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Les questions LGBTQIA+ et nous

Même si ce post porte sur les questions LGBTQIA+, je ne vais pas ici parler POUR les renoi.e.s LGBTQIA+, iels ont leurs PROPRES voix. J’inclurais quelques liens (pas du tout exhaustif car je ne maîtrise justement pas le sujet) en dessous de voix afro à suivre pour les personnes intéressé.e.s.

 

Le mois de Juin est là et c’est le mois de célébration des fiertés LGBTQIA+ (Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer, Intersexe, Asexuel). Une occasion pour célébrer nos renoi.e.s LGBTQIA+ oppressé.e.s dans nos communautés en Afrique comme dans les diasporas et dans les sociétés négrophobes.

 

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Le drapeau LGBTQIA+ à la sauce du féminisme noir

 

Je trouve que c’est un bon moment pour nous les cis et les hétéra (hétéro) de se remettre en question pour amorcer (ou continuer voire améliorer) une réelle aide pour les renoi.e.s concernées et être de meilleur.e.s allié.e.s.

Dernièrement je pensais énormément au faite qu’entre cis, hétéra, hétéro renoi.e.s, nous ne parlions pratiquement jamais de l’hétéronormativité (oui WIKI est votre ami). Et puis surtout que nous avions des manières archi bancales de soutenir les afro oppressé.e.s : on like des tweets, on retweete, on like des post Instagram, des post Facebook, peut être éventuellement on partagera un post de Laverne Cox pour faire genre ou encore on mettra un #blacktranslivesmatter en couverture facebook.

Mais non, on assistera pas à leurs défilés, à leurs réunions ouvertes au public, on prêtera pas attention aux violences verbales, physiques et mentales homophobes et transphobes de notre entourage au quotidien parce que l’on considère que ça ne nous concerne pas. Ça rappelle un peu cet article hein. La vérité est que toute personne privilégiée (voire dominante) agit de la sorte envers les dominé.e.s que ce soit de manière intentionnelle ou non (même si je pense perso qu’il y a beaucoup d’intentionnalité et de responsabilité).

Pour réellement aider nos autres, on doit ne plus se taire lorsque nos proches ont des propos anti-LGBTQIA+. On doit supporter les renoi.e.s concerné.e.s, les associations et les organisations moralement, physiquement (en mode tu les touches, tu as affaire à nous, iels doivent pouvoir compter sur nous) financièrement dans la mesure de nos possibilités et de nos limites (je pense ici aux personnes non valides par exemple qui ne peuvent pas toujours être investies comme iels le souhaitent à cause de leurs maladies et/ou de leurs handicaps). On doit développer nos connaissances sur ces sujets, faire des recherches (Google/WIKI est notre ami), se défamiliariser de l’idée coloniale selon laquelle les questions LGBTQIA+ sont des histoires de babtou (c’est sympa pour les afro et les kainf LGBTQIA+ et les chercheur.e.s africain.e.s qui bossent sur ces sujet …) ou encore des idées hétéronormatives, homophobes et régressives que ce sont des questions anormales, inhumaines menant à la destruction de l’humanité.

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Photo prise au Nigéria lors d’un match de foot : « Nigayria (jeu de mot Nigéria et gay) arrêtez l’emprisonnement » « l’homophobie n’est pas africaine, la liberté est morte »

 

Après tout, si libération afro il doit y avoir, c’est une libération de toutes les personnes afro qu’il faut considérer, les LGBTQIA+ renoi.e.s inclus. Si tu penses que la libération afro doit se faire uniquement pour les renoi.e.s hétéro et cis comme toi et moi c’est qu’il y a déjà un soucis et que tu es oppressif. Pourquoi ? Parce que tu tries ta propre team. Tu décides de trier qui a le droit à la libération et qui ne l’a pas. Seul.e.s certain.e.s personnes ont le droit à la libération pour toi, celles qui te ressemblent. C’est pour ça que lorsque l’on dit que les hommes cis hétéro noirs sont les hommes blancs des communautés afro (en anglais sorry), je suis d’accord mais surtout je me demande et les femmes cis hétéra noires ?

Les femmes cis hétéra sont-elles alors les femmes blanches des communautés afro au regard de l’hétéronormativité, des questions LGBTQIA+ ?

 

En tant que femme cis hétéra noire moi-même je me questionne car je remarque qu’entre femmes noires cis hétéra nous ne parlons jamais des questions LGBTQIA+ et encore moins de l’hétéronormativité, qui pourtant nous concerne pour la plupart (hello les femmes aromantiques, demiromantiques, asexuelles, les (aspirantes) mamans célibataires, les polyandres …).

Je trouve que nous avons une forte part de responsabilité dans la négligence et l’invisibilisation des renoi.e.s LGBTQIA+. C’est notre faute et l’on conforte les idées homophobes (en renforçant la sexualisation des couples lesbiens par exemple), les idées transphobes (en ne considérant pas les femmes trans comme des femmes comme nous), les idées hétéronormatives (en pensant qu’il n’y a que deux genres : femme et homme). Dans notre sexisme intériorisé et notre dégueulasse attachement à l’hétéronormativité, nos focus et nos réflexions se basent pratiquement QUE sur les hommes. Rare dans mon entourage sont les femmes ci hétéra capables d’élaborer des réflexions féministes, décoloniales et constructives sans que ce soit en relation avec les hommes cis hétéro. Souvent les discussions, les pensées se font toujours en relation avec les hommes cis, hétéro, on cherche toujours à les associer à nos luttes, à ce qu’ils approuvent nos luttes, à les inclure. A quoi rime cette fixation ? Pour plaire ? Pour faire genre je lutte mais il faut que je reste politiquement correcte pour être acceptable auprès des renois parce qu’at the end of the day je dois pécho, me marier, être validé par des gars en carton?! Yiiiiiiiiiiiiiiiiikes. Penser pour nous mêmes et pour les d’autres personnes que les hommes cis hétéro, c’est possible. Cette fixation me dégoûte personnellement surtout qu’en réalité on pourrait tisser des liens de luttes largement plus fort et de poids avec les afro LGBTQIA+. Lutter contre le sexisme c’est également lutter pour les droits des personnes LGBTQIA+ au cas où vous ne le saviez pas, vous êtes informés.

Les questions LGBTQIA+ permettent non seulement de nous remettre en question par rapport à nos privilèges mais également de questionner nos identités de genre et d’orientations sexuelles que l’on nous a incorporé dès la naissance. Et c’est justement pour ces deux dernières raisons que je pense que beaucoup de personnes ont peur d’être confrontés aux questions LGBTQIA+. Vous avez peur d’être inconfortables et de voir remis en cause des choses sur vous que vous n’avez jamais questionné. Vous avez peur de vous savoir lesbienne, queer, bi, homosexuel… Parce que perso, après avoir pas mal lu sur le sujet et observer les hétéro autour de moi, j’ai pas peur d’affirmer que je pense qu’en réalité les hétéro ne sont pas en majoritaire, que beaucoup ne savent pas qu’iels ne sont pas hétéro (puisqu’iels n’ont pas fait leurs déconstructions) et de même au niveau de l’identité de genre nous les renoi.e.s, nous sommes tellement variées c’est ouf.

Soyez inconfortables en vous plongeant sur ces questions, dites-vous que les afro LGBTQIA+ n’ont pas le choix que de vivre l’inconfort au quotidien à cause de nos phobies à leurs égards.  Egalement ça nous concerne parce que nous devons également essayer de veiller à transmettre des idées qui ne soient pas anti-LGBTQIA+. Si demain il s’avère que votre enfant soit intersexe, asexuel ou encore lesbienne, vous allez faire comment ? Vous allez lui apprendre la haine de soi ? Vous allez le conduire à l’autodestruction ? Et si c’est votre partenaire qui vous informe qu’il est queer ? Votre parent ou un membre de votre famille qui s’avère transgenre ? Vous allez railler cette personne de votre vie alors que vous l’aimez ? Même si ce n’est pas pour vous, penchez-vous sur ces questions pour au moins préserver les relations auxquelles vous tenez. On pense toujours que les questions LGBTQIA+ ne nous concerne pas, que c’est l’affaire des autres alors que très souvent beaucoup sont parmi nous vivent une double voire une triple vie pour que nous ne soyons pas offensé.e.s par leurs identités de genre et leurs orientations sexuelles. Informez-vous, mobilisez-vous, faites des dons, vous sauverez des vies sans vous en rendre compte.

 

Je suis pas une connaisseuse donc je n’ai pas beaucoup de ressources, il n’y a pas beaucoup de liens mais je pourrais en rajouter au fur et à mesure. Pour en savoir plus sur le sujet, suivez directement des personnes concernées.

 

Les liens afro LGBTQIA+ fr à suivre :

 

QITOKO https://www.facebook.com/qitoko/ également sur Instagram

Estelle Prudent https://www.estelleprudent.com/ son exposition #queersuperpower au Centre LGBT y est présente jusqu’au 31 mai.

Badassmaman https://www.badassmaman.com/ également présente sur Instagram

Afrique en arc en ciel Paris sur Facebook https://www.facebook.com/afriquearcencielparis/?ref=py_c

Diivineslgbtqi+ https://www.facebook.com/diivineslgbtqif/

Paris Black Pride https://www.facebook.com/pg/parisblackpride/about/?ref=page_internal

Douala Preston avec sa mini web série Présumée hétérosexuelle sur Youtube dont voici un extrait :  https://www.youtube.com/watch?v=Jp9e1YV7Gno 

 

Afrique :

QAYN: The Queer African Youth Network  premier réseau régional du genre en Afrique de l’Ouest dirigé par des lesbiennes et basé à Ouagadougou https://www.facebook.com/QAYNetwork/ et http://qayn.org/

Pan Africa ILGA, association panafricaine situé en Afrique du Sud pour les intersexes, les trans, les bi, les lesbiennes et les gays : https://www.facebook.com/PanAfricaILGA/?ref=py_c & http://panafricailga.org/

Les Lesbiennes du Cameroun : https://www.facebook.com/Lesbiennes-du-Cameroun-283570858409378/ & http://lesbiennesducameroun.overblog.com/

Q-zine : magazine pour les queers africain.e.s et allié.e.s http://www.q-zine.org/ en anglais et en français, également sur FB

Lez Ka-lour – Lesbian KamaSutra Colouring Book (Kenya) https://www.facebook.com/lezkalour/ & https://kalacompany.com/about/

Namibia Diverse Women’s Association – NDWA : https://www.facebook.com/pg/NamibiaDiverseWomenAssociationNDWA/about/?ref=page_internal

Queer Visual Namibia (sur FB)

Kenyan Queer Questions (podcast) https://www.facebook.com/KenyanQueerQuestions/

& https://soundcloud.com/queer-questions

 

Antilles & Caraïbes :

Kouraj en Haiti   https://www.facebook.com/kourajayiti/ &     https://www.kouraj.org/

 

Amérique latine :

Gay Attitude Guyane Association pour la convivialité, l’intégration, l’épanouissement et la dignité de la communauté LGBT en Guyane française et Amazonie : https://www.facebook.com/Gay-Attitude-Guyane-421580284592082/ & http://gayattitudeguyane.over-blog.com/

 

gaysouthafrica
Fierté gay, fierté noire, je suis africain.e

 

Kel Lam

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#USTOO #NOUSAUSSI

 

L’heure est grave mais en vrai elle l’a toujours été. Avec le mouvement #metoo, on assiste à une libération de la parole de personnes qui ont été agressées et ou harcelées sexuellement (majoritairement par des hommes blancs cisgenres). Mais j’ai un peu l’impression que c’est un entresoi bab bien que ce soit une renoie qui soit à l’origine du mouvement (whitewashing). Dans cet article, j’ai envie d’ancrer les perspectives du mouvement du #metoo (ou #balancetonporc pour les francophones) dans nos communautés afro. Puisqu’il y a une hypocrisie dont peu de personnes parlent dans nos communautés afro. NOUS AUSSI ne sommes pas safes dans nos communautés, nous aussi nous nous faisons harcelées, agressées, violées, frappées, tuées, assassinées.

Pour les personnes qui veulent déjà faire leur complexe identitaire à se comparer aux babs ou à d’autres communautés racisées, y’a pas de ça ici, mon blog c’est renoi.e.s only, donc les personnes qui éprouvent des crises identitaires et de consciences et qui veulent absolument être en mode mais les bab ceci, cela, c’est ailleurs. On peut se penser nous-mêmes par nous-mêmes pour nous-mêmes et sans comparaisons.

Je fais donc exprès de parler uniquement dans le cadre de la communauté afro et de pointer les personnes cisgenres et hétéro (faisant moi-même partie de la catégorie ci). Je parle de ce que je connais. Je n’aime pas les personnes qui parlent (ou s’approprient) de l’expérience des autres etc donc je ne fais ça non plus.

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Pourquoi, une perspective spécifique afro des #metoo ? #ustoo #nousaussi

 

Parce que dans nos communautés afro, les violences faites aux femmes quelles soient mysoginoir, coloriste, validistes, homophobes, sexistes, sexuelles, morales, physiques, transphobes, classistes, psychologiques, ou non faites sont archis normalisées. Beaucoup trop normalisées. Elles le sont tellement que nous sommes à un niveau où nous arrivons même plus pour la plupart à exprimer nos violences subies, on se tait, on normalise. Si on parle, on est étrange, on dérange, personne ne comprend que justement c’est tellement normalisé qu’au final beaucoup pense qu’il n’y a pas (voire presque pas) ce genre de violences chez nous. Ça n’existe pas, c’est chez les autres pas chez nous. Ou sinon bah non ce sont juste des exceptions mais ça veut pas dire qu’on est tous pareils kinkinkin. Faux.

 

Je ne compte même pas de fois le nombre de fois que j’ai rencontré des femmes noires âgées méprisées, tournées en ridicule par leurs conjoints parce qu’elles ne savaient ni lire et/ou écrire. Ou encore celles que l’on exploite, que l’on ridiculise auxquelles on soutire de l’argent. Ou encore que l’on traite comme des objets puisqu’elles ont été dotées et doivent être soumises moralement et physiquement à leurs maris. Oui, pas besoin d’aller sur le continent, ça se passe également dans nos communautés afro de la diaspora partout que ce soit en France, en Belgique, au Canada, en Suisse…  On vient sans cesse nous compter que non le sexisme en Afrique (lol…) n’existe pas, les violences contre les femmes n’existent pas chez les renoi.e.s, quand toi-même tu en as été victime, on délégitime pour te dire que les bab aussi sont violents avec leurs femmes ou encore que peut être c’est ta faute. Bah oui, Morray, on mérite que ça nous les sistas, les filles, les mamans, les tantis, on mérite que de se faire violenter. On le mérite parce qu’on ne nous voit même pas comme des humaines, auprès de la gente masculine, nous n’avons même pas une once d’humanité. On ne nous perçoit pas comme des personnes à part entière, nous sommes les sœurs de, les mères de, les filles de, les femmes de… Nous sommes la propriété des autres. Tout le monde se sent à l’aise avec nos corps, ils ne nous appartiennent pas, ils sont les vôtres. Et même lorsque nous nous les réapproprions, vous faites tout pour les récupérer. Diktat du corps, diktat vestimentaire, violences physique, verbales, psychologiques : crédo quotidien.

 

Il n’y a pas si longtemps, il y a eu l’histoire tragique de Mariama à Montreuil. Ne nous mentons pas les renoi.e.s, des Mariama parmi nous il y en a énormément et beaucoup se taisent et ne font rien. Beaucoup sont complices. Puisqu’ici, il faut le rappeler, le silence c’est la complicité, l’inaction et la passivité également. Nous nous faisons insultées, frappées, tabassées, torturées, massacrées, harcelées, violées, tuées, assassinées et cela ne vous dérange pas. Nous sommes vos paillassons. Nous sommes vos serpillières. Tout est passé sous silence. Si nous nous faisons violenter ainsi c’est parce que nous l’avions cherché, vous ne faites que nous corriger, vous faites votre travail. Vous nous remettez sur le droit chemin. Vous nous remettez à notre place : la femme de, la sœur de, la fille de, la mère de … Il faut garder cette respectabilité oppressive pour que vous jouissiez de votre sale masculinité toxique. Après tout pour vous, nous ne sommes pas des personnes, nous sommes des objets, des faires valoirs, des sortes de « mamans » supernaturelles auxquelles il est permis de cracher à la figure, d’exploiter, de baiser et d’en revendiquer la propriété.

 

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C’est une photo qui a été prise dans le cadre de la manifestation Black Lives Matter à Londres et je trouve que le « sayin' » a bien sa place ici.

 

Mais kinkinkin ce n’est pas tous les hommes qui sont comme ça arrête wesh…

 

Vous êtes tous pareils, aussi pire l’un que l’autre et malgré tout vous parvenez à vous convaincre vous-mêmes par je ne sais quelle sorcellerie que vous sortez du lot, que vous êtes meilleurs que les autres. « Non mais moi au moins kinkinkin… », « Non mais moi j’suis pas comme lui… ». Au regret de vous l’apprendre ici, tous les hommes ont une fois au moins exploité des femmes moralement, psychologiquement, physiquement laissant des séquelles à ces dernières. Des séquelles si profondes que les femmes afro ont totalement normalisées ces comportements depuis l’enfance. Beaucoup ne parviennent pas à s’en défaire, à s’en déconstruire. Il n’y a qu’à regarder souvent la manière dont nos mères reproduisent le schéma patriarcal oppressif en nous forçant à nous ranger dans les cases de propriété des pères, des maris et de suivre la ligne de conduite respectable à suivre. Beaucoup d’entre nous se disent OK, l’on souffre mais ce n’est pas si grave. Combien de femmes afro peuvent aujourd’hui avouer à quel point les relations avec le genre masculin et/ou hétérosexuelles ont complètement endommager nos santés mentales et nos équilibres morales ainsi que psychologiques ? Parce que oui, tout a une conséquence. Malgré tout, nous minimisons les violences que l’on subit. On se tait. Nous devons être fières, fortes, on ne doit pas laisser tomber nos familles (parfois si toxiques) et notre communauté (tellement toxique également), elle repose sur nos épaules. (image)

Si on parle, on raconte nos réalités, on se fait lynchées, c’est que l’on ne souhaite pas le bien de notre communauté. On exagère, on en fait trop.  On est forcés de côtoyer nos oppresseurs, de soutenir nos agresseurs, d’être en cohésion avec nos violeurs, d’apaiser nos moralisateurs et de rester aux côtés de nos abuseurs. Ces derniers très soudés entre eux. Rarement, voire jamais vous ne verrez un renoi dénoncer son ami homme ou son frère homme à cause d’un abus moral, sexuel ou psychologique qu’il a fait sur une femme noire. Non, ils en discuteront deuspi en lâchant au final un minable « ah c’est chaud quand même ». Ou au pire, ils en riront comme des vrais porcs qu’ils sont car ils n’en voient pas la gravité. Combien d’hommes afro ont des potes violeurs ? abuseurs ? pédophiles ? Combien ont des frères qui agressent sexuellement des femmes noires ? Et surtout combien le savent, sont au courant et décident de se taire, solidarité pénis oblige. Combien d’imbéciles ne se checkent même pas eux-mêmes, sur leurs propres actions et leurs propres paroles parce que kinkinkin non mais j’ai des sœurs, j’ai été élevée par ma mère, non mais euuh j’aime les femmes, kinkinkin moi je respecte LA femme africaine … En oubliant que cela n’est pas un antidote contre le sexisme, tu peux même avoir 1 milliard de sœurs, avoir été élevé par 20 000 mères, être fasciné par les femmes africaines qui ont fait l’Histoire, te dire panafricain ou te dire pro féministe, tu peux être un violeur, un agresseur, un abuseur (et ce même auprès de ta mère et tes sœurs que tu prétends tant aimé).

 

On n’a pas besoin d’hommes afro qui brandissent constamment des femmes noires chargées, dénudées ou des femmes noires robot multitâches pour valoriser les femmes afro et montrer à quel point nous sommes fortes. On s’en fout de ça. On s’en fout des post insta en mode je ne sors qu’avec des renoies, des posts fb censés nous valoriser qui nous rabaissent totalement en réalité, de vos vieux tweets, des threads male tears en mode miskina les gos souffrent on n’est pas gentils. On le sait déjà. On veut des vraies actions. On veut de la sensibilisation. Sensibilisez-vous. Agissez. Quand vous trainez H24 avec vos potos à la con, sensibilisez sur les questions de consentement, de viol, d’harcèlement sexuel, d’abus moral, psychologique… Lorsque vous êtes au courant d’un cas sexiste ou de quelconque autre acte grave, ne restez pas silencieux, ne soyez pas complice, dénoncez. Même si c’est votre père, votre frère, votre poto, votre gars sûr ou je sais pas quel autre con, intervenez et dénoncez le. Arrêtez de jouer les meubles. Et je vous le dis que vous l’acceptiez ou non, même vos mères, grand-mères et ancêtres ont vécu et/ou vivent actuellement les abus, les traumatismes que nous vivons.

 

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Miskina les sistas, vous voyez pas comment l’on fait pitié. Vous ne remarquez pas qu’à chaque fois qu’une sista décède ou est violentée, les seules personnes à s’y intéresser, c’est nous. Déjà l’an dernier au rassemblement pour Aissatou organisé par le collectif #Plusjamaisça malgré le fait que ce soit une renoie qui ait été tué, la majorité des personnes présentes n’étaient QUE des femmes, surtout des femmes noires. Les oppresseurs, les agresseurs, les hommes noirs étaient les grands absents. Et à raison, puisqu’il ne s’est rien passé, c’était juste la vie d’une négresse qui a fait son temps. On est toutes dans le même lot les sistas. Même si vous avez peur d’en parler, essayer d’oser. Faites attention en toutes circonstances. Soyez attentives à vos autres sistas, à vos tanties, à vos mamans, à vos grands-mères, à vos poto non binaires (pas seulement cis). Personne ne se souciera de vous-mêmes plus que vous-mêmes, le dehors est très sale. Beaucoup plus sale que ce qui tourne sur les réseaux sociaux.

 

Trop de non-dits. La honte doit changer de camp. Be Loud. Speak Out.

 

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Kel lam.

Pour notre sœur Marielle: le poing levé, le cœur serré

Du droit à l’offense

Le racisme ordinaire au sein de la communauté universitaire

Médecine coloniale française

L’histoire sanitaire du Cameroun fut marquée dès les années 1920 par des programmes de médecine de masse particulièrement ambitieux auxquels on associe généralement le docteur Eugène Jamot [1] qui participa notamment à une grande campagne de lutte contre la maladie du sommeil et dont la propagande faisait de lui le « sauveur de la race noire ». Cependant, une autre […]

via Les ambitions d’un médecin colonial en Afrique : l’histoire du docteur Jean Joseph David — Classe Internationale

#PasVotreTrophéeDeLaDiversité, une lettre ouverte à Impact Campus et l’ensemble de la communauté UL

#Solidaritéafro #Amourentrerenoi.e.s & cie

 

 

C’est bientôt la St Valentin… J’en vois déjà tourner l’œil. C’est également officiellement le mois de l’Histoire des Noir.e.s dans la plupart des pays occidentaux comme aux Etats-Unis, le Canada (il a lieu en Octobre au Royaume-Uni) et se manifeste de part et d’autre de manière officieuse ailleurs en Europe comme en France ou encore en Allemagne. Etant inconditionnellement renoie et amoureuse des bails d’amitiés et de lovance, je ne pouvais pas ne pas en parler. Pourquoi pas en vrai mêler les deux et célébrer l’amour, l’amitié entre renoi.e.s ?! Le Jour de l’Amour entre Noir.e.s, un sorte de mixte du mois de l’Histoire des Noir.e.s et de l’Amour (dans lequel faut inclure l’amitié).

 

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J’ai fais ça toute seule comme une grande avec paint à défaut que l’on ait des images/slogans francophones positives sur les renoi.e.s sur Google

 

Nous les renoi.e.s, on est au-dessus du game. Au quotidien, on se réveille avec nos identités multiples, nos vies uniques et si différentes dans nos routines respectives, on arrive à tenir le coup comme on peut dans nos sociétés oppressives qui nous poussent continuellement à bout, qui nous tuent à petit bout. Qu’on réside dans un Etat négrophobe à majorité blanche, arabe, asiatique, latino où l’on survit magnifiquement, ou qu’on réside dans un pays à majorité noire où l’on survit royalement du néocolonialisme (voire colonialisme pour les pays comme la Guyane, la Nouvelle-Calédonie ou encore la Guadeloupe par exemple), du capitalisme, nous devons prendre parfois un instant pour s’entreféliciter.

D’abord être fièr.e.s de nous-mêmes, de ce que nous avons achevé, ce que nous accomplissons au quotidien et nous célébrer ! Dans un monde où l’on nous dévalorise constamment, où l’on ne cesse de nous prouver que les Noir.e.s ne sont pas humain.e.s, que nos vies ne valent rien, nous devons nous féliciter de nos vies (d’être -encore- en vie !) et s’encourager tout.e.s entre noir.e.s tant que possible. Célébrons nos résistances personnelles afro quotidiennes parce qu’on le mérite ! Tu as réussi à te lever le matin alors que tu dépressive ? Bravo ! Tu as enfin décroché un job ? Bravo ! Tu as eu le courage de laisser tes cheveux crépus aujourd’hui ? Bravo ! Tu as réussi à boucler la fin du mois de janvier ? Bravo ! Tu as réussi à cotiser pour ta tontine ? Bravo ! Tu souris pour rien aujourd’hui, tu es juste heureuse ? Bravo ! Tu restes toujours rêveuse par rapport à ton avenir ? Bravo !

Du continent à la diaspora, on se bat tout.e.s comme on peut au quotidien mais n’oubliez jamais de fêter vos petites victoires d’aujourd’hui qui seront vos grandes victoires du lendemain !

Et c’est pour cela que je pense que l’on doit célébrer l’amour entre les noir.e.s, l’amitié entre les noir.e.s , se célébrer mais également renouer (ou nouer pour certain.e.s ?!) les liens entre nous les renoi.e.s. Quand je parle d’amour noir (ou amoursnoir), je ne parle pas de celui du Blacklove, un concept importé des étasunienn.e.s noir.e.s totalement mangé par l’hétéronormativité, la grossophobie, l’agisme, le colorisme et le validisme.

Quand j’emploie ce terme c’est pour la promotion de l’amour, l’entraide, la solidarité, la vulnérabilité, l’amitié entre tout.e.s les noir.e.s. C’est penser à une réelle politique du care entre nous dans la vie de tous les jours. Que l’on se connaisse ou pas, on devrait favoriser le soutien moral, émotionnel et psychologique entre nous. Tout ce care peut prendre différentes formes. Mais genre ça peut paraître bête mais parfois rien qu’une conversation ou même un sourire ou un compliment venant d’une autre personne noire peut réellement refaire une journée.

Je me souviens d’un moment où j’étais serveuse en intérim dans un restau de bab archi upé façon pour les riches, la clientèle à 99% bab très exigeante et imbécile, j’en pouvais plus. Chaque jour, j’avais envie d’abandonner mais j’y étais parce qu’avec tous les tontons et les tanti qui bossaient à la cuisine, il y avait une super bonne entente et on se souciait chacun.e.s de nous. Un jour, j’ai vraiment cru finir, j’en avais trop marre dans en salle (je sais qu’il y a des personnes qui lisent et qui se reconnaissent aahahhaha) et là y’avait une daronne antillaise qui m’a appelé mon soleil mdrrrr ça s’est passé y’a des années mais pour de vrai jusqu’aujourd’hui quand j’y pense je souris, c’était trop mignon et ça a totalement refait ma journée, elle arrêtait pas de m’appeler mon soleil et je souriais comme si c’était mon anniversaire, même le fait que j’avais des pourboires maigres voire inexistants parce que les français.e.s bab sont chiches comme jaja ne me disaient rien, j’étais loin.

Je me souviens également un jour j’étais vénère aussi dans la rue, j’avais tellement le seum mes sourcils étaient foncés en vague, ma figure était toute serrée et t’as deux mecs renois qui avançaient dans ma direction, un des deux a parié qu’il allait me faire sourire, l’autre observe, le premier a sorti toutes ses dents, m’a fait des gros sourires et a lâché des gros rires avec des sons bizarres mdrrr même jusqu’aujourd’hui ça me fait super rire quand j’écris ça.

Des anecdotes comme ça perso j’en ai des milliards, même des tanti qui me connaissaient même pas mais qui m’ont aidé, conseillé, des enfants renoi.e.s aussi qui me connaissaient pas mais avec qui j’ai grave passé du bon temps à jouer au foot à oublier la galère. Les inconnu.e.s renoi.e.s avec lesquell.e.s je mange mes maïs ou mes brochettes ou mes bavardages magiques dans les RER..

Quand on me dit la solidarité entre noir.e.s n’existe pas, je suis pas du tout d’accord. Au contraire, elle est là constamment autour de nous. Et ce n’est pas parce que l’on rencontre malheureusement certain.e.s renoi.e.s qui le sont pas ou qui nous font douter que l’on doit cracher sur le concept. Continuez au contraire de l’être, de vous soucier, de pratiquer le care auprès des autres renoi.e.s.

Ce qui me fait dire ça aussi c’est qu’en Occident, où l’on est minoritaire, je pense que le minimum soit que les renoi.e.s devraient s’entraider sur tous les plans. Que l’on soit musulman.e, athé.e, non valide, juif.ve, pauvre, queer, âgé.e.s, marginalisé.e.s, quelque soit nos différentes identités, nationalités, on devrait tout.e.s se soutenir sans sélectivité. La négrophobie, la misogynoir et la transmisogynoir ne sélectionnent pas quand elles sévissent, elles sont seulement systémiques. Dans cette optique, on devrait se soucier de chacun.e.s d’entre nous. J’écris ça particulièrement en pensant à Andy Brigitte, le renoi de 22 ans tué à Châtelet, sur Paname devant la masse de monde sans que personne ne bouge. Des noir.e.s étaient sûrement là durant la scène et n’ont pas agi (perso j’ai pas voulu regarder la vidéo de sa mort), ne se sont pas souciés de son sort. C’est triste, ça désole de ouf. Arrêtez de filmer et portez assistance. Souciez-vous les un.e.s des autres. Favorisez la solidarité, l’amour et le care entre nous, la famille.

 

janayakhan

 

Kel Lam

Why are women of colour still so underrepresented in academia?

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