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Cela faisait un moment que je voulais écrire un article à ce sujet mais faute de temps, j’ai toujours décalé l’écriture et la publication de cet article qui me tient pourtant à cœur : les violences policières sur les femmes racisées, et plus particulièrement les femmes noires en France. Pourquoi ? Parce que rare sont celleux qui en parle et il n’existe pratiquement aucune manifestation ou révoltes des quartiers à la suite de violences policières subies par les femmes noires contrairement à ce qui est fait pour les hommes noirs. Un fait qui faisait la une il y a un peu plus d’un an m’avait interpellé, mais cela ne vous a peut-être pas interpellé. Ou peut-être que vous l’avez remarqué mais que vous êtes restées silencieuxs.e.s dans votre coin. Vous vous souvenez de cette affaire de l’enseignant-chercheur de la Sorbonne Guillaume Vadot qui portait plainte contre « abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol » en septembre 2016 ? Voici un article qui traite du sujet pour vous rafraîchir la mémoire au cas où : ici. Est-ce que vous vous souvenez de l’élément déclencheur de l’agression qu’a subi ce professeur ?  Exacte. Peu, s’en souviennent (je fais la go, oklm, y’a rien). Ce professeur s’est fait insulter et agressé de la sorte parce qu’il était en train de filmer une agression policière sur une femme noire de 31 ans :  Marie Florence G (je n’ai pas trouvé son nom de famille, peut-être qu’elle veut rester anonyme…). Cette dernière criait de douleur tout en étant menottée entourée de nombreuxs.e.s policièr.e.s selon le deuxième témoin qui a filmé la scène, Maurice Makwala. Il existerait donc des preuves vidéos de l’interpellation violente à laquelle à fait face Marie Florence G. Et pourtant tout au long du suivi de cette affaire, son nom n’a jamais été évoquée et la violence dont elle a subi non plus. L’attention s’est focalisée massivement sur les violences qu’ont subi le professeur (privilège blanc ah) et Maurice Makwala (privilège d’homme ah). Je voulais partir sur ce point de départ pour montrer à quel point l’invisibilisation des violences policières sur les femmes noires est conséquent. Dans cet exemple-là, on peut voir que même si l’on a des preuves solides, des témoignages et des vidéos, cela ne choque pas et n’intéresse pas le fait qu’une femme noire soit violentée par la police. On peut voir le même traitement dans l’affaire de 2015 lorsqu’un groupe de 18 lycénn.e.s racisé.e.s ont portés plainte pour violences policières. Dans les médias, les voix qui étaient misent en valeur étaient celles des garçons comme on peut le voir ici. On voit que les voix féminines racisées ne comptent pas.

 

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Et plus une femme noire sera à l’intersection des discriminations, plus on se fichera de son vécu et par conséquent des violences policières qu’elle a subi. C’est le cas par exemple des femmes noires pauvres et réfugiées de Calais, dans le Nord de la France qui subissent régulièrement le comportement violent de policièr.e.s. Il est su depuis cette année grâce au rapport rendu publique par l’organisation Human Right Watch, que les violences policières envers les migrant.e.s renoi.e.s à Calais sont quotidiennes. QUOTIDIENNES. Certaines femmes se sont d’ailleurs plusieurs fois plaintes de viol de la part des policièr.e.s. il y avait par ailleurs le témoignage d’une soudanaise noire qui s’était plaint d’avoir été violée par un policier (j’avais trouvé l’article l’an dernier mais il a disparu comme par magie, j’ai seulement le titre : IMMIGRATION. Le fonctionnaire nie avoir abusé d’une jeune Soudanaise qu’il devait accompagner dans un centre de réfugiés-si jamais quelqu’un.e arrive à le retrouver). En plus, du fait qu’elles se fassent harcelées, agressées sexuellement voire violées sur leur camp malgré la répartition en non mixité des tentes, elles ont en plus à confronter les violences policières. Mais bon vu que ce ne sont pas des Théo, ça n’intéresse pas.

 

Parce que la découverte de la culture du viol ne s’est pas faite avec l’affaire Théo pour beaucoup d’entre nous. Il existe en réalité pas mal d’histoires de viols de policiers sur des femmes racisées. Comme celle-ci par exemple. Celle d’une racisée violée par un policier lorsqu’elle était en cellule de dégrisement dans les Yvelines: ici. Il existe d’autres ici dont la race des femmes n’est pas mentionné :  ici et ici.

Ou encore cette femme racisée et non valide qui a été violentée par les policièr.e.s : http://www.bfmtv.com/police-justice/paris-une-mere-de-famille-sourde-et-muette-accuse-des-policiers-de-l-avoir-violentee-1232129.html . Celle-ci également n’aura révolter personne également malheureusement.

Egalement dans le Tumblr Paye Ta Police, il y a pas mal de témoignages de femmes racisées qui dénoncent les violences policières qu’elles ont subi. Pas seulement celles de l’ordre du harcèlement ou de l’agression sexuelle mais également celle d’ordre psychologique et morale.

Comme celle là:

 “Bah c’est bien, ça vous fait un peu de changement, pour une fois que vous n’êtes pas à mendier ou faire mendier vos enfants dans le métro.” Le policer, à qui une jeune femme Rom expliquait avoir été battue à mort par son ex-conjoint, lors d’une tentative de dépôt de plainte pour violences conjugales . Il a finalement refusé de prendre la plainte.

Ou encore celle-ci:

“Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En sortant de soirée, un homme m’a agressée et violée contre un grillage. Il m’avais menacée d’un couteau si je me débattais. J’étais terrorisée. J’ai mis une semaine pour m’en remettre et porter plainte. Au commissariat, dans le bureau j’étais seule avec le policier. Il m’a regardée d’un air sinistre, et m’a dit “Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute ? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En me mettant sa main entre mes jambes et en me touchant. C’était lui qui m’avait violée… j’étais pétrifiée. Il m’avait traitée de sauvage car je suis maghrébine. J’ai essayé de mettre fin à ma vie car j’avais peur de sortir de chez moi… J’ai déménagé et sors peu… je ne fais plus confiance à personne…

 

Et je voulais finir par deux affaires plus récentes, celle de Marie Reine, une femme noire qui s’est faite insultée et agressée par des policièr.e.s mysoginoiristes dont l’histoire figure ici, vous pouvez également trouver son pot commun ici.

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La militaire guadeloupéenne Morgane Blanchet, victime d’harcèlement moral et sexuel dans son camp militaire en printemps 2016, le témoignage de la concernée est ici. A soutenir impérativement! Actuellement, elle a tout perdue, est précaire et vit dans un foyer. Elle a porté plainte au printemps 2017. J’ai pas trouvé de pot commun pour son cas, si il y en a qui trouvent, qu’iels fassent signe.

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Morgane Blanchet

 

Bien sûr ce ne sont pas toutes les violences policières commis sur des femmes noires et racisées qui sont mentionnées ici. Je n’en ai sélectionné que quelques-unes parmi le lot (Google est votre ami). C’était surtout pour montrer que OUI les violences policières contre les femmes noires existent et qu’elles sont largement invisibilisées. Surtout celles qui décident de parler (car on peut comprendre qu’on ait pas d’information de celles qui n’osent pas parler). Et également un article pour inciter à toutes les femmes racisées de faire attention à la police surtout dans le cas où vous pensiez que vous ne pouviez jamais être victime de violences policières parce que vous êtes une femme. L’imaginaire collectif tendant à penser que les violences policières ne soient faites que sur des hommes racisés est à déconstruire. Les femmes noires en France ne bénéficient même pas d’hastag personnalisé pour parler de leurs expériences violentes avec la police du genre #JusticepourThéo et encore moins un hastag genre #Sayhername (comme aux US) pour visibiliser les violences policières faites aux femmes noires. Elles bénéficient encore moins de mobilisation forte (contrairement aux hommes noirs) lorsque ça les concerne. La solidarité afro a ses limites. Personne ne s’intéresse à nous, personne ne marche pour nous. Soyons vigilantes, entraidons-nous et supportons-nous.

Et n’oubliez pas de soutenir Marie Reine avec son pot commun et également Morgane Blanchet !

 

 

 

Kel Lam.

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La sorcellerie des bab

 

J’ai pensé à truc dernièrement. De plus en plus de bab se disent intersectionnell.e.s mais comment cela est même possible ?

Je pense que les bab sont vraiment des sheitans, ils ravagent tout sur leur passage, s’approprient tout et le mixe à leur sauce.

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Ca c’est l’image qui illustre le féminisme intersectionnel à la sauce bab, la bab est au centre bien couverte puisqu’à l’aise avec son féminisme bab et les autres follow dans l’ombre et puis on met une renoie quelque part pour montrer                                                         qu’on est inclusives hein                                                        Image prise ici: https://blackvoicesuw.wordpress.com/2016/11/08/how-intersectional-feminism-took-a-back-seat-for-the-2016-election/

Si il existe des féminismes intersectionnelles aujourd’hui, c’est que cela est le fruit d’un besoin vital des femmes racisé.e.s qui se retrouvent à la marge dans ce que l’on entend et comprend lorsque l’on parle de féminisme. Le terme de féminisme seul qui laisse penser dans l’esprit général une centralité sur les femmes blanches occidentales (un peu thuné). Lorsque Kimberley Crenshaw évoque le terme d’intersectionnalité en 89 à l’encontre des femmes noires c’est parce qu’elle part d’une constatation, que les problèmes que rencontrent spécifiquement les femmes noires sont complètement invisibilisés. Parce que pour les femmes racisées, il existe une intersection d’au moins deux discriminations : racisme et sexisme. Sans ajouter d’autres qui peuvent s’entasser : validisme, agisme, classisme… Ce qui fait donc que pour être féministe intersectionnelle, bah faut être racisé.e tout d’abord. LA RACE est au centre de la question de l’intersectionnalité puisque ce sont JUSTEMENT le fait que ces femmes soient racisées qui font qu’elles aient été complètement invisibilisées et effacées des questions féministes. Donc de quel droit les bab se lèvent le matin pour faire leur sorcellerie, s’approprier le concept d’intersectionnalité et lui faire perdre toute sa radicalité et son intérêt? Si t’es bab, tu peux pas te réclamer de l’intersectionnalité, c’est pour les racisé.e.s !!! Et puis de quel droit en plus, les bab se lèvent aussi de travers pour créer des groupes féministes dit inclusifs ???? Genre vous entre bab vous avez choisi que vous étiez inclusifs ??? Que vous étiez des bab tellement déconstruit.e.s, que vous acceptiez d’inclure dans votre groupe les personnes racisé.e.s, non valides, pauvres… Quel groupe minorisé est venu vers vous vous faire une autorisation ? Qui vous a certifié un diplôme en mode c’est bon VOUS ETES L’ELU.E, VOUS ETES L’ALLIE.E ??? Vous vous autodésigné inclusif? allié.e?? Même dans votre fausse inclusivité, c’est vous ensuite qui triez de ce qui relève des oppressions des minorisées ou non ? Dis donc, mais qui vous a menti comme ça qu’on avait besoin du maternalisme blanc pour résister ??

MAIS QUI A DIT AUX BAB QU’I.E.LS ETAIENT LE CENTRE DU MONDE SEIGNEUUUUUUUUUUUUUUUR.. Elles font genre c’est trop stylé, l’intersectionnalité, l’inclusivité mais c’est juste un moyen de nous voler ça pour se mettre ensuite au centre.

Tout le temps-là partout pour mettre leurs têtes aux cheveux fades dans les histoires qui les ne concernent pas. Toujours en train d’approprier les bails des racisé.e.s pour en faire du sale jusqu’à ce que personne ne reconnaisse même l’utilité ou la beauté du bail initiale. Téma l’exemple avec les coiffures kainf, tu vois des bab porter ça sur la tête on dirait qu’i.e.ls ont mis des serpillères qu’i.e.ls ont essayés d’arranger, vraiment ??? Y’en a même qui attachent les pagnes n’importe comment pour aller au travail (alors que nous les renoi.e.s essaient seulement de faire ça..) et sur le chemin quand elles te croisent elles ont le courage de te sourire en mode on est sista hein ??? AAAAAAAAA Et puis les sorcièr.e.s bab qui complotent avec elleux sont tous en mode avec leur accent de bab parisien bobo perché : c’est exotiqueeuu, c’est tellement extra les habits afrikiiin t’as acheté ça ouuù ? c’est-trop-beau ?

 

 

culture-app
Les cheveux qui ressemblent à rien, on sait pas si c’est du blé ou de la paille                                       et tout ça toujours sur notre dos                                      Image trouvé sur Google Images.

S’approprier nos coiffures, nos styles, nos vêtements, nos concepts ??? En vrai, c’est quand que vous nous laisser vivre ?? Que vous nous laisser tranquille ?? Même là où on habite maintenant vous venez nous serrer dans nos quartiers de racisé.e.s défavorisés parce que ceuuuu trop pas chers et puis ceu tellement multiculturelleennn, vous avez l’impression de voyager en restant à Pariis hann. Alors que nous on ne vous dérange pas dans vos quartiers de bobo, vous pouvez continuer de vivre chez vous entre vous là-bas. Vous vous ramenez dans nos quartiers vous investissez dans du n’importe quoi cassant l’esprit du quartier à petit feu, à Belleville on nous a enlever notre Tati, notre Fabio Lucci, notre Quick, on nous a mis un SEPHORA ???? Des Bars à Vins ???? C’est ça qu’on tchope ????

Gentrification_Paris
Téma les forts quartiers des racisé.e.s en rouge sur paname comment on est en train de disparaître au profit des vagues bab dessinées en bleu sur la carte (ces vagues vont même vers les logements sociaux weshh …). Et le graphique date d’il y a presque 10 ans, la situation a dû s’aggraver depuis. Dans bientôt i.els resteront pratiquement qu’entre bab et privilégié.e.s sur Paname. GENTRIFICATION = RACISME + CLASSISME

 

Vous vous ramenez comme ça dans nos quartiers, vous vous rendez même pas compte que nous les racisé.e.s on y est en voie de disparition à cause de vous et de l’augmentation des prix. Vous êtes le centre et vous êtes tellement colorblind, on est pire que le paysage aux yeux des bab. Avec la gentrification qui est en train de nous gâter les racisé.e.s défavorisé.e.s de Paris Est et des quartiers nords, on est obligé.e.s de s’évaporer dans des lieux éloignés en Ile de France, peu desservis en transports en commun mais surtout qui rentre dans notre budget. D’ailleurs, j’ai une pensée particulière pour nos quartiers de racisé.e.s dans le 20ème , 19ème , 18ème, 11ème , 10ème et le 12ème qui se vide à vitesse grand V de tous les racisé.e.s pour faire place à des bab bobo racistes fétichistes humanistes avec des sales accents FR perchés. Et pour les racisé.e.s aussi qui vivent dans les logements sociaux dans la soi disante couronne parisienne et qui sont elleux aussi obligés de prendre le large.

 

gentrification
La gentrification c’est du racisme.

 

Mais voyez par vous même que partout où les bab passent, tout se casse.

 

 

Kel Lam.

Où sont-ils ? Où sont-elles ?

Où sont celles et ceux qui se plaignent constamment sur les réseaux sociaux? Celles et ceux qui se plaignent de la différence de traitement accordée aux racisé-e-s en France. Enfin… Qui se plaignent surtout des violences policières aux Etats-Unis oubliant d’ailleurs que nombre de leurs concitoyen-e-s français-e-s subissent le même sort. La différence est qu’il n’y a pas d’intérêt réel des individus, des médias sur ce qui se passe en France en ce qui concerne les questions sociales qui frappent directement les racisé-e-s.

JUSTICE FOR TAMIR RICE! JUSTICE FOR ERIC GARNER! JUSTICE FOR AIYANA JONES! #BLACKLIVESMATTER #SAYHERNAME. OK.

Mais j’aimerais aussi voir ceci en France (et aux Etats-Unis ainsi que partout dans le Monde, pourquoi pas, hein!):

JUSTICE FOR LAMINE DIENG! JUSTICE FOR MAHAMADOU MAREGA! JUSTICE FOR TIMOTHEE LAKE! JUSTICE FOR TINA SEBAA! JUSTICE FOR ZYED & BOUNA! #NIOUBLINIPARDON #LESVIESRACISEESFRANCAISESCOMPTENT 

Beaucoup parlent, beaucoup blogguent et rebbloguent, beaucoup gueulent, beaucoup tweetent, beaucoup retweetent, beaucoup partagent, beaucoup postent, beaucoup like, beaucoup participent aux événements. Mais peu marchent, peu soutiennent réellement.  Lors des marches de soutiens ou de revendications réclamant la justice, les voix du web sont absents. De vrai-e-s fantômes.

La dernière marche en date, la voici.

La 8ème année consécutive de marche en commémoration pour Lamine Dieng, tué par les policiers du 20ème arrondissement de Paris. 

photo prise lors de la marche.
photo prise lors de la marche.

Il existe une vidéo qui retrace la marche du 20 juin contre les violences policières. Avec pour porte parole, la sœur de Lamine DIENG, Ramata DIENG (FB du Collectif Cases Rebelles).

Lamine DIENG était un jeune homme de 25 ans lorsqu’il a été tué dans un fourgon de police par des policiers du 20ème arrondissement. La justice française n’a toujours pas rendu une décision établissant la vérité dans cette affaire. Après 8 ans de procès, le 17 juin dernier, un NON LIEU a été confirmé par la Chambre de l’instruction de la Cour d’Appel de Paris pour les policiers meurtriers. La famille a donc décidé de se pourvoir en cassation.

Malheureusement, il ne s’agit pas d’une affaire isolée en France. Au contraire, des affaires Lamine Dieng, il y en a trop (FB). Bastamag a d’ailleurs réalisé une frise qui tente de retracer les homicides commis par la police.

Ceux qui pensent qu’ils ou qu’elles ne sont pas concerné-e-s parce qu’ils ou qu’elles ne sont pas noir-e-s ou maghrébin-e-s ont tord. Vraiment tord. Surtout que la couleur de peau n’est pas un obstacle au soutien, à l’entraide et à la solidarité.

Celles qui pensent qu’elles ne sont pas concernées parce qu’elles ne sont pas des hommes ont tord. Ce n’est pas parce que votre genre n’est pas particulièrement visé par les actes d’injustices que vous ne pouvez pas vous manifestez. Le genre ne doit pas être un déterminisme de mobilisation. Ainsi ceux qui pensent qu’ils ne peuvent pas manifester contre les viols massifs au Congo et contre les violences faites aux femmes dans le monde, ont tord.

Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng lors de la marche contre les violences policières et en commémoration  à son frère
Ramata Dieng, sœur de Lamine Dieng lors de la marche contre les violences policières et en commémoration à son frère

Le hip hop, les vêtements indiens, le street art, le rap, l’afrobeat, le wax, l’épilation au fil, l’afro, le dashiki, les cultures urbaines, le henné, la cuisine maghrébine, la cuisine asiatique, les soirées hip hop… Tout ce qui provient des quartiers dit « populaires » , des banlieues et des racisé-e-s est continuellement exposé et à la « mode ». Par contre, les expériences des individus provenant de ces lieux ne sont que rarement visibles, elles sont constamment caché-e-s. On ne s’y intéresse pas, à croire qu’il s’agirait d’un malaise honteux à cacher. Or il n’y a rien d’honteux et il n’y a pas de malaise à avoir.

Il n’y a pas de honte ou de malaise à avoir subi le racisme, la négrophobie, le sexisme, l’asiaphobie, la misogynoir, la grossophobie, l’islamophobie ou autre forme de discrimination. Il n’y a pas de honte  à avoir été battu-e. Il n’y a pas de honte à avoir été violé-e. Il n’y a pas de honte à avoir été volé-e. Il n’y a pas de honte à avoir subi de l’injustice. Il n’y a pas de honte à avoir été insulté-e. Et ce quelque soit la personne ou le groupe d’individus qui effectuent cela envers vous. Ce doit être les auteurs de ces faits qui doivent avoir honte et ressentir le malaise.

Il faut cesser d’avoir peur. Peur de dénoncer ? Peur de manifester ? Peur de soutenir? Peur de revendiquer? Peur de la police? Peur de redresser l’échine? Peur des conséquences? Peur d’être fiché-es? Peur de mourir ?

Quelque soit la peur qui vous habite, un jour ou l’autre, il faudra l’affronter. Parce que la peur ne doit pas contraindre nos vies. Nous, la population civile avons les cartes en jeu et avons les moyens d’agir en tant que masse populaire.

Info de dernière minute: Nous sommes DEJA TOUS fiché-e-s! Nous allons TOUS mourir! C’est seulement la manière dont cette mort va s’abattre sur nous que l’on ne connait pas.

En espérant que les nombreuses voix fantomatiques du web se manifestent enfin dans la rue aux côtés de celles et ceux qui osent dénoncer, soutenir, revendiquer et redresser l’échine, je vous laisse sur cette image.

Photo du cortège de la marche faisant face à la police du 20ème arrondissement, en face du commissariat où les policiers meurtriers sont toujours en exercice et ont été promu et gradé. Ceci était un rappel de notre mécontentement des violences qu'elle effectue. Et un rappel que nous n'oublions pas Lamine DIENG.
Photo du cortège de la marche faisant face à la police du 20ème arrondissement, en face du commissariat où les policiers meurtriers sont toujours en exercice et ont été promu et gradé. Ceci était un rappel de notre mécontentement des violences qu’elle effectue. Et un rappel que nous n’oublions pas Lamine DIENG.

D’ailleurs, j’en profite pour féliciter celles et ceux qui osent dénoncer, soutenir, revendiquer et redresser l’échine même en petit nombre, qui bravent la peur (ou qui n’ont pas peur), les interdits et l’autorité. J’espère que toutes vos luttes aboutiront.

Kel Lam.

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