism-took-a-back-seat-for-the-2016-election/

Si il existe des féminismes intersectionnelles aujourd’hui, c’est que cela est le fruit d’un besoin vital des femmes racisé.e.s qui se retrouvent à la marge dans ce que l’on entend et comprend lorsque l’on parle de féminisme. Le terme de féminisme seul qui laisse penser dans l’esprit général une centralité sur les femmes blanches occidentales (un peu thuné). Lorsque Kimberley Crenshaw évoque le terme d’intersectionnalité en 89 à l’encontre des femmes noires c’est parce qu’elle part d’une constatation, que les problèmes que rencontrent spécifiquement les femmes noires sont complètement invisibilisés. Parce que pour les femmes racisées, il existe une intersection d’au moins deux discriminations : racisme et sexisme. Sans ajouter d’autres qui peuvent s’entasser : validisme, agisme, classisme… Ce qui fait donc que pour être féministe intersectionnelle, bah faut être racisé.e tout d’abord. LA RACE est au centre de la question de l’intersectionnalité puisque ce sont JUSTEMENT le fait que ces femmes soient racisées qui font qu’elles aient été complètement invisibilisées et effacées des questions féministes. Donc de quel droit les bab se lèvent le matin pour faire leur sorcellerie, s’approprier le concept d’intersectionnalité et lui faire perdre toute sa radicalité et son intérêt? Si t’es bab, tu peux pas te réclamer de l’intersectionnalité, c’est pour les racisé.e.s !!! Et puis de quel droit en plus, les bab se lèvent aussi de travers pour créer des groupes féministes dit inclusifs ???? Genre vous entre bab vous avez choisi que vous étiez inclusifs ??? Que vous étiez des bab tellement déconstruit.e.s, que vous acceptiez d’inclure dans votre groupe les personnes racisé.e.s, non valides, pauvres… Quel groupe minorisé est venu vers vous vous faire une autorisation ? Qui vous a certifié un diplôme en mode c’est bon VOUS ETES L’ELU.E, VOUS ETES L’ALLIE.E ??? Vous vous autodésigné inclusif? allié.e?? Même dans votre fausse inclusivité, c’est vous ensuite qui triez de ce qui relève des oppressions des minorisées ou non ? Dis donc, mais qui vous a menti comme ça qu’on avait besoin du maternalisme blanc pour résister ??

MAIS QUI A DIT AUX BAB QU’I.E.LS ETAIENT LE CENTRE DU MONDE SEIGNEUUUUUUUUUUUUUUUR.. Elles font genre c’est trop stylé, l’intersectionnalité, l’inclusivité mais c’est juste un moyen de nous voler ça pour se mettre ensuite au centre.

Tout le temps-là partout pour mettre leurs têtes aux cheveux fades dans les histoires qui les ne concernent pas. Toujours en train d’approprier les bails des racisé.e.s pour en faire du sale jusqu’à ce que personne ne reconnaisse même l’utilité ou la beauté du bail initiale. Téma l’exemple avec les coiffures kainf, tu vois des bab porter ça sur la tête on dirait qu’i.e.ls ont mis des serpillères qu’i.e.ls ont essayés d’arranger, vraiment ??? Y’en a même qui attachent les pagnes n’importe comment pour aller au travail (alors que nous les renoi.e.s essaient seulement de faire ça..) et sur le chemin quand elles te croisent elles ont le courage de te sourire en mode on est sista hein ??? AAAAAAAAA Et puis les sorcièr.e.s bab qui complotent avec elleux sont tous en mode avec leur accent de bab parisien bobo perché : c’est exotiqueeuu, c’est tellement extra les habits afrikiiin t’as acheté ça ouuù ? c’est-trop-beau ?

 

 

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Les cheveux qui ressemblent à rien, on sait pas si c’est du blé ou de la paille                                       et tout ça toujours sur notre dos                                      Image trouvé sur Google Images.

S’approprier nos coiffures, nos styles, nos vêtements, nos concepts ??? En vrai, c’est quand que vous nous laisser vivre ?? Que vous nous laisser tranquille ?? Même là où on habite maintenant vous venez nous serrer dans nos quartiers de racisé.e.s défavorisés parce que ceuuuu trop pas chers et puis ceu tellement multiculturelleennn, vous avez l’impression de voyager en restant à Pariis hann. Alors que nous on ne vous dérange pas dans vos quartiers de bobo, vous pouvez continuer de vivre chez vous entre vous là-bas. Vous vous ramenez dans nos quartiers vous investissez dans du n’importe quoi cassant l’esprit du quartier à petit feu, à Belleville on nous a enlever notre Tati, notre Fabio Lucci, notre Quick, on nous a mis un SEPHORA ???? Des Bars à Vins ???? C’est ça qu’on tchope ????

Gentrification_Paris
Téma les forts quartiers des racisé.e.s en rouge sur paname comment on est en train de disparaître au profit des vagues bab dessinées en bleu sur la carte (ces vagues vont même vers les logements sociaux weshh …). Et le graphique date d’il y a presque 10 ans, la situation a dû s’aggraver depuis. Dans bientôt i.els resteront pratiquement qu’entre bab et privilégié.e.s sur Paname. GENTRIFICATION = RACISME + CLASSISME

 

Vous vous ramenez comme ça dans nos quartiers, vous vous rendez même pas compte que nous les racisé.e.s on y est en voie de disparition à cause de vous et de l’augmentation des prix. Vous êtes le centre et vous êtes tellement colorblind, on est pire que le paysage aux yeux des bab. Avec la gentrification qui est en train de nous gâter les racisé.e.s défavorisé.e.s de Paris Est et des quartiers nords, on est obligé.e.s de s’évaporer dans des lieux éloignés en Ile de France, peu desservis en transports en commun mais surtout qui rentre dans notre budget. D’ailleurs, j’ai une pensée particulière pour nos quartiers de racisé.e.s dans le 20ème , 19ème , 18ème, 11ème , 10ème et le 12ème qui se vide à vitesse grand V de tous les racisé.e.s pour faire place à des bab bobo racistes fétichistes humanistes avec des sales accents FR perchés. Et pour les racisé.e.s aussi qui vivent dans les logements sociaux dans la soi disante couronne parisienne et qui sont elleux aussi obligés de prendre le large.

 

gentrification
La gentrification c’est du racisme.

 

Mais voyez par vous même que partout où les bab passent, tout se casse.

 

 

Kel Lam.

Les résistantes camerounaises : invisibilisées et pourtant largement au dessus du game

 

 

Nous, les kainf ont à tendance à affirmer que les femmes africaines ont toujours été dans le combat anti-esclavagiste et anti-colonial et pourtant lorsqu’il faut sortir des exemples, ça bégaie. Alors pour les gent.e.s qui bégaient moins, iels vont en général te sortir quelques noms que l’ont connait tout.e.s à peu près mais sans savoir l’ensemble des combats concrets de ces personnalités comme par exemple les Amazones du Dahomey, la Reine Nzinga de l’actuel Angola…. On va te sortir « Reines d’Afriques », « les femmes fortes d’Afrique », des images sans noms, des bribes de récits sans histoires personnelles, on va tout cacher en magnifiant un imaginaire. Elles faisaient ci, elles faisaient ça, elles sont comme ci, elles sont comme ça… Mais qui sont-elles en réalité ? Personne ne sait. Des noms ? Des biographies non enjolivées ou floues? Peu de gent.e.s en ont sur les résistances africaines. On va donner toujours des exemples dans des luttes anciennes (bien qu’actuelles), lorsqu’il s’agit de parler de figures féminines dans des luttes plus récentes y’a presque rien qui sort, on va peut être parlé de Miriam Makeba ou encore de Djamila Bouhired mais ça part souvent en kinkinkin non mais y’a aussi Angela Davis, des femmes des Black Panthers, Rosa Parks….

Bref, très peu sur les Histoires coloniales contemporaines africaines et le rôle des femmes dans ces Histoires.  J’continue ici encore avec mon joli pays le Cameroun.

Personne ne parle des femmes camerounaises dans les combats anticoloniaux ou ne brandit de figures féminines à idolâtrer car peu de personnes connaissent les Histoires des femmes camerounaises. Surtout celles durant la guerre coloniale avec les Français.e.s (parce que oui les femmes blanches étaient aussi dedans).

Cette Histoire ci-dessous ne trouve pas sa centralité exclusivement dans le Sud Cameroun même si cela peut le paraître puisque l’organisation dont je vais parler était essentiellement basée là-bas. En effet, des femmes camerounaises de provenance de toutes les régions du Cameroun se sont ensuite ralliées à leur cause. Bien sûr, il existe d’autres Histoires féministes durant la résistance coloniale comme celles des femmes Anlu du Nord-Ouest du Cameroun qui ont effectuées de nombreuses marches pacifiques pour l’indépendance mais aussi pour la réunification du Cameroun.

Comme je l’avais mentionné dans l’article précédent Marthe Moumié fût (et est encore) une personnalité anticoloniale majeure au Cameroun bien qu’oubliée aujourd’hui. Elle fit partie à seulement 18 ans de la création de l’UDEFEC (l’Union démocratique des Femmes Camerounaises), une organisation politique de résistance de femmes camerounaises. Cette organisation était composée exclusivement de femmes anti impérialistes. Oui, la non-mixité politique n’est pas une invention occidentale. Il est important de souligner que l’UDEFEC était crée en 1947 en tant qu’organisation politique autonome pratiquement au même moment que le célèbre parti de l’indépendance l’UPC (Union des Populations du Cameroun). L’organisation indépendante et féministe camerounaise s’est ensuite affiliée à l’UPC en gardant son statut autonome lorsque la résistance armée dans la durée fût imminente. Mais l’UDEFEC avait tout de même son propre financement, sa propre stratégie et sa propre lignée politique.  A noter qu’au même titre que l’UPC, l’UDEFEC aura des soutiens de femmes de camerounaises en provenance de toutes les régions du Cameroun.

Leur statut politique consistait en plusieurs articles concis. Leur siège de l’organisation était à Douala. Les principaux axes de leurs luttes étaient la défense des familles camerounaises quant aux droits matériels, moraux, intellectuels et culturels, la défense des droits des femmes sur le plan économique, social et civique. Il fût acté que l’organisation serait exclusivement féminine mais n’avait pas pour optique de ne contenir seulement des camerounaises puisque l’on peut penser selon les dires de la militante Marthe Moumié que ces dernières avaient une optique de libération panafricaine également. Leur statut politique a été adopté en 1952 par l’Assemblée constitutive à Douala à l’unanimité par les cadres de l’UDEFEC qu’étaient : Mbem Emma Gisèle, Kamen Monique, Teck Cécile, Ngapeth Marie –Irène, Marthe Ouandié et Meido Marie.

marthe ouandié
Marthe Eding, son mari était Ernest Ouandié

 

Elles étaient toutes jeunes, la vingtaine comme Marthe Ekemeyong (Moumié, le nom du mari) qui avait à peine 18 ans ou encore Marie Ngo Biyong (Ngapeth, le nom de son mari) qui en avait 26. Elles sont particulièrement connues pour avoir envoyées dès 1949 envoyées plus de 1000 pétitions au Conseil de Tutelles des Nations Unies pour réclamer l’indépendance totale des populations camerounaises mais aussi plus tard la réunification des territoires camerounais. Elles ont aussi financées l’éducation de celleux qu’elles percevaient comme leurs futur.e.s dirigeant.e.s du Cameroun. En effet, l’UPC avait mis en place une école censée former les prochain.e.s cadres du parti mais aussi du pays. Il y avait ainsi 5 femmes diplômées de l’UDEFEC de « l’Ecole des Cadres » : Marie Ndjat, Marie-Irène Ngo Biyong, Marthe Eding, Gertrude Omog et Marthe Ekemeyong.

Les femmes de l’UDEFEC ont rejoint l’Armée de Libération nationale du Kamerun lorsque la résistance armée était imminente de 1955 à 1957. Elles se sont combattues aux côtés des hommes, avec les armes en faisant même plus puisque beaucoup ont cachés des armes voire des documents officiels sous leurs vêtements (nos célèbres kabba ngondo ❤ ) au risque de se faire prendre. D’autres comme Marie Ndjat, ont mené des charges contre des préfectures afin de faire libérer leurs camarades emprisonné.e.s. Aussi, parmi les femmes de l’UDEFEC, certaines sont parties à l’étranger pour avoir de nouveaux acquis à utiliser sur place contre les colonialistes et les impérialistes. C’est le cas de Gertrude Omog qui est parti en Russie afin d’apprendre à piloter des avions de combats ainsi que le métier de parachutiste. Aussi, au même titre que Ruben Um Nyobe, Madame Ngapeth Marie Irène née Ngo Biyong a été chargée d’aller défendre le dossier du territoire camerounais (réunification), auprès de la quatrième commission de tutelle de l’Organisation des Nations Unies à New York aux Etats-Unis.

Le mouvement de l’UDEFEC fût interdit en 1955 en même temps que l’UPC par décret du gouvernement français de l’époque. Les deux organisations poursuivront tout de même leurs activités politiques dans la clandestinité, même si deux ans plus tard l’UDEFEC sera définitivement dissoute puisque la majorité des membres, surtout cadres, seront forcé à l’exil au Soudan en 1957. En dépit de cette dissolution, beaucoup continueront le combat de manière individuel ou collectivement. C’est cas par exemple de la plus connue, Marthe Ekemeyong.

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Marthe Ekemeyong, une des plus grande militante anticoloniale camerounaise

Marthe Ekemeyong généralement réduite au statut de « l’épouse de Félix Moumié » est pourtant une figure emblématique de la résistance anticoloniale camerounaise, a publié des ouvrages dans lesquels elle raconte ses mémoires, ses témoignages de militante. Elle a aussi reçu au cours de sa vie le soutien d’autres figures anticoloniales comme Gamal Abdel Nasser, Kwame Nkrumah, Ahmed Ben Ballah qui a d’ailleurs préfacé un de ces livres mémoires  (et aussi a aidé énormément de résistant.e.s camerounais.e.s <3) ou encore Sékou Touré qui lui avait d’ailleurs accordé à elle et son mari la possibilité d’un asile politique en Guinée, un peu avant l’assassinat de Monsieur Moumié.

Malgré son combat qui reflète le combat de nombre de femmes camerounaises et africaines dans l’ensemble, les reconnaissances envers l’apport des femmes dans les luttes anti coloniales au Cameroun mais aussi en Afrique sont restreintes. Les femmes résistantes camerounaises sont totalement invisibilisées et pourtant se sont énormément battues et ont beaucoup souffert pour l’ensemble des populations camerounaises. Elles subissaient en plus des violences physiques, morales et psychologiques de la part de la part des colons français.e.s , les mêmes violences physiques que les hommes. Elles étaient régulièrement menacées de mort ou d’enlèvement de leurs enfants (voire enlèvement définitif de leurs enfants). Parfois enceintes de leurs violeurs blancs, les bébés métis étaient aussi parfois enterrés à peine né.e.s. Elles ont été battues, torturées, violées, maltraitées, emprisonnées voire assassinées et ce quelque soit leur état, qu’elles soient valides ou non, enceintes ou non. Cependant, même en subissant toutes ces sévices et en se battant aux côtés des hommes, elles contribuaient à fournir l’apport ménager nécessaire et indispensable de la lutte pourtant souvent négligé lorsque l’on parle de lutte armée : elles effectuaient les repas, les tâches ménagères, les récoltes, le marché, elles s’occupaient des enfants et jouaient un rôle moral et psychologique pour elles-mêmes ainsi que pour les hommes engagés dans la lutte.

Elles ont su montrer par ailleurs qu’une libération décoloniale se conjugue forcément avec le genre, en incluant les questions féministes dans leur projet politique anticolonial. Et pourtant, aujourd’hui beaucoup qui se pensent pour la libération des noir-e-s dans les diasporas comme en Afrique ne prennent pas en compte ces questions de genre qui étaient si chères aux résistantes anticoloniales africaines. Déplorable, vraiment. C’est une insulte à leurs mémoires. Cela s’observe notamment par la considération et la place faite aux femmes dans nos milieux militants révolutionnaires noirs, africains, panafricains. Les conditions féminines des femmes noir-e-s en Afrique et dans les diasporas sont complètement négligées ce qui est défavorable à notre émancipation, notre émancipation et notre protection. En démontre notamment le féminicide dont a été victime Marthe Ekemeyong à l’âge de 78 ans, violée, battue, étranglée et laissée morte à son domicile. Mais aussi l’invisibilisation criant des femmes camerounaises dans les Histoires des luttes politiques du pays.

Il serait grand temps que ça change.

 

 

Kel Lam

Les résistant.e.s camerounaises à l’honneur

 

A la base, je voulais écrire sur une autre thématique puis je me suis dis qu’on parle que trop rarement des résistances anti impérialistes et anti coloniales camerounaises, surtout celles au point culminant de la guerre coloniale entre le Cameroun et la France dans les années 60-70. M’enfin il s’agit pas vraiment d’un article où je vais blablater comme les précédents (quoique) mais plus un court article pour poster une vidéo que j’adore et que j’estime méconnue (de même que les protagonistes).

Nous les renoi.e.s scolarisé.e.s en France, avons souvent tendance à nous plaindre que l’Histoire enseignée par la France invisibilise nos Histoires, les modifient et les falsifient à son avantage. Ce qui est vrai. On a souvent tendance à dire qu’il existe des archives françaises nous concernant classées secret défenses inaccessibles aux yeux du public. Pourtant on oublie aussi que l’on est en 2017 et qu’Internet est notre ami, surtout Google.

C’est pour cela que je vous incite fortement, les personnes intéressées à effectuer des recherches. L’information ne se trouve pas, elle se cherche. Et pour cela, il faut un minimum de volonté de savoir. Le Cameroun est un Etat tout comme les Etats-Unis ou la France donc par exemple si vous êtes intéressées par les résistances coloniales là-bas, il suffit bêtement de chercher. Comme vous avez l’habitude pour les Black Panthers par exemple. C’est trop facile en 2017 de dire « ah je savais pas », « on m’a jamais dit », « on me l’a caché ». Non, si tu as de l’intérêt pour un sujet, fais tes recherches. L’information et la connaissance ne tombent pas du ciel, elles se cultivent. Je suis exaspérée d’entendre des gent.e.s dirent n’être pas au courant de la guerre coloniale au Cameroun. Après toutes les productions intellectuelles, artistiques, visuelles, littéraires sur le sujet, c’est insultant. Le Cameroun comme tout autre pays a des philosophes, des militant.e.s, des activistes, des historienn.e.s, des sociologues, des radios, des revues, des journaux, des politistes, des anthropologues, des chaînes de télévisions, des émissions télévisées politiques, des théoricienn.e.s… Il ne manque pas d’informations concernant le Cameroun. Faut arrêter d’attendre qu’une personne occidentale (quelque soit sa couleur de peau) se réveille pour dire qu’il y a eu un fait au Cameroun pour vous sursautiez tout.e.s comme des étonné.e.s comme si des travaux n’ont pas été effectués avant. Surtout que ces personnes occidentales jouissant d’un privilège du fait de leur position territoriale (sans parler de leur privilège blanc si ce sont des bab) qui produisent le savoir sur l’Histoire (et non les Histoires du Cameroun) pour le coup récoltent ensuite tous les fruits moraux et surtout financiers qui font défaut à celleux qui sont au pays et qui bossent quotidiennement sur ces sujets. Bref, fin de la digression.

Donc ici, c’est juste un petit rappel que oui, vous pouvez trouvez des archives de résistances anti coloniales sur Internet. Et non, ce ne sont pas forcément des images ou des vidéos où l’on nous voit en étant soumis.e.s en situation d’infériorité ou en défaite de combat mais il existe aussi des archives gratifiantes, qui peuvent aussi vous donner la pêche pour les personnes noires qui croient comme moi au futur d’une Afrique libre de tout néocolonialisme et d’impérialisme et à des diasporas afrodescendant-e-s totalement libre aussi. Nous ne sommes qu’une continuation de nombreux combats menés depuis des siècles, inspirons nous de nos résistant.e.s africain.e.s qui étaient là avant nous, de nos grands-parents, de nos arrières-grands parents… Rien qu’au sein de votre famille ou dans votre entourage, vous pourriez vous surprendre à entendre de nombreux récits de luttes anticoloniales pour celleux qui n’y ont jamais pensé.

 

La vidéo est celle d’une interview télévisée en 1960 par la chaîne suisse RTS d’Ernest Ouandié et de Marthe Moumié, deux militant.e.s de l’UPC (Union des Populations du Cameroun).

Pour vous remettre dans le contexte historique et politique de l’époque pour les gent.e.s qui ne connaissent pas, on est en pleine guerre coloniale au Cameroun, la France massacrent durement les populations camerounaises résistantes. Dans l’optique d’avoir de nouveaux soutiens, de faire entendre leurs voix et d’étendre son influence outre le territoire camerounais, l’UPC (Principal parti politique de la résistance anticoloniale) commence une politique internationale d’élargissement. C’est dans ce cadre là que Ruben Um Nyobe par exemple ira se présenter aux Nations Unies pour réclamer l’indépendance camerounaise effective et totale (la vidéo est sur YouTube). Dans cette même optique, Félix Moumié, mari de Marthe Ekemeyong, à la tête du parti après l’assassinat de Ruben Um Nyobe, se rend en Suisse où lui aussi sera assassiné par empoisonnement. L’interview a donc lieu quelques jours seulement après l’assassinat de Félix Moumié en Suisse.

 

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A droite de la photo, Ernest Ouandié, au centre Marthe Ekemeyong et à gauche Abel Kingue, à Genève en Suisse, en 1960 après l’annonce de l’assassinat de Félix Moumié.

 

Je trouve cette vidéo intéressante en plusieurs points car nos deux militant.e.s anti impérialistes et coloniales nous donnent ici des leçons de conduites anticoloniales :

  • Ne jamais faire confiance (entièrement) aux personnes que tu appelles allié.e.s ou neutres, laisses les faire leur preuve entre eux. On voit cette leçon avec le cas de la Suisse censé être un pays neutre, un pays de protection pour les militant.e.s anticoloniales mais qui se révèlent être de bord avec la France sur l’assassinat de Félix Moumié, ce qu’ont compris les militant.e.s notamment en déclinant une aide juridictionnel et policière suisse. En gros, ces bab veulent faire genre ce sont nos alliées, c’est leur problème, laisse les se bagarrer entre elleux pour voir qui est « plus l’ami.e des noir.e.s que l’autre » mais ne comptent jamais entièrement sur elleux pour des actions à mener, ne les laissent jamais investir nos luttes au premier plan, sinon c’est la mort.

 

  • Ne JAMAIS faire confiance à la police, comme Ernest Ouandié le dit, « la police peut nous protéger à distance comme les autres citoyens » refusant l’aide de la police rapprochée, ne jamais être auprès des policièr.e.s. A l’époque déjà, les militant.e.s camerounais.e.s avaient conscience de la dangerosité de l’institution policière. La police française négrophobe a toujours existé.

 

  • Les femmes africaines étaient aussi massives dans les luttes anticoloniales malheureusement elles sont complètement invisibilisées. Et pourtant, par exemple, il est su qu’au Cameroun, ce sont elles qui ont été au devant des luttes anti-impériales et anticoloniales. A l’image de Marthe Ekemeyong Moumié en tenue de veuve dans la vidéo, on voit que le journaliste blanc suisse ne pose aucune question sur le militantisme de cette dernière malgré son expérience et la considère seulement comme « l’épouse de… ». Et pourtant, il s’agit d’une femme qui a accompli énormément de choses dans sa vie puisqu’elle a consacré sa vie pour l’autodétermination des peuples du Cameroun.

 

  • La maîtrise de la communication est importante. Ne JAMAIS en dire trop devant les dominant.e.s ou comme Ouandié le dit les impérialistes. Ne jamais développer ses idées, ses aspirations et ses projets, ce ne pourrait jamais être à notre avantage. Répondre donc habilement aux questions des journalistes ou alors ne pas répondre du tout.

 

  • Les ennemi.e.s n’ont pas de couleur de peau = #motto à se répéter pour certain.e.s. A un moment, le militant Ernest Ouandié indique que la résistance est toujours à son comble et que des tueries ont encore eu lieu sur des blanc.h.e.s et des noir.e.s, puisqu’iels étaient tout.e.s pour l’ordre colonial et l’impérialisme. Il faut faire la part des choses, c’est pas parce que tu vois des renoi.e.s qu’iels sont forcément pour une libération totale des noir.e.s, les Audrey Pulvar là c’est poubelle. Il ne faut donc pas hésiter à boycotter ces gent.e.s et non les cajoler et les donner des excuses sur leurs attitudes et leurs paroles. On sait que c’est de cette manière que la guerre au Cameroun s’est terminé, des pro-colonialisme, impérialismes à la négrophobie intériorisée massacrant et brûlant des villages entiers. Donc là encore, ne pas répéter les erreurs du passé.

 

  • Et surtout faire attention des organisations du type la Main Rouge (subtilement mis en cause dans l’interview) qui était une organisation française terroriste armée issue des services secrets français, qui assassinait les militant.e.s anticoloniales et sabotait constamment leurs projets. La Main rouge agissait partout en Afrique, vraiment PARTOUT où la France était positionnée. Et partout où les militant.e.s anticoloniales se déplacent. Aujourd’hui, on peut encore tirer des leçons de ce type d’organisations financées par le gouvernement français puisque l’on sait que le gouvernement français est mis en cause dans plusieurs assassinats de personnalités anticoloniales.

 

Bref, voici la vidéo ici :

 

 

Kel Lam.

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