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Pensées En Blancs Cassées

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afrofeminisme

#USTOO #NOUSAUSSI

 

L’heure est grave mais en vrai elle l’a toujours été. Avec le mouvement #metoo, on assiste à une libération de la parole de personnes qui ont été agressées et ou harcelées sexuellement (majoritairement par des hommes blancs cisgenres). Mais j’ai un peu l’impression que c’est un entresoi bab bien que ce soit une renoie qui soit à l’origine du mouvement (whitewashing). Dans cet article, j’ai envie d’ancrer les perspectives du mouvement du #metoo (ou #balancetonporc pour les francophones) dans nos communautés afro. Puisqu’il y a une hypocrisie dont peu de personnes parlent dans nos communautés afro. NOUS AUSSI ne sommes pas safes dans nos communautés, nous aussi nous nous faisons harcelées, agressées, violées, frappées, tuées, assassinées.

Pour les personnes qui veulent déjà faire leur complexe identitaire à se comparer aux babs ou à d’autres communautés racisées, y’a pas de ça ici, mon blog c’est renoi.e.s only, donc les personnes qui éprouvent des crises identitaires et de consciences et qui veulent absolument être en mode mais les bab ceci, cela, c’est ailleurs. On peut se penser nous-mêmes par nous-mêmes pour nous-mêmes et sans comparaisons.

Je fais donc exprès de parler uniquement dans le cadre de la communauté afro et de pointer les personnes cisgenres et hétéro (faisant moi-même partie de la catégorie ci). Je parle de ce que je connais. Je n’aime pas les personnes qui parlent (ou s’approprient) de l’expérience des autres etc donc je ne fais ça non plus.

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Pourquoi, une perspective spécifique afro des #metoo ? #ustoo #nousaussi

 

Parce que dans nos communautés afro, les violences faites aux femmes quelles soient mysoginoir, coloriste, validistes, homophobes, sexistes, sexuelles, morales, physiques, transphobes, classistes, psychologiques, ou non faites sont archis normalisées. Beaucoup trop normalisées. Elles le sont tellement que nous sommes à un niveau où nous arrivons même plus pour la plupart à exprimer nos violences subies, on se tait, on normalise. Si on parle, on est étrange, on dérange, personne ne comprend que justement c’est tellement normalisé qu’au final beaucoup pense qu’il n’y a pas (voire presque pas) ce genre de violences chez nous. Ça n’existe pas, c’est chez les autres pas chez nous. Ou sinon bah non ce sont juste des exceptions mais ça veut pas dire qu’on est tous pareils kinkinkin. Faux.

 

Je ne compte même pas de fois le nombre de fois que j’ai rencontré des femmes noires âgées méprisées, tournées en ridicule par leurs conjoints parce qu’elles ne savaient ni lire et/ou écrire. Ou encore celles que l’on exploite, que l’on ridiculise auxquelles on soutire de l’argent. Ou encore que l’on traite comme des objets puisqu’elles ont été dotées et doivent être soumises moralement et physiquement à leurs maris. Oui, pas besoin d’aller sur le continent, ça se passe également dans nos communautés afro de la diaspora partout que ce soit en France, en Belgique, au Canada, en Suisse…  On vient sans cesse nous compter que non le sexisme en Afrique (lol…) n’existe pas, les violences contre les femmes n’existent pas chez les renoi.e.s, quand toi-même tu en as été victime, on délégitime pour te dire que les bab aussi sont violents avec leurs femmes ou encore que peut être c’est ta faute. Bah oui, Morray, on mérite que ça nous les sistas, les filles, les mamans, les tantis, on mérite que de se faire violenter. On le mérite parce qu’on ne nous voit même pas comme des humaines, auprès de la gente masculine, nous n’avons même pas une once d’humanité. On ne nous perçoit pas comme des personnes à part entière, nous sommes les sœurs de, les mères de, les filles de, les femmes de… Nous sommes la propriété des autres. Tout le monde se sent à l’aise avec nos corps, ils ne nous appartiennent pas, ils sont les vôtres. Et même lorsque nous nous les réapproprions, vous faites tout pour les récupérer. Diktat du corps, diktat vestimentaire, violences physique, verbales, psychologiques : crédo quotidien.

 

Il n’y a pas si longtemps, il y a eu l’histoire tragique de Mariama à Montreuil. Ne nous mentons pas les renoi.e.s, des Mariama parmi nous il y en a énormément et beaucoup se taisent et ne font rien. Beaucoup sont complices. Puisqu’ici, il faut le rappeler, le silence c’est la complicité, l’inaction et la passivité également. Nous nous faisons insultées, frappées, tabassées, torturées, massacrées, harcelées, violées, tuées, assassinées et cela ne vous dérange pas. Nous sommes vos paillassons. Nous sommes vos serpillières. Tout est passé sous silence. Si nous nous faisons violenter ainsi c’est parce que nous l’avions cherché, vous ne faites que nous corriger, vous faites votre travail. Vous nous remettez sur le droit chemin. Vous nous remettez à notre place : la femme de, la sœur de, la fille de, la mère de … Il faut garder cette respectabilité oppressive pour que vous jouissiez de votre sale masculinité toxique. Après tout pour vous, nous ne sommes pas des personnes, nous sommes des objets, des faires valoirs, des sortes de « mamans » supernaturelles auxquelles il est permis de cracher à la figure, d’exploiter, de baiser et d’en revendiquer la propriété.

 

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C’est une photo qui a été prise dans le cadre de la manifestation Black Lives Matter à Londres et je trouve que le « sayin' » a bien sa place ici.

 

Mais kinkinkin ce n’est pas tous les hommes qui sont comme ça arrête wesh…

 

Vous êtes tous pareils, aussi pire l’un que l’autre et malgré tout vous parvenez à vous convaincre vous-mêmes par je ne sais quelle sorcellerie que vous sortez du lot, que vous êtes meilleurs que les autres. « Non mais moi au moins kinkinkin… », « Non mais moi j’suis pas comme lui… ». Au regret de vous l’apprendre ici, tous les hommes ont une fois au moins exploité des femmes moralement, psychologiquement, physiquement laissant des séquelles à ces dernières. Des séquelles si profondes que les femmes afro ont totalement normalisées ces comportements depuis l’enfance. Beaucoup ne parviennent pas à s’en défaire, à s’en déconstruire. Il n’y a qu’à regarder souvent la manière dont nos mères reproduisent le schéma patriarcal oppressif en nous forçant à nous ranger dans les cases de propriété des pères, des maris et de suivre la ligne de conduite respectable à suivre. Beaucoup d’entre nous se disent OK, l’on souffre mais ce n’est pas si grave. Combien de femmes afro peuvent aujourd’hui avouer à quel point les relations avec le genre masculin et/ou hétérosexuelles ont complètement endommager nos santés mentales et nos équilibres morales ainsi que psychologiques ? Parce que oui, tout a une conséquence. Malgré tout, nous minimisons les violences que l’on subit. On se tait. Nous devons être fières, fortes, on ne doit pas laisser tomber nos familles (parfois si toxiques) et notre communauté (tellement toxique également), elle repose sur nos épaules. (image)

Si on parle, on raconte nos réalités, on se fait lynchées, c’est que l’on ne souhaite pas le bien de notre communauté. On exagère, on en fait trop.  On est forcés de côtoyer nos oppresseurs, de soutenir nos agresseurs, d’être en cohésion avec nos violeurs, d’apaiser nos moralisateurs et de rester aux côtés de nos abuseurs. Ces derniers très soudés entre eux. Rarement, voire jamais vous ne verrez un renoi dénoncer son ami homme ou son frère homme à cause d’un abus moral, sexuel ou psychologique qu’il a fait sur une femme noire. Non, ils en discuteront deuspi en lâchant au final un minable « ah c’est chaud quand même ». Ou au pire, ils en riront comme des vrais porcs qu’ils sont car ils n’en voient pas la gravité. Combien d’hommes afro ont des potes violeurs ? abuseurs ? pédophiles ? Combien ont des frères qui agressent sexuellement des femmes noires ? Et surtout combien le savent, sont au courant et décident de se taire, solidarité pénis oblige. Combien d’imbéciles ne se checkent même pas eux-mêmes, sur leurs propres actions et leurs propres paroles parce que kinkinkin non mais j’ai des sœurs, j’ai été élevée par ma mère, non mais euuh j’aime les femmes, kinkinkin moi je respecte LA femme africaine … En oubliant que cela n’est pas un antidote contre le sexisme, tu peux même avoir 1 milliard de sœurs, avoir été élevé par 20 000 mères, être fasciné par les femmes africaines qui ont fait l’Histoire, te dire panafricain ou te dire pro féministe, tu peux être un violeur, un agresseur, un abuseur (et ce même auprès de ta mère et tes sœurs que tu prétends tant aimé).

 

On n’a pas besoin d’hommes afro qui brandissent constamment des femmes noires chargées, dénudées ou des femmes noires robot multitâches pour valoriser les femmes afro et montrer à quel point nous sommes fortes. On s’en fout de ça. On s’en fout des post insta en mode je ne sors qu’avec des renoies, des posts fb censés nous valoriser qui nous rabaissent totalement en réalité, de vos vieux tweets, des threads male tears en mode miskina les gos souffrent on n’est pas gentils. On le sait déjà. On veut des vraies actions. On veut de la sensibilisation. Sensibilisez-vous. Agissez. Quand vous trainez H24 avec vos potos à la con, sensibilisez sur les questions de consentement, de viol, d’harcèlement sexuel, d’abus moral, psychologique… Lorsque vous êtes au courant d’un cas sexiste ou de quelconque autre acte grave, ne restez pas silencieux, ne soyez pas complice, dénoncez. Même si c’est votre père, votre frère, votre poto, votre gars sûr ou je sais pas quel autre con, intervenez et dénoncez le. Arrêtez de jouer les meubles. Et je vous le dis que vous l’acceptiez ou non, même vos mères, grand-mères et ancêtres ont vécu et/ou vivent actuellement les abus, les traumatismes que nous vivons.

 

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Miskina les sistas, vous voyez pas comment l’on fait pitié. Vous ne remarquez pas qu’à chaque fois qu’une sista décède ou est violentée, les seules personnes à s’y intéresser, c’est nous. Déjà l’an dernier au rassemblement pour Aissatou organisé par le collectif #Plusjamaisça malgré le fait que ce soit une renoie qui ait été tué, la majorité des personnes présentes n’étaient QUE des femmes, surtout des femmes noires. Les oppresseurs, les agresseurs, les hommes noirs étaient les grands absents. Et à raison, puisqu’il ne s’est rien passé, c’était juste la vie d’une négresse qui a fait son temps. On est toutes dans le même lot les sistas. Même si vous avez peur d’en parler, essayer d’oser. Faites attention en toutes circonstances. Soyez attentives à vos autres sistas, à vos tanties, à vos mamans, à vos grands-mères, à vos poto non binaires (pas seulement cis). Personne ne se souciera de vous-mêmes plus que vous-mêmes, le dehors est très sale. Beaucoup plus sale que ce qui tourne sur les réseaux sociaux.

 

Trop de non-dits. La honte doit changer de camp. Be Loud. Speak Out.

 

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Kel lam.

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#LapolicefrviolenteaussilesnoirEs

 

 

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article à ce sujet mais faute de temps, j’ai toujours décalé l’écriture et la publication de cet article qui me tient pourtant à cœur : les violences policières sur les femmes racisées, et plus particulièrement les femmes noires en France. Pourquoi ? Parce que rare sont celleux qui en parle et il n’existe pratiquement aucune manifestation ou révoltes des quartiers à la suite de violences policières subies par les femmes noires contrairement à ce qui est fait pour les hommes noirs. Un fait qui faisait la une il y a un peu plus d’un an m’avait interpellé, mais cela ne vous a peut-être pas interpellé. Ou peut-être que vous l’avez remarqué mais que vous êtes restées silencieuxs.e.s dans votre coin. Vous vous souvenez de cette affaire de l’enseignant-chercheur de la Sorbonne Guillaume Vadot qui portait plainte contre « abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol » en septembre 2016 ? Voici un article qui traite du sujet pour vous rafraîchir la mémoire au cas où : ici. Est-ce que vous vous souvenez de l’élément déclencheur de l’agression qu’a subi ce professeur ?  Exacte. Peu, s’en souviennent (je fais la go, oklm, y’a rien). Ce professeur s’est fait insulter et agressé de la sorte parce qu’il était en train de filmer une agression policière sur une femme noire de 31 ans :  Marie Florence G (je n’ai pas trouvé son nom de famille, peut-être qu’elle veut rester anonyme…). Cette dernière criait de douleur tout en étant menottée entourée de nombreuxs.e.s policièr.e.s selon le deuxième témoin qui a filmé la scène, Maurice Makwala. Il existerait donc des preuves vidéos de l’interpellation violente à laquelle à fait face Marie Florence G. Et pourtant tout au long du suivi de cette affaire, son nom n’a jamais été évoquée et la violence dont elle a subi non plus. L’attention s’est focalisée massivement sur les violences qu’ont subi le professeur (privilège blanc ah) et Maurice Makwala (privilège d’homme ah). Je voulais partir sur ce point de départ pour montrer à quel point l’invisibilisation des violences policières sur les femmes noires est conséquent. Dans cet exemple-là, on peut voir que même si l’on a des preuves solides, des témoignages et des vidéos, cela ne choque pas et n’intéresse pas le fait qu’une femme noire soit violentée par la police. On peut voir le même traitement dans l’affaire de 2015 lorsqu’un groupe de 18 lycénn.e.s racisé.e.s ont portés plainte pour violences policières. Dans les médias, les voix qui étaient misent en valeur étaient celles des garçons comme on peut le voir ici. On voit que les voix féminines racisées ne comptent pas.

 

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Et plus une femme noire sera à l’intersection des discriminations, plus on se fichera de son vécu et par conséquent des violences policières qu’elle a subi. C’est le cas par exemple des femmes noires pauvres et réfugiées de Calais, dans le Nord de la France qui subissent régulièrement le comportement violent de policièr.e.s. Il est su depuis cette année grâce au rapport rendu publique par l’organisation Human Right Watch, que les violences policières envers les migrant.e.s renoi.e.s à Calais sont quotidiennes. QUOTIDIENNES. Certaines femmes se sont d’ailleurs plusieurs fois plaintes de viol de la part des policièr.e.s. il y avait par ailleurs le témoignage d’une soudanaise noire qui s’était plaint d’avoir été violée par un policier (j’avais trouvé l’article l’an dernier mais il a disparu comme par magie, j’ai seulement le titre : IMMIGRATION. Le fonctionnaire nie avoir abusé d’une jeune Soudanaise qu’il devait accompagner dans un centre de réfugiés-si jamais quelqu’un.e arrive à le retrouver). En plus, du fait qu’elles se fassent harcelées, agressées sexuellement voire violées sur leur camp malgré la répartition en non mixité des tentes, elles ont en plus à confronter les violences policières. Mais bon vu que ce ne sont pas des Théo, ça n’intéresse pas.

 

Parce que la découverte de la culture du viol ne s’est pas faite avec l’affaire Théo pour beaucoup d’entre nous. Il existe en réalité pas mal d’histoires de viols de policiers sur des femmes racisées. Comme celle-ci par exemple. Celle d’une racisée violée par un policier lorsqu’elle était en cellule de dégrisement dans les Yvelines: ici. Il existe d’autres ici dont la race des femmes n’est pas mentionné :  ici et ici.

Ou encore cette femme racisée et non valide qui a été violentée par les policièr.e.s : http://www.bfmtv.com/police-justice/paris-une-mere-de-famille-sourde-et-muette-accuse-des-policiers-de-l-avoir-violentee-1232129.html . Celle-ci également n’aura révolter personne également malheureusement.

Egalement dans le Tumblr Paye Ta Police, il y a pas mal de témoignages de femmes racisées qui dénoncent les violences policières qu’elles ont subi. Pas seulement celles de l’ordre du harcèlement ou de l’agression sexuelle mais également celle d’ordre psychologique et morale.

Comme celle là:

 “Bah c’est bien, ça vous fait un peu de changement, pour une fois que vous n’êtes pas à mendier ou faire mendier vos enfants dans le métro.” Le policer, à qui une jeune femme Rom expliquait avoir été battue à mort par son ex-conjoint, lors d’une tentative de dépôt de plainte pour violences conjugales . Il a finalement refusé de prendre la plainte.

Ou encore celle-ci:

“Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En sortant de soirée, un homme m’a agressée et violée contre un grillage. Il m’avais menacée d’un couteau si je me débattais. J’étais terrorisée. J’ai mis une semaine pour m’en remettre et porter plainte. Au commissariat, dans le bureau j’étais seule avec le policier. Il m’a regardée d’un air sinistre, et m’a dit “Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute ? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En me mettant sa main entre mes jambes et en me touchant. C’était lui qui m’avait violée… j’étais pétrifiée. Il m’avait traitée de sauvage car je suis maghrébine. J’ai essayé de mettre fin à ma vie car j’avais peur de sortir de chez moi… J’ai déménagé et sors peu… je ne fais plus confiance à personne…

 

Et je voulais finir par deux affaires plus récentes, celle de Marie Reine, une femme noire qui s’est faite insultée et agressée par des policièr.e.s mysoginoiristes dont l’histoire figure ici, vous pouvez également trouver son pot commun ici.

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La militaire guadeloupéenne Morgane Blanchet, victime d’harcèlement moral et sexuel dans son camp militaire en printemps 2016, le témoignage de la concernée est ici. A soutenir impérativement! Actuellement, elle a tout perdue, est précaire et vit dans un foyer. Elle a porté plainte au printemps 2017. J’ai pas trouvé de pot commun pour son cas, si il y en a qui trouvent, qu’iels fassent signe.

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Morgane Blanchet

 

Bien sûr ce ne sont pas toutes les violences policières commis sur des femmes noires et racisées qui sont mentionnées ici. Je n’en ai sélectionné que quelques-unes parmi le lot (Google est votre ami). C’était surtout pour montrer que OUI les violences policières contre les femmes noires existent et qu’elles sont largement invisibilisées. Surtout celles qui décident de parler (car on peut comprendre qu’on ait pas d’information de celles qui n’osent pas parler). Et également un article pour inciter à toutes les femmes racisées de faire attention à la police surtout dans le cas où vous pensiez que vous ne pouviez jamais être victime de violences policières parce que vous êtes une femme. L’imaginaire collectif tendant à penser que les violences policières ne soient faites que sur des hommes racisés est à déconstruire. Les femmes noires en France ne bénéficient même pas d’hastag personnalisé pour parler de leurs expériences violentes avec la police du genre #JusticepourThéo et encore moins un hastag genre #Sayhername (comme aux US) pour visibiliser les violences policières faites aux femmes noires. Elles bénéficient encore moins de mobilisation forte (contrairement aux hommes noirs) lorsque ça les concerne. La solidarité afro a ses limites. Personne ne s’intéresse à nous, personne ne marche pour nous. Soyons vigilantes, entraidons-nous et supportons-nous.

Et n’oubliez pas de soutenir Marie Reine avec son pot commun et également Morgane Blanchet !

 

 

 

Kel Lam.

La sorcellerie des bab

 

J’ai pensé à truc dernièrement. De plus en plus de bab se disent intersectionnell.e.s mais comment cela est même possible ?

Je pense que les bab sont vraiment des sheitans, ils ravagent tout sur leur passage, s’approprient tout et le mixe à leur sauce.

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Ca c’est l’image qui illustre le féminisme intersectionnel à la sauce bab, la bab est au centre bien couverte puisqu’à l’aise avec son féminisme bab et les autres follow dans l’ombre et puis on met une renoie quelque part pour montrer                                                         qu’on est inclusives hein                                                        Image prise ici: https://blackvoicesuw.wordpress.com/2016/11/08/how-intersectional-feminism-took-a-back-seat-for-the-2016-election/

Si il existe des féminismes intersectionnelles aujourd’hui, c’est que cela est le fruit d’un besoin vital des femmes racisé.e.s qui se retrouvent à la marge dans ce que l’on entend et comprend lorsque l’on parle de féminisme. Le terme de féminisme seul qui laisse penser dans l’esprit général une centralité sur les femmes blanches occidentales (un peu thuné). Lorsque Kimberley Crenshaw évoque le terme d’intersectionnalité en 89 à l’encontre des femmes noires c’est parce qu’elle part d’une constatation, que les problèmes que rencontrent spécifiquement les femmes noires sont complètement invisibilisés. Parce que pour les femmes racisées, il existe une intersection d’au moins deux discriminations : racisme et sexisme. Sans ajouter d’autres qui peuvent s’entasser : validisme, agisme, classisme… Ce qui fait donc que pour être féministe intersectionnelle, bah faut être racisé.e tout d’abord. LA RACE est au centre de la question de l’intersectionnalité puisque ce sont JUSTEMENT le fait que ces femmes soient racisées qui font qu’elles aient été complètement invisibilisées et effacées des questions féministes. Donc de quel droit les bab se lèvent le matin pour faire leur sorcellerie, s’approprier le concept d’intersectionnalité et lui faire perdre toute sa radicalité et son intérêt? Si t’es bab, tu peux pas te réclamer de l’intersectionnalité, c’est pour les racisé.e.s !!! Et puis de quel droit en plus, les bab se lèvent aussi de travers pour créer des groupes féministes dit inclusifs ???? Genre vous entre bab vous avez choisi que vous étiez inclusifs ??? Que vous étiez des bab tellement déconstruit.e.s, que vous acceptiez d’inclure dans votre groupe les personnes racisé.e.s, non valides, pauvres… Quel groupe minorisé est venu vers vous vous faire une autorisation ? Qui vous a certifié un diplôme en mode c’est bon VOUS ETES L’ELU.E, VOUS ETES L’ALLIE.E ??? Vous vous autodésigné inclusif? allié.e?? Même dans votre fausse inclusivité, c’est vous ensuite qui triez de ce qui relève des oppressions des minorisées ou non ? Dis donc, mais qui vous a menti comme ça qu’on avait besoin du maternalisme blanc pour résister ??

MAIS QUI A DIT AUX BAB QU’I.E.LS ETAIENT LE CENTRE DU MONDE SEIGNEUUUUUUUUUUUUUUUR.. Elles font genre c’est trop stylé, l’intersectionnalité, l’inclusivité mais c’est juste un moyen de nous voler ça pour se mettre ensuite au centre.

Tout le temps-là partout pour mettre leurs têtes aux cheveux fades dans les histoires qui les ne concernent pas. Toujours en train d’approprier les bails des racisé.e.s pour en faire du sale jusqu’à ce que personne ne reconnaisse même l’utilité ou la beauté du bail initiale. Téma l’exemple avec les coiffures kainf, tu vois des bab porter ça sur la tête on dirait qu’i.e.ls ont mis des serpillères qu’i.e.ls ont essayés d’arranger, vraiment ??? Y’en a même qui attachent les pagnes n’importe comment pour aller au travail (alors que nous les renoi.e.s essaient seulement de faire ça..) et sur le chemin quand elles te croisent elles ont le courage de te sourire en mode on est sista hein ??? AAAAAAAAA Et puis les sorcièr.e.s bab qui complotent avec elleux sont tous en mode avec leur accent de bab parisien bobo perché : c’est exotiqueeuu, c’est tellement extra les habits afrikiiin t’as acheté ça ouuù ? c’est-trop-beau ?

 

 

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Les cheveux qui ressemblent à rien, on sait pas si c’est du blé ou de la paille                                       et tout ça toujours sur notre dos                                      Image trouvé sur Google Images.

S’approprier nos coiffures, nos styles, nos vêtements, nos concepts ??? En vrai, c’est quand que vous nous laisser vivre ?? Que vous nous laisser tranquille ?? Même là où on habite maintenant vous venez nous serrer dans nos quartiers de racisé.e.s défavorisés parce que ceuuuu trop pas chers et puis ceu tellement multiculturelleennn, vous avez l’impression de voyager en restant à Pariis hann. Alors que nous on ne vous dérange pas dans vos quartiers de bobo, vous pouvez continuer de vivre chez vous entre vous là-bas. Vous vous ramenez dans nos quartiers vous investissez dans du n’importe quoi cassant l’esprit du quartier à petit feu, à Belleville on nous a enlever notre Tati, notre Fabio Lucci, notre Quick, on nous a mis un SEPHORA ???? Des Bars à Vins ???? C’est ça qu’on tchope ????

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Téma les forts quartiers des racisé.e.s en rouge sur paname comment on est en train de disparaître au profit des vagues bab dessinées en bleu sur la carte (ces vagues vont même vers les logements sociaux weshh …). Et le graphique date d’il y a presque 10 ans, la situation a dû s’aggraver depuis. Dans bientôt i.els resteront pratiquement qu’entre bab et privilégié.e.s sur Paname. GENTRIFICATION = RACISME + CLASSISME

 

Vous vous ramenez comme ça dans nos quartiers, vous vous rendez même pas compte que nous les racisé.e.s on y est en voie de disparition à cause de vous et de l’augmentation des prix. Vous êtes le centre et vous êtes tellement colorblind, on est pire que le paysage aux yeux des bab. Avec la gentrification qui est en train de nous gâter les racisé.e.s défavorisé.e.s de Paris Est et des quartiers nords, on est obligé.e.s de s’évaporer dans des lieux éloignés en Ile de France, peu desservis en transports en commun mais surtout qui rentre dans notre budget. D’ailleurs, j’ai une pensée particulière pour nos quartiers de racisé.e.s dans le 20ème , 19ème , 18ème, 11ème , 10ème et le 12ème qui se vide à vitesse grand V de tous les racisé.e.s pour faire place à des bab bobo racistes fétichistes humanistes avec des sales accents FR perchés. Et pour les racisé.e.s aussi qui vivent dans les logements sociaux dans la soi disante couronne parisienne et qui sont elleux aussi obligés de prendre le large.

 

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La gentrification c’est du racisme.

 

Mais voyez par vous même que partout où les bab passent, tout se casse.

 

 

Kel Lam.

Friendzonage & Gars Frustrés aux Egos Fragiles

 

Le concept de friendzone m’énerve et donc j’ai envie d’en parler.

On l’entend partout. On voit régulièrement des articles fleurir à ce sujet (dont celui-ci ahah), des sons, des tweets, des posts, des sortes de sketchs pseudo-comiques… La plupart des gent.e.s finissent même par croire au fur et à mesure que c’est un concept réel. C’est tellement populaire que c’est devenu courant dans la vie de tous les jours. Surtout chez les hétérosexuell.e.s (et surtout les teubés de mecs cis lààààà) du moins les exemples de friendzonages et autres bêtises assimilées à ce concept sont pris en général chez des personnes cis hétérosexuell.e.s. Pour faire court, c’est un sujet qui serait drôle. On en rit, on se moque, on en parle. Vous comprendrez que je me situe dans cet article dans les exemples exclusif de relation hétéro parce que c’est ce que je connais.

 

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Un vieux gars qui se friendzone parce qu’il a le seum qu’une fille gère un autre gars que lui.

Mais de quoi se moque parle-t-on réellement ?

A croire un peu tout le ramassis que l’on peut faire autour de soi et sur Internet (oui Google est notre ami) concernant cette bêtise, la friendzone est une sorte de zone grise dans laquelle une personne se trouve (souvent un gars cis hétéro – d’où le nombre de sketchs excessifs réalisés par ces derniers pour illustrer leur frustation- archi pathétique) lorsqu’elle est intéressée sexuellement ou amoureusement par une personne  qui ne la considère sous aucun de ces deux aspects. Ce qui est aussi à noter et qui est intéressant et que la friendzone se « déclare » par la personne elle-même et n’a pas réellement de point de départ au sens où cela ne se déclenche pas forcément au moment où la personne B (qui n’a pas d’intérêt amoureux ou sexuel) exprime un non intérêt sexuel ou romantique. C’est la personne A qui détermine la friendzone et la place affective qu’elle a auprès de la personne B au détriment de ce que peut ressentir ou penser la personne B. Cela survient donc en ne prenant pas en compte l’avis exprimé (ou non) et ressenti de la personne B. Sérieusement, quand prend-on en compte l’avis de la personne B dans cette affaire ???

Ah, j’espère que jusque-là vous voyez en quoi cela est problématique ? Oui, le concept des gars frustrés aux ego fragiles autrement dit friendzone ce n’est que le prolongement de la culture du viol qui persiste aujourd’hui dans nos sociétés occidentales. Les gent.e.s qui sont en mode késako culture du viol? Faites des recherches, Google est votre ami, si c’est facile de googoler (or whatever you say…) Beyoncé, c’est aussi facile de googoler la culture du viol. Mais en bref, c’est le fait que l’on soit dans une société dont la culture favorise, approuve voire conforte fortement les pratiques et les attitudes qui conduisent au viol. Là y’en a dernière l’ordi qui sont en mode, mais elle est cheloue, elle ? C’est quoi le rapport avec la friendzone ? Justement c’est TOUT le rapport avec cette histoire de gars frustrés qu’est la friendzone.

Là c’est le moment où j’hétéronormatise à fond puisque ce concept est le fruit de l’hétéronormativité (google est ton ami), il faut prendre des exemples en conséquence de cause. Cette connerie de concept d’ego fragiles qu’est la friendzone néglige totalement le consentement des femmes dans les relations hétérosexuelles. Cela veut dire qu’après même que la femme ait exprimé, clairement, qu’elle n’avait aucun intérêt sexuel ou amoureux pour le mec, ou d’ailleurs comme on l’a dit avant même sans expression d’opinion, le gars se croit de droit de déterminer par lui même une position affective et ou sexuelle auprès de cette même femme. Il se donne cette position en se qualifiant de friendzone, qu’il s’est auto-attribué en imposant sa vision de sa relation qu’il entretient avec cette femme. Il impose ses désirs, il prévaut ses aspirations sexuelles et romantiques sur ceux de la femme. Il refuse d’accepter le « NON » de la femme, le transformant en cette zone grise qu’est la friendzone. En gros, le gars trouve pas normal qu’on lui dise non, puisque de fait, les femmes sont censées être toujours des personnes accessibles et offertes aux hommes et qui ne peuvent sous aucun moyen dire non. Elles finissent forcément par dit oui, elles ne peuvent dire non aux hommes. Et même lorsqu’elles disent non, bah souvent ça veut dire oui, faut juste attendre un peu hein.C’est là tout le raisonnement et le pourquoi de la dangerosité de ce concept de gars frustrés. Accepter qu’une bêtise comme le friendzonage puisse exister c’est refuser aux femmes leur libre disposition sexuelle et affective de leurs corps et de leurs esprits. On le leur refuse parce qu’elles sont forcément à la disposition des hommes.

 

 

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Photo d’une étudiante à une manifestation « Stand With Us » contre la culture du viol à l’université. « Salope » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire OUI. « Friendzone » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire NON.

 

Pourquoi le concept de friendzonage est dangereux ?

 

En plus, que cela est une grave attitude qui favorise la culture du viol, cela aboutit instantanément à une violence exercée envers les femmes. D’où le déferlement d’insultes, de critiques ou de remarques désobligeantes à l’encontre des filles qui auraient soi-disant friendzoner des gars frustrés de s’être manger un NON. Mais aussi il est dangereux d’avoir dans son entourage une personne frustrée à l’égo fragile qui s’autofriendzone. Puisque vous le savez aussi bien que moi, les mecs cis hétérosexuels qui peuvent réellement être amis avec le genre féminin, y’en a vraiment pas beaucoup. Bon nombre d’entre eux ont grandi en apprenant à sexualiser voire hypersexualiser et à romantiser les corps, les attitudes et les pratiques des femmes. Du coup, tout comportement physique ou moral (ou pas forcément d’ailleurs) affectueux, amical que vous pourriez entretenir avec ce frustré pourra être perçu par celui-ci  comme une avance sexuelle ou amoureuse. Parce que dans leurs têtes d’égos fragiles, si elle le tient le bras ça veut dire qu’il y a moyen, si vous faites du shopping ensemble ça veut dire qu’il y a moyen, si elle s’habille court lorsque vous vous voyez bah oui ça veut dire qu’il y a moyen. Frustration & culture du viol puissance x 10.000.

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La « friendzone » n’existe pas. Soit on vous kiffe, soit on vous kiffe pas. Arrêtez d’utiliser le terme « friendzoner » pour cacher le fait qu’on vous kiffe pas.

Donc je rajouterais juste une couche (miskinaa les go, je voulais pas vous déprimer comme ça mais OKLM) sur la dangerosité de ces gars cis hétéro frustrés parce que justement ce sont des hommes cis hétéro frustrés et tout le monde sait que ces êtres maléfiques peuvent être dangereux. Il est su aujourd’hui que la majorité des femmes qui se font agressées sexuellement, le sont par des hommes et surtout des hommes qu’elles connaissent. Ce sont en général des hommes qui leur sont proches, dixit le gars frustré qui s’invente une vie en se friendzonant. Donc là aussi malheureusement, il faut faire attention. Faites gaffe à vous les femmes.

Et non, on va pas masser les égos fragiles des gars frustrés et renforcer la culture du viol en continuant de bavarder de cette connerie de friendzonage, CA N’ EXISTE PAS, POINT FINAL.

 

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J’ai besoin du féminisme parce que le concept « friendzone » se matérialise. Si une fille ne veut pas sortir avec toi, elle n’a rien de mal. Ne la diabolise pas.

 

Kel Lam

Les poils c’est beau :)

 

Les poils ! Sujet qui peut sembler étrange mais en réalité la question des poils devrait être régulièrement abordée puisqu’il s’agit d’une problématique esthétique, sociale, politique mais aussi économique pour les noir-e-s adeptes de l’épilation en Occident. Dans le cas ici, je vais aborder de la pilosité sur les corps dit  féminins .

 

 

Dans le monde occidentalo-blanc, plus précisément celui où nous nous trouvons en France, les poils ne sont pas vus comme beaux. Il faut nécessairement cacher les poils, les enlever, ceux du dos, ceux des jambes, des bras, des aisselles, du menton ou encore du ventre. Partout, partout il faut les arracher, les enlever. Ils sont repoussants, impossible à assimiler à nos corps. Les corps féminins  noires sont soumis à de nombreuses injonctions esthétiques qui ne peuvent être conformes à la réalité de nos corps. Pour tenter de se conformer à cet esthétisme blanc, on a le recours constant à différentes formes d’épilation. Epilation qui peut d’ailleurs aggraver la qualité de votre peau. Par exemple, cela entraîne l’apparition de poils incarnés, de tâches foncées ou encore de blessures dû à l’arrachage de poils et/ou peau. Or, les poils dans différents coins d’Afrique noire (ainsi qu’ailleurs dans le monde) sont perçus comme normal voire comme un signe de beauté. Il est ainsi très commun et normal de croiser des femmes très poilues dans des quartiers de Douala par exemple.

Un exemple ici avec cet article en anglais d’une femme nigériane poilue qui vit très bien sa pilosité.

 

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Poils qui sont le fait de nos corps et NON le fait des produits éclaircissant ou que sais-je. Parce que oui, IL N’Y A PAS QUE LES HOMMES CIS QUI SONT POILUS.

 

Des articles sur la perception du poil sur les corps féminins : ici et ici.

 

Les poils sont historiquement vus comme beaux dans la plupart des communautés d’Afrique noire. Cependant, l’on a pas du tout intégrer cette vision des poils mais plutôt celui de la beauté blanche occidentale oppressive qui nous inculque que la beauté de nos corps se traduit par un corps imberbe. On peut le remarquer régulièrement dans la représentation des corps féminins par les artistes/peintres noires : où se trouve les poils ? Les représentations artistiques, photographiques ne correspondent en rien à la réalité de nos corps. Où sont nos jambes poilues ? Nos aisselles poilues ? Nos seins poilus ? Nos ventres poilus ? Nos sexes poilus ? De même que nos ancêtres, lorsque les reines  sont représentées, étaient-elles poilues ? Les femmes noires de la période pré-coloniale et/ou pré-esclavage ne sont jamais représentées artistiquement avec des poils.

Tu connais ce genre d’images ou de photos que les kamites prophète du kémitisme de Kemet, que les hommes et femmes noir-e-s cis et les soldates noires du patriarcat bénissent matin, midi, soir. Ce genre d’images, de peintures, de photos fort de colorisme représentants des femmes noires imberbes en général jeunes aux traits eurocentriques qui t’énervent. Toi même tu me sais. On se sait.

 

 

On peut d’ailleurs plus loin que les poils et questionner où sont nos cicatrices ? Nos alopécies ? Nos ablations ? Nos vergetures ? Nos vrais kilos ? Nos tâches ? Nos difformités physiques ? Nos boutons? … On est parfait-e-s avec nos imperfections, si vous appréciez tant les corps noirs féminins, montrez que vous nous appréciez pour ce que l’on est vraiment.

 

 

Joue la comme Mo’Nique, joue la comme Amber Amour!

 

 

 

 

 

Malheureusement la fausse perception que l’on a de nos corps, nous la reproduisons et nous la normalisons ce qui est très dangereux. Puisque s’ensuit des regards diaboliques (vreuument), des commentaires désobligeants, vexants voire des insultes à l’égard des personnes aux corps  féminins  assumant leurs poils. Voyez-vous même le paradoxe et la bêtise.

 

#dixitlespronaturelpronappymaisquinabordentenaucuncaslaquestiondelapilositédenoscorps 

Bêtise que l’on peut chercher loin sur nos corps féminins, vous ne vous posez pas souvent la question  pourquoi vous vous épilez  ? Ou pour qui est-ce que vous vous épilez ? Auxquelles on a souvent des réponses toute faite : « parce que c’est beau », « parce que toutes les femmes le font », « parce que les poils ça ne sert à rien », « c’est dégueulasse ce n’est pas propre ». Des réponses toutes faites et vide de sens. Puisque comme on l’a vu tout d’abord les poils c’est aussi esthétique et beau que le sans poil. Ensuite ce n’est pas parce que vous avez l’impression que tout le monde autour de vous fait quelque chose que vous devez forcément le faire. N’ayez pas peur d’oser suivre vos propres normes esthétiques, teintez vos sourcils, vos poils des aisselles, des jambes ! Puis non, les poils ce n’est pas du tout sur nos corps pour rien. Les poils nous servent vitalement pour notre corps, ils ne sont pas là pour rien. En effet, ils nous servent d’abord de barrière contre les différentes températures (chaud, froid), contre les ultraviolets. Les sourcils et les cils par exemple nous servent de protection contre les différentes poussières qui pourraient entrer en contact avec les yeux. Les poils dans différents endroits comme les narines, les oreilles servent de filtre soit auditif ou d’odeur. Les poils au niveau des aisselles et des organes génitaux, eux servent d’antibactérien (donc limite les infections et autres maladies) et de protection d’odorat et à la conservation de l’hydratation de peau.

 

 

 

 

Les poils c’est aussi un moyen, un outil pour voir que là aussi il y a une domination sociale des regards des hommes cis sur les corps  féminins . Pour la plupart des personnes ayant des corps  féminins, lorsqu’elles pensent à l’épilation c’est tout d’abord pour être bien perçu de ses pairs mais surtout des hommes cis hétéro. De ceux qui l’entourent, de ceux qui lui plaisent ou encore de ceux qui partagent sa vie pour être bien vu mais surtout pour paraître présentable et normal-e.

On peut prendre l’exemple de l’épilation pubienne où se trouve les organes génitaux comme une démonstration que même ce qui a de plus privé sur notre corps (vraiment caché en public pour ce coup-ci lol) est quelque chose de publique. D’où nous vient l’idée selon laquelle il faudrait épiler nos sexes ? Où est ce que l’on apprend que les poils sur le sexe c’est moche ? Que se fait un wax brésilien c’est meilleur, c’est sexy ? Merci la pornographie et le regard masculin. Si nombre de personnes pensent l’organe génital normal lorsqu’il est totalement épilé c’est tout d’abord parce que les premières images et vidéos qu’elles regardent ce sont des représentations d’organes génitaux totalement épilés via la pornographie ainsi qu’images et films érotiques. Bien que beaucoup de personnes peuvent tenter de nier, la pornographie y est pour beaucoup dans la représentation que ce font les corps « masculins » de leurs corps mais aussi les corps féminins de leurs corps. Surtout en ce qui concerne les représentations des organes génitaux, non nos sexes ne sont pas tous pas les mêmes et surtout ne ressemblent en rien aux représentations sociales  qui ne sont en rien réaliste.

 

 

 

C’est aussi une question sociale puisque les poils sont aussi un marqueur de maturité des corps pour la plupart d’entre nous. Donc ça nous amène aussi à nous poser la question du pourquoi cette forte volonté d’un corps imberbe (et donc d’enfant) sur des personnes adultes, matures et généralement forcément poilu. Cela amène à voir que la société française est une société pédophile qui ne se voit pas (#JusticePourCais, où en est-on ?). Il existe une obsession, fétichisation et adoration des corps imberbes, sans poils et plus particulièrement des organes génitaux sans poils qui démontrent un parallèle avec la pédophilie dont beaucoup ignorent. L’épilation pubienne rend le corps féminin comme celle d’un enfant, c’est la banalisation de l’adoration d’un corps de jeune enfant (tous les enfants en général n’ayant pas de pilosité sur une grande partie de leurs corps).  En effet, l’épilation intégrale surtout de zone pubienne pour les corps féminins mène à la ressemblance par exemple d’un sexe de jeune fille. Vous voyez le parallèle pédophile ? Il faut vraiment prêter attention sur ces invidividus obsédés du zéro poil qui fétichisent dur les corps totalement épilés.

 

AH oui aussi l’excès de poils (oui à partir de quand dépasse -t-on le barème de la pilosité normale?), surtout sur les corps féminins est perçu comme un dérèglement, une déviance à  l’ordre normal des organes voire comme un signe de virilisme ou de masculinité. Saviez-vous par exemple que l’hyperpilosité est perçue en France comme une maladie ? Comme un dérèglement, quelque chose d’anormal ? Si vous êtes considéré-e comme atteint-e d’hyperpilosité, vous pouvez être pris-e en charge et soigné-e par des médecins compétent-e-s à l’aide d’intervention et de traitement le tout étant remboursé par la Sécurité Sociale.

 

En plus d’un diktat de ce qui est beau ou non c’est aussi une dépossession de nos corps, c’est là que l’on voit que c’est aussi politique. Il s’agit d’un contrôle des corps féminins , de nos corps noir-e-s. Cela montre une vision politique sur nos poils parce que, qu’on le veuille ou non, nos corps féminins noirs ont été les sujets d’une longue histoire d’oppression, de mutilation, de torture et de diktat derrière nous qui trouve son empreinte dans nos sociétés d’aujourd’hui. Nos poils sont aussi politiques que nos cheveux crépus et nos coiffures africaines et antillaises que le monde blanc refuse de voir. Mais qu’aussi bon nombre parmi nous refusons nous mêmes de voir. Se réapproprier un choix  en ce qui concerne nos poils c’est déjà faire un grand pas dans la réappropriation de nos corps. C’est politique puisque ça pose aussi la question de la discrimination au genre en chevauchant sur les questions de pression sociale, virilité, féminité, masculinité et de domination masculine.

 

 

 

 

Combien dépensez-vous par jour, semaine, mois ou année afin d’être parfaitement épiler et conforme à la société ? Vous pourriez économiser en vous épilant moins en espaçant les séances voire en les arrêtant (votre peau vous dira merci lol). Non, sérieusement ne remarquez-vous pas tous ces instituts esthétiques d’épilation et ces produits et accessoires épilatoires en magasins qui coûtent gros dans nos budgets ? Pensez-y et si vous réduisiez voc coûts côté épilation pour vous faire de l’argent pour voyager par exemple? Combien d’entre vous veulent retourner au pays? Faire un retour aux sources ou découvrir un nouveau pays, s’offrir des vraies vacances ou en offrir à un-e proche? C’est possible, avec l’argent économisé de l’épilation, vous pourrez avoir plus de sous pour vos loisirs (ou les factures de fin du mois).

 

 

En bref, ceci n’est pas une injonction pour cesser l’épilation mais plutôt tenter de fournir des axes de critiques afin de démontrer qu’il existe des enjeux du fait de prendre le contrôle de nos choix esthétiques en ce qui concerne les poils. Parce que non il n’y a pas que l’arrêt du défrisage, du lissage brésilien ou autre qui comporte des enjeux pour nous les afrodescendant-e-s noir-e-s. Mais bon je ne suis pas teubée, les corps féminins noirs ont des poils plus foncés, plus voyants et plus durs que la plupart des autres corps féminins racisés ou blancs donc laisser ses poils volontairement c’est aussi accepter le risque d’affronter au quotidien les offuscations, les critiques et les regards. Il faut se préparer mentalement et psychologiquement avant de le réaliser. Peut-être d’ailleurs que nombre d’entre vous ont été tenté-e-s et ne l’ont pas fait. Peut-être que nombre d’entre vous le font mais on honte de le montrer en public. Peut-être que nombre d’entre vous préfèrent une peau sans poils ou légèrement moins poilu que  la normale. En tout cas, le choix est votre. Mais sachez que les poils ce ne sont pas que des poils.

 

 

Je ne sais pas si les personnes non cis et non hétéro sont touché-e-s par ce syndrome oppressif mais petit conseil de copinage comme ça, que tout le monde peut appliquer : si ton chéri supporte pas tes poils, qu’il est la raison pour laquelle tu t’épiles, casses. #YOUKNOWYOUDESERVEBETTERSWEETIE 🙂

 

 

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(non c’est pas moi mais j’ai adoré la photo, btw toutes les photos ont été trouvées sur Google Image).

 

 

 

 

 

Kel Lam.

Les privilèges des hommes noirs: parlons-en!

 

Exclusivement pour la communauté afrodescendante noire, nous pour nous, par nous sans les autres donc pas de comparaisons svp. De plus, les commentaires des autres non noir-e-s ne seront pas répondus pour cet article.

 

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J’ai voulu la représentation d’un groupe d’hommes noirs en contexte français mais Google a fait son négrophobe invisibilisant comme d’habitude. En écrivant « groupe d’hommes noirs » via Google Images, y’avait pratiquement rien ou par ci par là quelques images d’hommes noirs et de colons aux temps des colonies… Comme si il n’y avait pas de groupe d’hommes noirs en France à l’heure actuelle. Bref, j’ai tapé en anglais « group of black men », là le choix était conséquent.

 

 

 

En lisant ce titre, beaucoup se diront mais quelles privilèges ??? Alors qu’en faites, il existe des privilèges dont les hommes noirs disposent, tout comme les hommes de n’importe quel couleur de peau. Même si cela peut paraître paradoxal au vue du système français négrophobe dans lequel on vit, les hommes noirs disposent d’un privilège en tant qu’homme. Pourtant, beaucoup d’hommes noirs oublient, négligent et outrepassent ce privilège bien qu’ils en jouissent au quotidien. Certains réfuteront et diront que cela est impossible du fait de la couleur de peau. Certes, les privilèges dont les hommes noirs disposent ne sont pas aussi conséquent que ceux des hommes blancs voire des autres hommes racisés mais il y en a. Les hommes noirs ont des privilèges et contribuent à la domination consciente ou non des femmes et plus spécifiquement des femmes noires. Malheureusement nombreux sont les hommes noirs qui sont totalement dans le déni quant à leurs privilèges, négligeant ainsi l’oppression –non intentionnelle, je l’espère- qu’ils exercent sur les femmes noires et les autres minorités sexuelles noires. Ainsi, ceux-là tiennent une responsabilité sans même s’en rendre compte dans le système oppressif actuel (qui les oppressent) puisqu’ils y contribuent. Dixit l’adage qu’on connait toutes et tous : l’ennemi de l’homme noir est l’homme noir.

 

D’abord, il advient d’aborder brièvement le terme privilège au regard de la société, il n’est pas forcément à utiliser dans le cadre de l’oppression. On peut trouver des milliards de façon de définir ce qu’est un privilège. Pour ma part, il s’agit surtout avoir un avantage exclusif dans une société donnée à une période donnée du fait des normes édictées par celles-ci, cela peut alors résulter par exemple de notre genre, notre statut social, de notre apparence physique, de notre condition physique, de notre santé mentale, de notre religion, de notre culture, de notre orientation sexuelle, de notre validité… Par exemple, dans une société comme la France, il est plus avantageux d’être un jeune homme noir catholique riche valide et hétérosexuel sans troubles neuropsychologiques qu’être un vieil homme noir pauvre musulman queer ayant une déformation physique. On ne choisit pas d’avoir des privilèges, c’est ce que l’on est. Il en est de même avec la masculinité et le fait d’être homme. Les personnes noires devenu-e-s hommes n’ont pas choisis de l’être et encore moins de bénéficier du privilège de masculinité. Ce privilège de masculinité s’ancre indépendamment de la volonté de ceux qui l’usent. Il est l’avantage dans une société à être un homme. Il existe d’ailleurs dans la sphère francophone que très peu d’articles sur le sujet, malheureusement mais bref.

 

J’avais envie de concentrer cet article sur les privilèges des hommes noirs pour déjà déconstruire cette idée ancrée selon laquelle les privilèges d’hommes ne sont réservés qu’aux hommes blancs. Ensuite, je préfère me concentrer sur les hommes noirs et pas sur les autres hommes racisés parce que tout simplement je suis communautariste (fière de l’être 🙂 ), faut que l’on fasse des textes sur nous pour avancer ensemble.  Aussi parce que le fait que les hommes noirs prennent conscience de leur privilèges, travaillent dessus, peut aider nettement à une amélioration dans les relations (tout domaine confondue) hommes-femmes noires et cela ne peut être que bénéfique pour une meilleure communauté noire française. Puisqu’en vrai de vrai, on a besoin de s’entraider les uns, les autres tout genre confondu.

Les privilèges dont jouissent les hommes noirs traduisent d’une domination inconsciente normalisée et constante en plusieurs domaines. Par exemple, les hommes noirs dominent les institutions religieuses, politiques et culturelles. Sans ajouter que les hommes noirs en France sont les premiers en ligne à propager la mysogynoir (hein, on vous voit sur les réseaux sociaux et le #toutestnoirsaufnosmeuf, non nous n’avons pas oubliées.). Et donc ainsi regrettable de constater une domination envers les femmes noires dans l’abus sexuel, physique, verbal, moral et psychologique.

Il est donc du devoir des concernés de s’interroger sur leurs privilèges, de les déconstruire et d’aider celles qui n’en bénéficient pas voire qui en souffrent. Parce que prendre conscience de ses propres privilèges c’est aussi prendre conscience de la situation des autres et cela aide à la déconstruction d’un système oppressif.

 

Voici donc ci-dessous une courte (un peu longue en faites mais grave intéressante) liste des privilèges que les hommes noirs peuvent avoir. Bien sûr, il existe une diversité d’hommes noirs, les hommes noirs ne sont pas un groupe homogène. L’expérience d’un jeune homme noir athée homosexuel ne peut pas être le même que l’expérience d’un adulte homme noir musulman hétéro. Mais, en dépit de cela il existe des privilèges qui les concernent, tous deux.

 

-Lors des problématiques sociales et/ou politiques, tu n’as pas à choisir ta couleur de peau au détriment de ton genre.

-Quand tu lis des textes concernant l’histoire des Noir-e-s en Europe, aux Amériques, dans les Antilles, en Afrique ou en Asie, tu apprends majoritairement sur les hommes noirs.

-Tu t’es renseigné sur le Mouvement des droits civiques des Africain-e-s-Américain-e-s et du Black Panther Party et la majorité des leaders que tu connais sont des hommes noirs.

– En général, tu es pris beaucoup plus sérieusement en tant qu’une femme noire.

-Tu peux vivre toute ta vie sans lire un livre sur le féminisme noire, le féminisme africain (et le dénigrer).

-Tu peux vivre toute ta vie sans jamais t’intéresser aux auteures, blogueuses, activistes, militantes afroféministes, womanist et féministes noires afrodescendantes ou africaines.

-Tu peux vivre toute une vie sans t’intéresser à l’Histoire et aux expériences de vie des femmes noires dans la diaspora afro descendante noire ainsi qu’en Afrique ou aux Antilles.

-Tu peux vivre toute ta vie sans jamais t’intéresser aux problématiques concernant spécifiquement les femmes noires.

-Tu peux faire parti d’un mouvement noir de libération combattant la négrophobie (ou l’idolâtré), qui soit sexiste et mysogynoir et être OK avec ça, comme par exemple les Black Panther où quelqu’un comme Eldrige Cleaver, violeur affirmé et autoproclamé, avait une position dominante dans l’organisation.

Pour info : il violait les femmes blanches et noires. (Vous pouvez trouvez des citations de sa bibliographie écrite par lui même où il prône le viol et sa haine envers les femmes noires, admet qu’il les violait en masse dans les ghettos. Kathleen Cleaver, son ex-femme a parlé ensuite du problème de colorisme et de la fétichisation des femmes claires au sein de l’organisation et de la haine envers les femmes noires-surtout les plus foncées- quand elle quitta le parti). 

 

-Tu te fais plus d’argent qu’une femme noire du même niveau d’éducation et d’occupation que toi.

-Tu as le privilège de définir la beauté des femmes noires selon des standards occidentalo-blancs en ce qui concerne le teint de peau, la texture des cheveux, la forme du corps. Alors qu’en comparaison, les femmes noires te définissent rarement par des standards de beauté occidentalo-blancs en ce qui concerne ton teint, tes cheveux ou encore ton corps.

-En tant qu’homme noir, tu n’as pas à craindre d’être harcelé quotidiennement sur le fait d’avoir des cheveux qui ne correspondent pas à l’image que l’on attend d’un homme noir. Contrairement aux femmes noires, constamment harcelées à cause de leurs choix capillaires (Hann lala tu fais quoi avec les tissages ? Pourquoi tu veux faire la blanche ? Pourquoi t’es pas nappy ? C’est quoi cet afro ? C’est moche… C’est exotique, j’adore…Tu fais vraiment kamite, j’adore… Ta gueule, on fait ce qu’on veut).

-Ton apparence physique ne sera pas le standard ultime qui représentera ta valeur par les membres du sexe opposé.

-Tu peux croire que faire mal à une femme durant le sexe est synonyme de plaisir sans avoir à lui demander.

-Tu as le privilège ne pas être vierge et désiré une femme vierge.

-Quand le sujet du sexe est abordé, si tu dis « NON », il n’y a aucune chance pour ce que cela soit pris pour un « OUI » refoulé. Quand tu dis NON c’est NON.

-Si tu te fais violé, personne te dira « t’aurais dû te protéger.. » ou que ton viol est de TA FAUTE, que cela est dû à ton code vestimentaire, que cela est dû au fait que tu étais tard le soir dehors, que tu fréquentes des lieux qui ne sont pas pour toi.

-Tu peux avoir un humour ou un langage sexiste, mysogynoir OKLM. Ex : pute, noirtes, tourner le prénom Fatou en insulte… Les imitations humoristiques mysogynoir de ta mère, de ta sœur, bref de toutes les filles noires que tu connais, hein les connaisseurs de YouTube, en général ils mettent une perruque, prennent un accent kinf pourri au tempérament toujours énervée avec un comportement caricatural violent, dur et insultant.

-Tu vis dans un milieu où la polygamie est encore une option dans un monde dominé par les hommes mais où la polyandrie n’est même pas considérée, ne serait-ce qu’en option.

-En général, tu préfères être en relation avec des femmes plus jeunes socialement et sexuellement.

-Plus tu auras des partenaires sexuelles que tu sois en couple ou non, plus tu auras de succès auprès de mon entourage masculin.

-Tu as un accès facile à la pornographie qui implique une sphère virtuelle où l’on y trouve des hommes dégradant des femmes, souvent des jeunes femmes.

-Quand tu vas au cinéma ou que tu regardes les films en streaming, tu sais que la plupart des rôles principaux dans les films de noir-e-s sont tenus par des hommes. Tu sais aussi que les héros de films d’actions de noir-e-s sont des hommes.

-Tu peux facilement citer des artistes de rap hip hop masculins puisque ce sont des artistes d’un genre musical dominé par des hommes noirs.

-Tu peux facilement deviner également que la plupart des femmes qui apparaissent dans des clips hip hop sont seulement présentes pour le plaisir des hommes.

-La majorité des paroles hip-hop que tu écoutes ne font que perpétuer les idées de domination masculine sur les femmes que ce soit sexuellement ou socialement.

-Tu peux écouter et utiliser des mots comme putes et salopes qui dégradent les femmes et qui n’ont pas de portée similaire pour le genre masculin.

-La plupart de tes films favoris impliquent des séquences de forces qui n’incluent pas des individus d’autres genres que le mien et souvent basés sur la violence.

-Tu as le privilège de définir le comportement des femmes noires sans toi-même définir et critiquer tes attitudes en tant qu’homme noir.

-Tu as le privilège de penser qu’une femme ne peut pas éduquer un enfant afin qu’il devienne un homme. Non c’est la place du père, hein ?

-Tu as le privilège de penser qu’une femme doit se soumettre à son homme ou qu’elle existe pour assister son homme. Difficile de penser qu’une femme peut être seule, indépendante sans nécessité d’un homme, hein ?

-Tu as le privilège de penser qu’avant l’esclavage, la colonisation et les invasions étrangères en Afrique, les relations de genre dans la communauté noire africaine étaient parfaites.

-Tu as le privilège de penser que l’afroféminisme, le féminisme noir est contre les hommes noirs et surtout vise à la destruction de la communauté afrodescendante noire. #oulouloucoucouleshotep 🙂

-Tu as le privilège de penser que l’échec d’une famille afrodescendante noire est à cause de la mère, qu’elle n’a pas donné une bonne éducation à ses enfants.

-Tu as le privilège de penser que les responsabilités de la maison (comme tâches ménagères et autres) sont des responsabilités de femmes.

-Tu as le privilège de penser que les femmes noires sont différentes sexuellement des autres femmes, et tu les juges de manière négative à cause de cela.

-Au collège ou au lycée ou à l’université, les filles sont cheerleaders pour les athlètes masculins (si si ça existe aussi en France) mais il n’existe pas de rôles similaires pour les hommes, des cheerleaders pour les femmes athlètes.

-Tu peux passer la majeure partie d’une journée à parler de sports, à jouer aux jeux vidéo pendant que les femmes seront occupées à réaliser des tâches ménagères ou à s’occuper des enfants.

-Tu peux passer des heures sans compter à regarder le sport à la télé et considérer que cela est naturel.

-Tu peux toucher, câliner, embrasser ou être émotionnellement expressive avec d’autres hommes durant un match sans que des observateurs y voient un comportement sexuel.

-Tu sais que la plupart des spécialistes sportifs sont des hommes.

-Si tu es entraîneur, tu peux motiver, punir ou embarrasser un joueur en lui disant qu’il joue comme une fille.

-Tu es sur que la plupart des entraîneurs, même dans les sports majoritairement féminins, sont des hommes.

-Tu as le privilège de faire du sport dehors le torse nu sans que cela soit un problème.

-En faites, tu as le privilège de faire tout ce que tu veux à l’intérieur ou à l’extérieur sans avoir ton haut alors que les femmes sont toujours censées se couvrir.

-Tu as le privilège de faire partie d’un monde dans lequel les mutilations et les défigurations des parties génitales du genre féminin sont utilisés pour dénié leurs sensations sexuelles ou protéger leur virginité pour vous.

-Tu as le privilège que le viol ne soit pas utilisé en tant que tactique première, outil pour terroriser ton genre pendant la guerre et les périodes de conflit.Tu ne subiras jamais le féminicide. Ex le féminicide en RDC ou encore les viols de masse en Amérique latine …

-Tu as le privilège de ne pas être capable de nommer une femme présidente en Afrique ou en Asie, que ce soit dans le passé ou le présent, de la même manière que tu le ferais pour les présidents masculins en Afrique et/ou en Asie.

-Tu as le privilège de voyager partout dans le monde et d’avoir constamment accès dans les pays en développement à des femmes de manière sexuelle et sociale.

-Tu as le privilège de faire partie d’un genre qui commence les guerres et qui contrôlent la majorité des armes de guerre et de destruction de masse.

-Tu sais que plus loin tu iras dans les études, plus tu auras du succès avec les femmes. Ce qui n’est pas le cas pour les femmes envers les hommes.

-Lors de ton entrée à l’université, même pendant tes études à l’université, tu as le privilège de ne pas te soucier si tu pourrais être capable de te marier ou non avec une femme noire voire de te marier tout court.

-Tu peux choisir d’être renfermé, introverti et de ne pas communiquer dans une relation (amicale ou amoureuse, quel que soit) et cela sera considéré comme malheureux/dommage mais normal.

-Tu as le privilège de ne pas connaître la définition des mots et des concepts comme patriarchie, phallocentrique, misogynie, hétéronormativité, complicité, womanism, africana womanism, le féminsme noire.

-Ta force en tant qu’homme n’est jamais liée à l’échec de ta famille alors que la force des femmes noires est souvent associée à l’échec de sa famille.

-Si tu envisages le divorce, tu sais que tu auras forcément plus d’options, d’opportunités de mariage et de cohabitation que mon épouse.

-Il y a beaucoup de chances pour que tu sois définie en tant qu’homme bien à cause de choses que tu ne fais pas plutôt que par des choses que tu fais. Si tu ne frappe pas, ne trompe pas, ne mens pas alors tu es considéré comme étant un mec bien. Alors qu’en comparaison, les femmes sont rarement définies comme étant des femmes bien sur des actions qu’elles ne font pas.

-Tu as le privilège de ne pas à avoir à assumer la majeure partie des taches ménagères et des responsabilités parentales.

-Tu as le privilège de ne pas avoir été éduqué avec des responsabilités domestiques comme cuisiner, faire le ménage, faire la lessive, la vaisselle.

-Tu n’as pas à craindre d’être considéré comme étant un traître envers la communauté noire si jamais tu appelles la police contre une femme noire. Par contre, pour une femme noire, l’histoire est tout autre.  

-Tu as le privilège de connaitre des hommes qui sont psychologiquement, physiquement et ou sexuellement abusif envers les femmes et pourtant tu continues de traîner avec eux OKLM et de les appeler voire les considérer comme tes potes, amis, frères.

 

La liste peut continuer et continuer…

 

Je me suis inspirée de la liste de The Black Male Privileges Checklist de Jewel Woods, un auteur universitaire africain américain. J’en ai traduit quelques-uns et introduit d’autres. Bien sûr, la liste des privilèges peut facilement être élargie.

 

Pour avoir accès à celle écrite par Jewel Woods en anglais (en prenant en compte le contexte africain américain différent du notre): ICI.

 

En espérant que cela pourra en inspirer certains… Qu’ils aideront les autres personnes noires qui ne bénéficient pas de leurs privilèges voire qui en souffrent au quotidien pour le bien être de notre communauté.

 

 

Kel Lam.

 

L’écho des Sistas

 

 

Petit post spécial pour la communauté afrodescendante

 

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Image prise du Facebook de l’Echo des Sistas

 

 

L’Echo des Sistas est un nouveau Tumblr dont j’apprécie énormément l’initiative et de ce fait j’ai décidé de vous le faire partager. Il s’agit d’un Tumblr crée pour les afrodescendant.e.s s’identifiant comme tel.l.e.s. Ce Tumblr n’est pas fait pour les hommes cis. L’Echo des Sistas a pour vocation d’être un espace safe pour les afrodescentant-e-s où ils/elles peuvent écrire leurs échos, leurs pensées, leurs confessions…

 

Etant à peu près sur le même concept que le Tumblr Black Women Confessions, l’Echo des Sistas est une innovation dans l’espace francophone à mon avis. Je n’ai personnellement toujours pas perçu de blog ou d’espace francophone qui permettait de libérer nos paroles. Pour moi, cela est surtout innovant dans le sens où il s’agit d’un espace safe. Il permet ainsi aux afrodescent-e-s d’avoir une plateforme où ils/elles peuvent s’exprimer sans honte, sans peur. On peut ainsi prendre la parole, nous livrer ANONYMEMENT  sur nos expériences, sur nos oppressions, nos sentiments, nos questionnements, nos échecs, nos joies, nos réussites, nos pertes, nos angoissses et notre quotidien. Que ce soit du positif ou du négatif, tout est permis sauf si l’écho est « insultant/haineux, transphobe, misogynoiriste, queerphobe, acephobe(ace pour asexuel.le/aromantique), grossophobe, sexiste(dont slut-shaming), raciste, islamophobe, validiste(physique, psychique & mentale »*.

Bref, une initiative à suivre et à partager!

 

 

Donc les Afrodescendant-e-s, à vos claviers et surtout n’hésitez pas à le faire partager à d’autres sistas.

L’Echo des Sistas sur FACEBOOK TUMBLR 

 

 

*Texte en italique pris du Tumblr de l’Echo des Sistas 

 

 

Kel Lam

 

De la nécessité d’exiger l’égalité d’orgasmes / About the necessity to demand equal orgasms

FEMMES, ARRETEZ DE SIMULER AU LIT! PLAISIR EGAL AU LIT! EGALITE DES ORGASMES!

SCROLL DOWN FOR ENGLISH NOW

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Être féministe c’est vraiment génial, à part le fait qu’une grande partie de l’humanité souhaite ta disparition afin de maintenir le statu quo patriarcal, ça n’a que des avantages. Pratiquer le féminisme me fait questionner en permanence mes rapports avec le sexe opposé, spécialement sur le plan sexuel. Je me considère comme une féministe sexe-positive, je m’intéresse beaucoup au sujet, je fais des recherches et j’en parle beaucoup, surtout avec mes amies femmes ; je suis contente lorsque celles-ci viennent à moi pour des conseils, des opinions, des questions ou juste pour se confier sur l’état de leurs vies sexuelles.

A travers la pratique de  « sororité sexe-positive », je me suis petit à petit rendue compte que l’une des formes d’égalité que femmes oublient souvent d’exiger c’est l’égalité d’orgasmes. Je sais, ce n’est rien de nouveau sous le soleil, mais bien on pourrait croire qu’avec la liberté…

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