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L’utilisation du mot « Black » pour les Noir-e-s de France : une insulte sans nom.

Il est de plus en plus tendance d’appeler « Black » les personnes de couleur noire en France. Et ce malgré le fait qu’il existe déjà un mot dans la langue française pour caractériser ces individus : Noir-e.

Il s’agit d’un anglicisme qui n’évoque rien de bon pour la société française. Tout d’abord, ce mot contribue fortement à l’africainétasunisation des français-e-s noir-e-s. Dès lors, la question noire est vue comme une problématique lointaine. Une problématique qui n’aurait pas lieu d’être dans la société française. Lorsque la question noire est abordée, elle est toujours orientée vers les Etats-Unis. Alors que les problématiques vécues par ces deux communautés que ce soit en France ou aux Etats-Unis ne sont pas les mêmes. Lorsqu’est abordé le sujet des violences policières dont souffrent les Noir-e-s, l’œil français (et encore plus lourdement des Noir-e-s de France malheureusement) est constamment en train de s’apitoyer, de s’émouvoir sur la souffrance des africain étasunien et de les dénoncer. Ce qui est fort légitime. Mais ce qui existe là-bas, existe aussi ici. Peu de ceux qui se plaignent des exactions de la police étasunienne sont là pour dénoncer par exemple les morts de Lamine Dieng, Mahamadou Marega, Aboulaye Camara, Bertrand Nzohabonayo (et bien d’autres sans compter les autres racisé-e-s et les minorités sexuelles). Le mot « Black » est donc parfait pour contourner la question noire en France ainsi que toutes les problématiques qui y sont liées.

Le terme « Black » démontre l’attitude toujours et extrêmement complexé envers les Noir-e-s de France . On sait comment nommer sans froisser, sans vexer, sans choquer. Cela contribue à la marginalisation de ces Noir-e-s. On marginalise les Noir-e-s en les assimilant à des « Black » invisibilisant ainsi leurs expériences racisées. Une marginalisation déjà de fait à cause de la discrimination au faciès. Il y a aussi à travers l’expression de ce terme une forte exotisation des personnes noires. Implicitement, on peut aussi voir un renforcement contemporain de l’imaginaire colonial sur les Noir-e-s dans notre société française qui se cristallise avec ce mot. Comme on peut le voir avec les recherches Google :

Outre la deuxième question sur les Black Eyed Peas, on peut voir que la plupart des questions portent sur la sexualité de l'homme noir ici exotisé.
Outre la deuxième question sur les Black Eyed Peas, on peut voir que la plupart des questions portent essentiellement sur la sexualité de l’homme noir ici exotisé.

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En ce qui concerne les femmes, le mot « Black » n’est pas trouvable dans les termes de recherches sur Google. Tout simplement parce que ce terme a une lourde connotation pornographique. En effet, lorsque vous recherchez « femme black », des sites pornographiques s’affichent dans les résultats. Ainsi, dans les termes de recherches lorsque vous commencez à taper « femme black »,  « Black » sera remplacé par Noire.

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A la question posée (aux personnes Noir-e-s et non Noir-e-s) : Pourquoi dis-tu « Black » ?  La réponse (des Noir-e-s et non Noir-e-s) est souvent : Parce que ça fait mieux, parce que c’est plus stylé, parce que ça fait moins raciste, parce que ça fait plus américain, parce que ça fait plus cool…

Il est de coutume républicaine française de ne pas désigner une personne par sa couleur de peau, de peur de créer des divisions, d’effectuer des catégorisations de la société parce que la République Française se veut « Une et Indivisible ».  Elle se voit comme une société abstraite où nous serions tous des personnages hybrides, identiques, abstrait, laïque et égaux où les questions de race, de classe, de genre (et tout autre question) n’existeraient pas. Une société qui a l’air d’être tout droit sorti d’un film d’horreur cauchemardesque invisibilisant toutes les personnes discriminées par l’ensemble de ces questions.

D’ailleurs, petite parenthèse. Au travers de cette idée de la France, on peut se rendre compte de la peur idiote du communautarisme. Cette peur qui ne vise que les minorités d’en bas. Que des hommes ou femmes blanches se réunissent pour se rencontrer, discuter politique, art, économie ou autre. Cela ne pose pas problème. Mais lorsque que ce sont des hommes ou femmes noir-e-s ou arabes ou bien asiatiques, cela pose automatiquement problème. D’ailleurs, il y a toujours cette peur constante qu’il y ait trop de Noir-e-s dans un lieu public. Ainsi, lors du rassemblement « Je suis Nigérian-e », où les Noir-e-s étaient massivement présent-e-s, il était courant d’entendre : « Il y a tellement de Noir-e-s… C’est chelou ». Ou encore dans d’autres contextes des propos de la part de certain-e-s Blanc-h-e-s : « Je veux bien aller à ta soirée mais faut pas qu’il y ait trop de Noir-e-s », «Je vais pas dans ce genre de quartier, il y a trop de Noir-e-s», «J’aime pas ce genre de quartier, c’est plus Paris là bas, c’est la banlieue, c’est l’Afrique là bas», « J’aime pas ce genre de soirée, les gens sont pas assez diversifiés », « Ah je suis étonnée, j’avais peur, je pensais que je serais la seule Blanche !» « Ah mais non, t’inquiètes ! ». Et pourquoi t’inquiètes ? Parce que si la Blanche se trouve au milieu de Noir-e-s, elle va se faire manger ?

Dire qu’une personne est noire, blanche ou métisse n’est pas raciste. Bien que la race soit une construction résultant de la traite négrière, la question raciale est aujourd’hui un fait que nulle ne peut nier. Du moins, elle est une réalité forcée pour ceux pour qui la race est  centrale au quotidien: les racisé-e-s.

La couleur noire serait tellement lourde à porter qu’il faudrait une échappatoire. Echappatoire que nous tendrait avec le mot « Black ». Un renforcement de la domination exercé sur les Noir-e-s émerge alors avec le consentement de ceux même Noir-e-s qui y contribue en employant aussi ce mot.

Il faut constamment un masque/un ensemble artificiel pour le marginalisé, en l’occurrence ici les Noir-e-s pour pouvoir faire partie « intégrante » de la société française.

Parce que la dénomination que l’on s’attribue ou que l’on attribue aux autres n’est pas veine de conséquences pour soi ou pour les autres et renferme une multitude de problématiques, cessez l’emploi du mot « Black » envers les Noir-e-s.

Articles qui ont déjà évoqués le problème sur le WEB :

Un article de Slate datant de 2012 traite de la question : http://www.slate.fr/story/52115/noir

Un article de African Links 2009 : http://africanlinks.net/2014/02/06/sur-lutilisation-du-terme-black-en-france/

Kel Lam.

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Afropéen-ne ?!

« Afropéen-ne »! C’est le mot du moment. Il ne cesse de prendre de l’ampleur depuis quelques années sur internet. Il commence à prendre une certaine place dans le domaine public. Cette année a eu lieu en Février la première rencontre « Afropéenne » à Paris au Carreau du Temple dans le cadre du festival AfricaParis.

Des articles ont tentés d’élaborer des définitions de ce terme. Ceux de Libération et de Culture Kamite m’ont particulièrement interpellée sur le sujet. En effet, je trouve que les définitions proposées sont loin d’être satisfaisante.

Tout d’abord, celui de Libération . Le contenu reprenant ce qui trame sur la blogosphère n’a pas vraiment d’intérêt mais la définition faite de l’ «Afropéen-ne», si. Vous pouvez consultez l’article ici : http://www.liberation.fr/debats/2015/04/09/afropeen-adj-qualifie-le-fait-d-etre-noir-et-ne-en-europe_1237052 . Il considère «Afropéen» comme un adjectif, au masculin, désignant « un Noir né en Europe ». Noir né en Europe ? Donc la noirceur d’un individu définit obligatoirement son identité? Je suis noir donc je suis Africain ? Donc si je suis Blanche, je suis forcément Européenne ? C’est vrai, j’oubliais des africaines blanches, cela n’existe pas (hein). Déconstruisons ces stéréotypes. La couleur de peau ne définit pas une identité et « l’origine » dans une moindre mesure (le berceau de l’Humanité est l’Afrique pourtant personne ne renvoie un Européen blanc à ses origines africaines, non ? Parce que l’Afrique est assimilée à la couleur noire, les Noir-e-s seront toujours renvoyés à leurs origines africaines contrairement aux Asiatiques, aux Européens…). Une définition très réductrice réalisée qui omet bon nombre d’individus. J’ai alors une pensée particulière pour les Maghrébins, Maghrébines et autres individus non Noir d’origine africaine né en Europe. Mais aussi une pensée pour les Africains vivants en Europe ayant adopté la culture européenne. Et pour finir pensée aussi aux FEMMES NoirES, invisible dans cette définition. On a beau dire qu’à travers la majuscule ajoutée aux mots tels que « Homme », « Noir » la femme est représentée. Je ne le pense pas. Je doute d’ailleurs qu’un homme puisse se sentir représenté à travers la majuscule ajoutée au mot « Femme » ou « Noire » (avec la marque du féminin). Bref, on est en 2015, les représentations comptent, faisons-y attention.

Plusieurs articles (majoritairement) afrocentristes ont élaborés un discours sévère de « l’Afropéanisme« . L’article publié sur le site Culture Kamite est le plus conséquent (et revêt ainsi plus d’intérêt au niveau de l’argumentaire proposé). Il propose une définition sans précédent. Il insulte fermement le terme et ceux qui s’en revendiquent. Déclarant ainsi que «Pour se démarquer de leurs congénères et échapper au mépris, de nombreux Africains vivant dans l’Hexagone se désafricanisent en se faisant appeler Afropéens, une identité artificielle reconnue nulle part. Sourire forcé aux lèvres, ils applaudissent des négrophobes patentés dans l’optique d’obtenir un strapotin». Il ne s’agit pas d’une blague. Vous pouvez le lire ici pour les intéressé-e-s: http://culture-kamite.com/a-force-de-sabreuver-a-la-television-les-afropeens-se-sont-vulnerabilises-ils-succombent-facilement-au-poison/. Les «Afropéen-e-s» seraient alors des personnes « naïves, vulnérables, dociles, complexés, aliénés » dont le seul sujet de conversation (favori du moins) est l’intégration.

La question de l’intégration soulevé ici est pertinente. Il est critiqué le fait pour un-e afrodescendant-e d’aborder le sujet de l’intégration puisqu’il/elle serait de fait entièrement africain-e. Pour contredire cet argumentaire (ou du moins le nuancer), j’invite les intéressé-e-s à porter leur attention sur l’itinéraire de vie de Maryse Condé, qui peut correspondre à bon nombre de français-e-s (ou simplement) afrodescendant-e-s vivant en Europe. En effet, Maryse Condé à son arrivée en France ne parvient pas à se fondre dans la société. En quête d’identité, elle se rendra en Afrique ce qui lui semble logique puisqu’elle considère que ce sont ses origines. Elle pense ainsi résoudre ses interrogations identitaires. Mais arrivée en Afrique, elle est totalement déconnectée de la vie, des cultures et de la vision de la femme qu’ont les Africains. Elle ne peut donc pas s’affirmer Africaine (du moins totalement). Vous pouvez visionner l’intégralité de cette question abordée par Maryse Condé dans le documentaire que je vous ai recommandé plus bas.

Alors, n’ayons pas peur de le dire. Ce n’est pas parce que vos origines sont africaines, que vous êtes forcément présentement (entièrement) africain. Comme je l’ai écrit précédemment, le/la Noir-e est visiblement considéré-e comme Africain-e. Alors que le/la Blanc-he malgré que ses ancêtres soient aussi des Africains ne sera jamais renvoyé à ses origines comme faisant partie intégrante de son identité présente. Je prends en exemple (mais c’en est un parmi tant d’autres), le/la Noir-e qui est en France depuis plusieurs générations en France et qui n’a strictement aucun lien avec l’Afrique. Pour elle/lui, l’Afrique lui semble loin. Cependant, malgré qu’il/elle n’ait aucune attache africaine, en raison de sa couleur de peau, la société lui rappellera sans cesse son « africanité« .


Qu’en penser? 

« Afropéen-e », est un mot valise entre africain et européen intéressant en ce qu’il acte le métissage culturel existant entre l’Afrique, l’Europe voire les Caraïbes. Je ne cesse de le mettre entre guillemets. Et pour cause, on peut s’interroger sur le « pourquoi » d’un mot valise, non ? Pourquoi l’expression africaine-européenne n’est pas plutôt restée ? Est-ce un effet d’américanisation ?

Il est d’usage contemporain d’employer l’expression « africain-e-américain-e» et non « afro-américain-e » lorsque l’on veut parler des noir-e-s américain-e-s. En effet, depuis des années l’expression « afro américain-e » a été largement critiquée par des intellectuelles et militant-e-s noir-e-s américains, car selon eux cette expression tend à minimiser l’héritage et l’identité africaine au profit de l’identité américaine. Avec le terme « Afropéen-e », on fonce tout droit vers la même problématique future, non ? On peut aussi s’interroger sur le fait que cette appellation tend à minimiser l’héritage et l’identité africaine ? On pourrait aussi se demander pourquoi pas un terme tel « Eurafricain-e » plutôt que qu’«Afropéen-e» ? Peut-être qu’après tout le terme « Afro- », forme atrophié d’africain, révèle bien la déportation, l’arrachement (aux origines) ou l’émigration d’un peuple ou bien la forme nouvelle d’une culture qui puise ses origines en Afrique… On peut aussi se demander qui qualifie qui ? Et par rapport à quoi? Les termes sans cesse attribués aux « Noir-e-s » comme « Afropéen », « Afro pessimiste » (ou optimiste d’ailleurs), « Afro-muppie » ne démontrent-elles pas la depersonnalisation des individus? De ces « Noir-e-s » qui sont avant tout des personnes. Personne ne songe à nommer le blanc d’ « Euro pessimiste », d’ « Euro muppie », d' »Europolitain »… On peut alors se demander si ce ne serait pas une énième qualification du/de la Noir-e par rapport au Blanc-h-e (la norme). La perpétuelle construction du/de la Noir-e par rapport au/à la blanc-h-e.

L’ « Afropéanisme » aborde avant tout une question complexe et individuelle : la question identitaire. De tout temps, il y a eu des Africains qui habitaient en Europe. Quelles que soit les périodes, cela existait déjà depuis des siècles donc pourquoi ressentir aujourd’hui le besoin de nommer un phénomène qui se produisait déjà ? Problème identitaire? Problème d’exclusion ? Problème sociétal ? Problème contextuel? Ou bien l’expérience singulière d’un vécu en tant que racisé-e dans un monde majoritairement blanc ? L’expérience du racisé-e peut être collective et partagé, mais l’identité l’est-elle ?

L’identité est aujourd’hui propre à chacun/chacune. Elle est individuelle. Historiquement, l’identité a été un moyen pour l’Etat (dans le cas spécifique français) d’effectuer un contrôle sur les individus. De marquer les individus qui ne se fondent pas dans la société homogène (blanche) pour pouvoir les identifier et les gérer spécifiquement. Comme le sociologue Kauffman le dit, la question qui se pose n’est pas « qui suis-je ? » mais « qui est qui ? ». Ainsi en France, les questions posés sont: Qui est français, qui n’est pas français ? Interprétable en : Qui est donc légitime à rester sur le territoire et qui ne l’est pas ? Avec ces questions, la figure de « l’immigré-e » et des français-e-s non blanc-h-e-s (« pas de souches » comme dirait certains) viennent directement à l’esprit des personnes instrumentalisées, aliénées ou bénéficiaire du système. Ainsi, l’identité telle qu’elle nous est présenté aujourd’hui vise toujours à exclure.

La construction identitaire est et a toujours été une question de socialisation. L’individu est construit par la société globale et locale, c’est la société qui forme et transforme les individus. Il est ensuite difficile à l’âge adulte de déconstruire cette socialisation (surtout en ce qui concerne le genre). Nous nous construisons tous individuellement par rapport à notre environnement social puis à notre histoire de vie.

Pourquoi je parle de cela ? Parce que s’identifier, se définir c’est se construire et se donner une perspective de vie (future).

Exemple : si je suis née en France, à Paris, dans un milieu dit « populaire » et que je me considère Africaine, qu’en parallèle je développe à l’extrême ma culture africaine, que je multiplie mes séjours dans mon pays d’origine et que je ne sens aucune appartenance à la nation française (pour raisons X ou Y, souvent la discrimination raciale, l’exclusion ou tout simplement l’amour du pays d’origine), de fait je ne me vois pas avoir un futur en France. J’aspire seulement à un « retour aux origines », au « Bled », à mon pays d’origine. C’est caricatural, mais c’est pour la compréhension du propos.

L’identité oriente la vie des individus. Elle aide à se construire et à se projeter dans un avenir. En cela le terme « Afropéen-e » est intéressant puisqu’il permet de donner à l’individu racisé-e (qui le souhaite et/ou qui en a besoin) une perspective de vie (et identitaire) dans une Europe encore trop ancrée dans sa blancheur. Le racisé-e étant un individu invisible dans les sociétés européennes. Il permet en un sens de valoriser culturellement l’appartenance à deux cultures. Certaines personnes qui ont du mal à se positionner face à leurs identités africaines et européennes (en concurrence ?) trouvent un certain confort, un bien être avec le terme « Afropéen-e ». C’est un fait, le mot « Afropéen-e » est un terme légitime. Cependant ne nous emballons pas. Méfions-nous des étiquettes. Comprenons les sceptiques (la peur d’être enfermé-e dans une nouvelle catégorie identitaire non choisie). Bien souvent, lorsque les étiquettes sont institutionnalisés, elles se retournent contre le dominé. Ne serait-ce pas une énième dénomination pour se démarquer de la société européenne, française? Ou au contraire une dénomination permettant de favoriser l’intégration? Il serait ainsi peut être judicieux de ne pas s’enfermer totalement dans l’identité afropéenne. Non ?

D’ailleurs, n’avons-nous pas des identités plurielles ?

Nous nous trouvons dans une époque où il est «obligatoire» d’être conforme. Obligatoire de se positionner. De montrer que l’on rentre dans une identité unique. Ceux qui ne rentrent pas dans une identité spécifique sont souvent mal perçus.

L’identité est multiforme, complexe, temporelle, construite et donnée. Nous avons de fait plusieurs appartenances. L’identité est à la fois sociale, génétique, sexuelle, biologique, politique, religieuse, culturelle, psychologique, ethnique…Nous pouvons alors nous définir comme française, maltais, hétérosexuelle, nigériane, transsexuelle, queer, africaine, républicaine, lesbienne, ouvrière, femme, homme, noire, arabe, chrétienne, juive, socialiste, musulmane, asiatique, mandingue, berbère, libérale, basaa, bouddhiste, conservatrice, homosexuel, bambara, métisse, bretonne, européenne, wenzhou… Vous me suivez ? Il existe une multiplicité d’identité (libre à chacun de les hiérarchiser ou non), explorons les toutes. La diversité, c’est la richesse !


Remarque 

Dans des sociétés majoritairement blanches, les personnes de couleur noire sont sans cesse en quête (d’une nouvelle ?) identité. Elles sont toujours en train de se réinventer ou de subir une dénomination identitaire venue de l’extérieure (voire de ses semblables, racisme intériorisé quand tu nous tiens !) en fonction du pays «blanc» elles se trouvent. Ainsi, en France (parmi ceux qui me viennent directement à l’esprit) on retrouve ces mots là : nègre, renoi, négresse, esclave, niafou, fatou, mamadou, bounty, noire, afropolitain, noir, afropéenne, black, négro, karlouche… (Vous en avez d’autres en tête ?)

L’idée principale est donc qu’il faut faire attention à ce que le terme d’ « Afropéen-e » ne devienne pas un moyen d’asservissement (d’exclusion aussi ?) ou d’aliénation à notre encontre dans une société qui nous est déjà assez difficile en tant que racisé-e. Mais l’intérêt serait aussi de comprendre à l’envers pourquoi est-ce que ce terme à émerger.

L’emploi d’ «Afropéen-e » n’est-il pas en réalité la démonstration explicite de la difficile intégration du racisé-e (ou plus particulièrement du/de la Noir-e puisque ce sont eux les principaux visés dans les articles et ils le seront dans les articles futures) dans une société majoritairement blanche ? Ne pose-t-elle pas le problème du racisme au sein même de ce qu’être Français/Française ? De la question du synonyme entre français et blancheur et la difficulté pour cette société d’assimiler les racisé-e-s en tant que français ? Et n’est-elle pas une stigmatisation en devenir? Une dénomination qui visera à l’exclusion ? Ou bien à l’inclusion de ce groupe qui se revendique comme tel?

A votre avis ?

La Réflexion s’impose.


Pour approfondir (les intéressés et intéressées) :

Bien sûr, d’autres textes (ou documentaire) conviennent au sujet mais ceux là illustre la réflexion proposée dans cet article.

Autour de la « question identitaire noir » en France :

Noirs, l’identité au cœur de la question noire réalisé par Arnaud Ngatcha : documentaire d’à peu près une heure très intéressant à visionner (ou re-visionner) attentivement. Il est en plusieurs parties sur Dailymotion.

Autour de la question identitaire :

Kaufmann Jean-Claude,« L’identité », in Joyce Ain , Identités, ERES « Hors collection », 2009 p. 55-63. DOI : 10.3917/eres.ain.2009.01.0055

Pape Virginie,« Identités plurielles ou l’Odyssée de notre Vie », in Joyce A , Identités, ERES « Hors collection », 2009 p. 65-78. DOI : 10.3917/eres.ain.2009.01.0065 : lire surtout jusqu’à la page 72, la partie domaine animalier pour les courageux est tout aussi intéressante

Kel lam.

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