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She’s gotta have it but i’m not having it

ATTENTION SPOILERS /!\, si tu projettes de regarder la série She’s gotta have it la série et/ou le film, arrête de lire cet article. Aussi je vais parler de sexe donc si tu n’aimes pas, ne continues pas à lire l’article.

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Bref, l’article porte sur la série Netflix She’s gotta have it. A la base, je voulais vraiment pas regarder cette série. Ça me disait absolument rien. Genre j’avais déjà vu le film She’s gotta have it de Spike Lee (sortie en 1986) et j’en avais marre, je voulais même plus en entendre parler. J’avais lu le synopsis sur Google j’étais trop intéressée, j’me disais enfin un truc un film sur une renoie qui n’a pas des relations amoureuses et sexuelles conventionnelles, le feu ! Sauf que lorsque je l’ai regardé le film, surtout la fin en vrai lorsqu’elle choisit le gars sérieux ça m’a énervé. Parce qu’en vrai le film (à mon avis) ne fait que décrédibiliser totalement les gos dans des relations poly ou des relations amoureuses autre que celle du couple hétéro attendu par la société. C’est en mode toutes les autres relations ne comptent pas, elles sont pas réelles. Etre poly c’est seulement une phase, après elle va redevenir normale, elle va se mettre avec un seul gars et elle lui sera fidèle jusqu’à la fin de la vie. La normalité héteronormative prime toujours à la fin et c’est relou. C’est chiant et ennuyant à la mort, c’est pour ça que j’avais pas envie de regarder la série.  J’voulais archi pas la regarder mais on me l’a tellement recommandé que je me suis dis pourquoi pas et j’aurais pas dû. Mes yeux et ma tête ont souffert dans tellement de positions, c’était terrible.

 

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Nola Darling

 

 

D’abord, j’ai trouvé que la série était pas assez entraînante. Genre, y’a pas vraiment de fil conducteur, c’est long, y’a pratiquement pas d’actions qui se passent pendant un épisode. Baise, blabla.. C’est vraiment dur pour accrocher, perso j’avais du mal à rester concentrer c’est vraiment pas level. A chaque épisode, j’étais à côté sur FB ou sur Google à faire des recherches, j’avais grave du mal à être à fond dans la série. Mais vu qu’on m’a saigné les oreilles de cette série, je me suis forcée à regarder l’entièreté de la première saison.

Avant d’enfoncer mes critiques, il faut tout de même saluer les thématiques mises en lumières dans la série qui sont pas mal importantes. Déjà, la série parle de gentrification, elle aborde le classisme avec la vie de sans abri de Papo Da Mayor (et la négrophobie policière) mais également les struggles de Nora, elle visibilise un racisé non valide avec la dyslexie de Mars (ce qui est archi rare), elle aborde des questions afroféministes avec les thématiques de l’agression sexuelle dont a été victime Nola, la question queer afro avec la parente célibataire queer Opal, la question du polyamour et de la bisexualité avec Nola, les questions de respectabilité avec son amie danseuse Shemekka Epps (quoique la perspective d’évolution de son personnage est à questionner puisqu’il y a pas mal de shame faite autour des choix que ce personnage réalise, que ce soit avec son corps -pas seulement ses fesses qu’elle botoxe mais ses cheveux également-, son choix de vie…), les questions de santé et de bien-être psychologique et mentale avec les séances avec la psychologue..

C’est grave stylé d’avoir une série afro qui parle de toutes ses thématiques, qui tente de casser les normes rigides que nous avons l’habitude de voir dans nos séries.

Voici maintenant les critiques.

A l’épisode 4, j’apprécie pas du tout. Nola dit qu’il est temps qu’elle fasse une pause et qu’elle se recentrerait sur elle-même après l’agression dont elle a été victime. OK. Je me suis dit ENFIN !!!! Le feu, ce serait trop bien ! On va enfin en apprendre sur elle-même en tant que personne, puisque depuis le début de la série, on la connaît pratiquement car travers les personnes qu’elle fréquente et les relations sexuelles et romantiques qu’elle entretient. Je me suis dit enfin on va savoir QUI elle est, quel genre de personne elle est !! MAIS NON, erreur ! Elle dit pourtant qu’elle allait se recentrer sur elle-même, je pensais m’attendre à un réel focus sur sa personne sans définitions de toutes ces personnes qui l’entourent mais non. Jusqu’à la fin de la série d’ailleurs perso je ne saisis toujours pas quelle est la personnalité de Nola et qui elle est vraiment. Ensuite dans cette épisode ce que j’ai trouvé sale c’est qu’elle se sert d’une autre sista pour ken. C’est pas cool du tout. Surtout que l’autre go était vraiment en mode miskina crari elle espérait qu’il y a quelque chose qui peut découler de ça. La première fois elle lui a fait plan et la seconde là aussi. Genre j’ai pas compris le délire de faire passer une go queer comme ça comme une sorte de pansement. On aurait dit qu’Opal était une sorte de backup. Si elle aurait été présente dès l’épisode 1 j’aurais essayé de comprendre, mais qu’on la fasse atterrir dans l’épisode où comme par hasard madame veut prendre sa pause et en a marre des gars, c’est chiant. Genre quand du côté des gars ça va plus, on va chez les gos ? Donc nos sistas ce sont nos serpillières ? Cet épisode m’a fâché. Si sa teuch la démanger vraiment, elle aurait pu seulement se masturber. Sérieusement, c’est ce que j’ai pas compris dans cette épisode. Les gos renoies se masturbent aussi, ça aurait été intéressant tout de même dans une série qui se veut aussi sex positive d’avoir des scènes justement pour elle se fait elle-même plaisir. Le plaisir ne provient seulement des autres, nous-mêmes avec nos doigts (et pas que.. ahhaha) on peut faire 1X milliard de fois mieux que les gars au lit, ça aussi il faut le visibiliser. Le plaisir solo chez les renoies existent et il est aussi bon voire meilleur que les plans culs et/ou romantiques. Nous représenter en tant que personnes c’est aussi nous montrer dans nos individualités, nos intimités dans lesquelles nous sommes réellement nous mêmes.  Surtout qu’il y en a tellement qui pensent que nous les renoies on ne se touche pas genre :/ :/

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Pussy power so good 🙂

 

Et puis Nola comprend R sur ce que c’est que l’engagement, elle sait pas où elle en est, elle ne veut pas qu’on la catégorise. Et du coup, à tord (peut être à raison mais je n’y vois pas d’arguments) on l’a catégorise comme polyamoureuse or poly c’est justement de l’engagement. C’est le fait d’avoir plusieurs relations amoureuses au même moment de manière assumée et consentie par toutes les personnes engagées dans la relation. Donc le poly ça n’a rien à avoir avec des plans culs occasionnels ou des sexfriends. Ce sont de vraies relations. A ce stade, on voit bien que ça n’a rien à voir avec des relations poly, puisqu’on s’aperçoit que ce sont des termes à sens unique et imposés par Nola qui priment. Les autres suivent seulement le mouvement mais en vrai, ils veulent tous se caser avec elle de manière monogame. Et ils le répètent tous sans cesse tout au long de la saison. Même Opal miskina elle est rentrée dans l’histoire de je veux me caser avec Nola… Terrible. C’est vraiment chiant comme série. Et là encore on la définit seulement par rapport à sa sexualité. C’est fatiguant.

Et on retrouve ce problème à l’épisode 6, elle assume pas ses gars genre coucher avec c’est bien mais avoir des bails concrets, non. Je vois pas en quoi ce sont de vraies relations amoureuses poly comme cela a été indiqué dans plusieurs articles : ici ou encore ici. Nola est tout sauf polyamoureuse. Genre la go est incapable d’inviter à ses gars à un event de travail aussi important dans sa vie ? Weird as f***. C’est pas assumée, pas sérieux et pas consentie!

C’est vraiment relou, genre elle veut pas de rendez-vous avec ses gars ou les connaître plus en profondeur, c’est chiant vraiment (je le dis plusieurs fois mais voilà mdrr ). C’est vraiment que des sexfriends et j’arrive pas à comprendre l’enthousiasme autour de la série. Vraiment j’y arrive pas. Et les gars en plus veulent tous être exclusifs, il se sentent en compétition y’a personne qui est satisfait de la situation, ils veulent tous l’exclusivité de Nola. De son corps, de sa personne. C’est ennuyant.

Des gars renois hétéro OK avec ce genre de relations ça existe et ça aurait cool qu’on nous montre au moins un gars parmi les 3 qui soit OK avec la situation. Là ça aurait pu être vraiment pertinent dans une perspective de déconstruction afro de l’hétéronormativité normative que l’on subit tout.e.s. Parce que là encore ça renchérit le stéréotype des mecs renois qui veulent être qu’avec des go dans des relations monogames, qui requiert seulement la fidélité de la go… Je pensais vraiment que la série irait loin dans le cassage de l’hétéronomativité mais en faites non. Ce qui est dommage parce que nous les renoi.e.s on a besoin justement de voir plus de relations amoureuses qui déconstruisent tous les aspects de l’hétéronormativité que nous subissons pour être dans des relations plus saines, plus libres, plus safe et respectueuses et moins oppressives.

Dernier aspect que j’ai détesté, l’absence de visibilité de contraceptions et de préservatifs. C’est cool que ce soit aussi sex positive mais ça aurait été mieux si cela aurait été safe sex aussi . La santé sexuelle c’est archi important, surtout que dans nos communautés afro c’est super tabou d’en parler. Tout comme dans Insecure (ISSA RAE BABY ❤ je t’aime ❤ ) , à aucun moment il y a des dialogues entre les partenaires sur leurs santés sexuelles, sur leurs statuts et sur les méthodes de contraceptions et de protection sexuelle. C’est archi relou. On sait pas si un des personnages est atteint d’une MST ou d’une IST ou si la série fait comme si nous étions dans un monde où les maladies et les infections sexuelles n’existent pas, c’est assez étrange. Or justement, ces séries largement regardé d’abord par un public afro (je présume…) peut sensibiliser à travers l’écran l’usage de divers types de contraceptions et de protection sexuelle. C’est bien d’être sex positive mais inclure les réalités des vies sexuelles c’est largement mieux. De même avoir pour changer, des personnages renoi.e.s atteintes d’une IST comme le VIH, le HPV ou encore du HSV 2 dans des séries aussi sex positives peut être hyper intéressant pour la visibilisation mais également la normalisation des renoi.e.s non valides qui vivent avec ses maladies au quotidien. Montrer qu’on peut être malade et continuer à être active sexuellement, même avec les personnes non malades. Et surtout que les renoi.e.s ayant une IST ou une MST sont des renoi.e.s comme les autres. Y’a une grosse réticence chez les afro à parler des questions de sexualités et de santé sexuelle donc perso, je pense qu’il est urgent que les séries afro sex positives se penchent sur le sujet. En parallèle, cela peut également aider à une prévention sur le public -surtout les jeunes- aussi, c’est du win-win.

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N’oublie pas de te protéger, safe sex oblige 🙂

 

Donc voilà, en gros la saison 2 ce sera sans moi. J’ai archi la flemme de continuer à regarder la vie de Nola. Surtout que je vois pas où est l’intrigue genre il se passe 2 actions par épisode et on rit pratiquement pas… A travers ces thématiques de la série, sûrement que beaucoup de renoi.e.s se sont senties concerné.e.s puisqu’ils ont vécus ou vivent actuellement ce genre de situation de struggle et cela peut être triggering genre c’est comme voir ta vie passer à l’écran c’est chaud, courage à nous-mêmes !

 

Kel Lam

 

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C’est 2K18 et c’est l’heure de se débarrasser des relations abusives et toxiques!

 

En début d’année, on est beaucoup à faire crari, on fait de nouvelles résolutions pour s’améliorer pour avoir une meilleure vie, une meilleure santé, pour accomplir ses objectifs. Et souvent quand on est à la moitié de l’année, on est en mode « quoi ?? non l’année passe trop vite » parce qu’on n’a même pas atteint le ½ de nos objectifs, mais va savoir pourquoi ils nous arrivent grave des trucs que l’on avait pas du tout planifié à la base. Parce qu’en vrai c’est ça, on ne peut pas gérer totalement notre vie, on peut pas contrôler tous ses aspects puisque la plupart des choses qui nous arrive (et qui mélangent notre de vie de ouf) sont imprévues !

C’est pourquoi là je veux parler de ce qui peut être contrôler (a minima) : les relations amicales. Bon, je sais que les gos hétéro, quand ça parle relations, directement ça veut que parler des relations amoureuses, des gars, des gars, des gars mais moi je m’en fous. D’ailleurs, si j’ai le temps, je ferais un article sur cette obsession à toujours vouloir parler des relations amoureuses plutôt que d’autres types de relations -amicales, familiales..- (ce qui découle totalement de l’hétéronormativité x100).

On dit souvent qu’on ne choisit pas sa famille par contre on choisit ses ami.e.s. Ce que beaucoup omettent aussi c’est que dans les cercles amicaux que l’on tissent, pas mal de fois, nous nous retrouvons dans des relations abusives sans même nous en rendre compte. Tu peux marcher avec ta poto et ne pas réaliser qu’elle abuse de toi, qu’elle est toxique pour toi, en exploitant ton temps, ta patience, ton amour, ton mental, ton bien-être et ton amitié en n’ayant rien en retour. Le genre de relation à sens unique, tu fais tout, l’autre fait rien (ou bien les autres, i.e.ls peuvent être plusieurs). Tu connais ? Quand c’est toujours toi qui vient aux nouvelles, toujours toi qui doit te déplacer, toujours toi qui est à l’écoute, toujours qui sacrifie ton temps ou tes projets, toujours toi qui t’adapte pour mettre à l’aise. Ou bien alors, quand l’autre se donne au minimum alors que toi tu donnes beaucoup plus à cette relation, tu t’investis beaucoup plus. Le genre de délire où si t’as besoin de ta/ton poto, iel va seulement t’envoyer 1 ou 2 sms alors que si c’est la situation inverse toi tu veux courir pour être auprès d’iel. C’est disproportionné. Sistas (et pas seulement mes cistas mais toutes les sistas), vous n’avez pas besoin de ce genre de sorcellerie à haut niveau dans votre entourage en 2018. Ces personnes ne connaissent même pas votre valeur. Elles ont vu un potentiel en toi que tu ignores toi-même et elles l’exploitent, l’exploitent, t’es fatigué.e mais au lieu de quitter, tu restes, parce que tu te dis que vous êtes am.i.e.s quand même.. Mais erreur, tu es seulement la vitamine qu’elles prennent quand elles ont besoin de toi. Je force avec mes mots mais je me dis que si tu lis ça et que tu es dans cette situation, cela pourrait te donner des pistes pour que tu fasses la bonne décision. Surtout si c’est que maintenant que tu réalises que tu es dans une relation toxique et/ou abusive. On abuse de ton mental, ta psyché, ton physique (parce qu’en autre se déplacer de gauche à droite c’est pas facile, imagine t’habites dans le 95 t’as des potes du 75 qui veulent seulement se rencontrer sur Paname mais ne veulent jamais monter dans ton tieks ???…), ta gentillesse … ça fait mal d’ouvrir les yeux sur ce genre de relations (archi normalisé et répandu à mon avis) mais c’est dans l’intérêt pour le bien être personnel de la personne abusée. Surtout les femmes, nous avons normalisé le fait d’être dans des postures de personne abusée de se nourrir de la toxicité des autres et nous ne trouvons souvent pas de soucis à être traiter salement comme ça.

La sorcellerie ensuite c’est surtout quand vous en êtes conscient.e.s, qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans la relation mais que vous pouvez pas le nommer, vous ne savez pas trop ce qui se passe. Ce qui est chaud c’est quand t’en es conscient.e, tu sais pas trop quoi faire. Les gos hésitent souvent en mode « non mais c’est ma poto quand même on se kiffe grave, j’laime de ouf, on se connaît depuis longtemps ». Et c’est compréhensible, ça demande énormément de courage de se débarrasser de ce genre de relations toxiques. On se sent coupable, ça nous travaille… Mais essayez de faire un travail sur vous-même, pourquoi traîner avec des personnes qui vous ne respectent pas ? Qui ne vous supporte pas ? Je compte même plus le nombre de fois que j’ai entendu des go renoies se plaindre de leurs soi-disant am.i.es sexistes, misogynes qui n’appréciaient pas qu’elles soient des gos qui s’enjaillent la nuit. Ou seulement qui ken ? Qui ont plusieurs plan cul ? Qui sont polyamoureuses ? Ou le nombre de fois que mes potos maghrébin.e.s se sentaient obligés de cacher leurs vies sexuelles et amoureuses à leurs potos sexistes et/ou conservateur par peur d’être jugé…  Ou le nombre de fois, où certain.e.s faisaient face à des potos homophobes alors qu’i.els même étaient à une période de leur vie délicate où ils se posaient des questions sur leur orientation sexuelle ? Ou le nombre de fois où des potos renoi.e.s cachaient leurs accents ou leurs personnalité auprès de leurs potes blancs ou autres racisé.e.s de honte de leur africanité?? Ou alors des renoi.e.s non valides constamment moquées au quotidien par leurs potos valides ? Sans parler des potos compétitif/ves jaloux.ses qui ne donnent aucun soutien ? Sans parler des potos thunés qui n’ont de cesse de rabaisser leurs potos pauvres et leurs conditions de vie mais qui romantisent le langage et la vie de quartier. Genre on veut pas être un.e renoi.e du tieks mais imiter ses expressions, écouter leurs sons, se faire de la thune sur leurs expériences c’est grave cool…

Se débarrasser de ce genre de démons c’est un acte d’amour de soi (ou self love), c’est prendre soin de soi pour son bien être personnel (self care ❤ ). Vous devez vous faire passer en premièr.e avant les autres. Donnez vous l’amour que vous ne cessez de donner aux autres. Prenez soin de vous comme vous prenez soin des personnes que vous aimez. 2k18 si ce n’est pas encore fait, vous devez être votre priorité numéro 1 parce que personne ne le fera pour vous.

Bref, en 2018, on a pas besoin des sorcièr.e.s. Pour celleux qui ont l’âme sensible, vous pouvez tenter de raisonner vos potos en leur parlant, en ouvrant le dialogue sur la toxicité de la relation. Mais ça peut être violent car la personne abusive et toxique peut ne pas comprendre le pourquoi du comment et vous accusez d’être à l’origine du problème (si il y en a un parce que pour elle évidemment y’en a pas, ce qui risque de vous faire encore plus culpabiliser et ce sera encore plus difficile pour vous de casser la relation). Vous pouvez aussi supprimer ces personnes de toutes les applications, les laisser sur vu et ne plus jamais les reparler. La vie est trop courte pour se trimbaler des déchets comme ça.

So 2018, on s’en débarrasse.

 

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Kel Lam.

#LapolicefrviolenteaussilesnoirEs

 

 

Cela faisait un moment que je voulais écrire un article à ce sujet mais faute de temps, j’ai toujours décalé l’écriture et la publication de cet article qui me tient pourtant à cœur : les violences policières sur les femmes racisées, et plus particulièrement les femmes noires en France. Pourquoi ? Parce que rare sont celleux qui en parle et il n’existe pratiquement aucune manifestation ou révoltes des quartiers à la suite de violences policières subies par les femmes noires contrairement à ce qui est fait pour les hommes noirs. Un fait qui faisait la une il y a un peu plus d’un an m’avait interpellé, mais cela ne vous a peut-être pas interpellé. Ou peut-être que vous l’avez remarqué mais que vous êtes restées silencieuxs.e.s dans votre coin. Vous vous souvenez de cette affaire de l’enseignant-chercheur de la Sorbonne Guillaume Vadot qui portait plainte contre « abus d’autorité, violences volontaires aggravées, agression sexuelle aggravée, menaces, injures publiques et vol » en septembre 2016 ? Voici un article qui traite du sujet pour vous rafraîchir la mémoire au cas où : ici. Est-ce que vous vous souvenez de l’élément déclencheur de l’agression qu’a subi ce professeur ?  Exacte. Peu, s’en souviennent (je fais la go, oklm, y’a rien). Ce professeur s’est fait insulter et agressé de la sorte parce qu’il était en train de filmer une agression policière sur une femme noire de 31 ans :  Marie Florence G (je n’ai pas trouvé son nom de famille, peut-être qu’elle veut rester anonyme…). Cette dernière criait de douleur tout en étant menottée entourée de nombreuxs.e.s policièr.e.s selon le deuxième témoin qui a filmé la scène, Maurice Makwala. Il existerait donc des preuves vidéos de l’interpellation violente à laquelle à fait face Marie Florence G. Et pourtant tout au long du suivi de cette affaire, son nom n’a jamais été évoquée et la violence dont elle a subi non plus. L’attention s’est focalisée massivement sur les violences qu’ont subi le professeur (privilège blanc ah) et Maurice Makwala (privilège d’homme ah). Je voulais partir sur ce point de départ pour montrer à quel point l’invisibilisation des violences policières sur les femmes noires est conséquent. Dans cet exemple-là, on peut voir que même si l’on a des preuves solides, des témoignages et des vidéos, cela ne choque pas et n’intéresse pas le fait qu’une femme noire soit violentée par la police. On peut voir le même traitement dans l’affaire de 2015 lorsqu’un groupe de 18 lycénn.e.s racisé.e.s ont portés plainte pour violences policières. Dans les médias, les voix qui étaient misent en valeur étaient celles des garçons comme on peut le voir ici. On voit que les voix féminines racisées ne comptent pas.

 

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Et plus une femme noire sera à l’intersection des discriminations, plus on se fichera de son vécu et par conséquent des violences policières qu’elle a subi. C’est le cas par exemple des femmes noires pauvres et réfugiées de Calais, dans le Nord de la France qui subissent régulièrement le comportement violent de policièr.e.s. Il est su depuis cette année grâce au rapport rendu publique par l’organisation Human Right Watch, que les violences policières envers les migrant.e.s renoi.e.s à Calais sont quotidiennes. QUOTIDIENNES. Certaines femmes se sont d’ailleurs plusieurs fois plaintes de viol de la part des policièr.e.s. il y avait par ailleurs le témoignage d’une soudanaise noire qui s’était plaint d’avoir été violée par un policier (j’avais trouvé l’article l’an dernier mais il a disparu comme par magie, j’ai seulement le titre : IMMIGRATION. Le fonctionnaire nie avoir abusé d’une jeune Soudanaise qu’il devait accompagner dans un centre de réfugiés-si jamais quelqu’un.e arrive à le retrouver). En plus, du fait qu’elles se fassent harcelées, agressées sexuellement voire violées sur leur camp malgré la répartition en non mixité des tentes, elles ont en plus à confronter les violences policières. Mais bon vu que ce ne sont pas des Théo, ça n’intéresse pas.

 

Parce que la découverte de la culture du viol ne s’est pas faite avec l’affaire Théo pour beaucoup d’entre nous. Il existe en réalité pas mal d’histoires de viols de policiers sur des femmes racisées. Comme celle-ci par exemple. Celle d’une racisée violée par un policier lorsqu’elle était en cellule de dégrisement dans les Yvelines: ici. Il existe d’autres ici dont la race des femmes n’est pas mentionné :  ici et ici.

Ou encore cette femme racisée et non valide qui a été violentée par les policièr.e.s : http://www.bfmtv.com/police-justice/paris-une-mere-de-famille-sourde-et-muette-accuse-des-policiers-de-l-avoir-violentee-1232129.html . Celle-ci également n’aura révolter personne également malheureusement.

Egalement dans le Tumblr Paye Ta Police, il y a pas mal de témoignages de femmes racisées qui dénoncent les violences policières qu’elles ont subi. Pas seulement celles de l’ordre du harcèlement ou de l’agression sexuelle mais également celle d’ordre psychologique et morale.

Comme celle là:

 “Bah c’est bien, ça vous fait un peu de changement, pour une fois que vous n’êtes pas à mendier ou faire mendier vos enfants dans le métro.” Le policer, à qui une jeune femme Rom expliquait avoir été battue à mort par son ex-conjoint, lors d’une tentative de dépôt de plainte pour violences conjugales . Il a finalement refusé de prendre la plainte.

Ou encore celle-ci:

“Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En sortant de soirée, un homme m’a agressée et violée contre un grillage. Il m’avais menacée d’un couteau si je me débattais. J’étais terrorisée. J’ai mis une semaine pour m’en remettre et porter plainte. Au commissariat, dans le bureau j’étais seule avec le policier. Il m’a regardée d’un air sinistre, et m’a dit “Une fois ça t’a pas suffi, tu en veux encore sale pute ? Tu aimes te faire baiser comme une sauvage comme chez toi c’est ça?” En me mettant sa main entre mes jambes et en me touchant. C’était lui qui m’avait violée… j’étais pétrifiée. Il m’avait traitée de sauvage car je suis maghrébine. J’ai essayé de mettre fin à ma vie car j’avais peur de sortir de chez moi… J’ai déménagé et sors peu… je ne fais plus confiance à personne…

 

Et je voulais finir par deux affaires plus récentes, celle de Marie Reine, une femme noire qui s’est faite insultée et agressée par des policièr.e.s mysoginoiristes dont l’histoire figure ici, vous pouvez également trouver son pot commun ici.

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La militaire guadeloupéenne Morgane Blanchet, victime d’harcèlement moral et sexuel dans son camp militaire en printemps 2016, le témoignage de la concernée est ici. A soutenir impérativement! Actuellement, elle a tout perdue, est précaire et vit dans un foyer. Elle a porté plainte au printemps 2017. J’ai pas trouvé de pot commun pour son cas, si il y en a qui trouvent, qu’iels fassent signe.

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Morgane Blanchet

 

Bien sûr ce ne sont pas toutes les violences policières commis sur des femmes noires et racisées qui sont mentionnées ici. Je n’en ai sélectionné que quelques-unes parmi le lot (Google est votre ami). C’était surtout pour montrer que OUI les violences policières contre les femmes noires existent et qu’elles sont largement invisibilisées. Surtout celles qui décident de parler (car on peut comprendre qu’on ait pas d’information de celles qui n’osent pas parler). Et également un article pour inciter à toutes les femmes racisées de faire attention à la police surtout dans le cas où vous pensiez que vous ne pouviez jamais être victime de violences policières parce que vous êtes une femme. L’imaginaire collectif tendant à penser que les violences policières ne soient faites que sur des hommes racisés est à déconstruire. Les femmes noires en France ne bénéficient même pas d’hastag personnalisé pour parler de leurs expériences violentes avec la police du genre #JusticepourThéo et encore moins un hastag genre #Sayhername (comme aux US) pour visibiliser les violences policières faites aux femmes noires. Elles bénéficient encore moins de mobilisation forte (contrairement aux hommes noirs) lorsque ça les concerne. La solidarité afro a ses limites. Personne ne s’intéresse à nous, personne ne marche pour nous. Soyons vigilantes, entraidons-nous et supportons-nous.

Et n’oubliez pas de soutenir Marie Reine avec son pot commun et également Morgane Blanchet !

 

 

 

Kel Lam.

Friendzonage & Gars Frustrés aux Egos Fragiles

 

Le concept de friendzone m’énerve et donc j’ai envie d’en parler.

On l’entend partout. On voit régulièrement des articles fleurir à ce sujet (dont celui-ci ahah), des sons, des tweets, des posts, des sortes de sketchs pseudo-comiques… La plupart des gent.e.s finissent même par croire au fur et à mesure que c’est un concept réel. C’est tellement populaire que c’est devenu courant dans la vie de tous les jours. Surtout chez les hétérosexuell.e.s (et surtout les teubés de mecs cis lààààà) du moins les exemples de friendzonages et autres bêtises assimilées à ce concept sont pris en général chez des personnes cis hétérosexuell.e.s. Pour faire court, c’est un sujet qui serait drôle. On en rit, on se moque, on en parle. Vous comprendrez que je me situe dans cet article dans les exemples exclusif de relation hétéro parce que c’est ce que je connais.

 

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Un vieux gars qui se friendzone parce qu’il a le seum qu’une fille gère un autre gars que lui.

Mais de quoi se moque parle-t-on réellement ?

A croire un peu tout le ramassis que l’on peut faire autour de soi et sur Internet (oui Google est notre ami) concernant cette bêtise, la friendzone est une sorte de zone grise dans laquelle une personne se trouve (souvent un gars cis hétéro – d’où le nombre de sketchs excessifs réalisés par ces derniers pour illustrer leur frustation- archi pathétique) lorsqu’elle est intéressée sexuellement ou amoureusement par une personne  qui ne la considère sous aucun de ces deux aspects. Ce qui est aussi à noter et qui est intéressant et que la friendzone se « déclare » par la personne elle-même et n’a pas réellement de point de départ au sens où cela ne se déclenche pas forcément au moment où la personne B (qui n’a pas d’intérêt amoureux ou sexuel) exprime un non intérêt sexuel ou romantique. C’est la personne A qui détermine la friendzone et la place affective qu’elle a auprès de la personne B au détriment de ce que peut ressentir ou penser la personne B. Cela survient donc en ne prenant pas en compte l’avis exprimé (ou non) et ressenti de la personne B. Sérieusement, quand prend-on en compte l’avis de la personne B dans cette affaire ???

Ah, j’espère que jusque-là vous voyez en quoi cela est problématique ? Oui, le concept des gars frustrés aux ego fragiles autrement dit friendzone ce n’est que le prolongement de la culture du viol qui persiste aujourd’hui dans nos sociétés occidentales. Les gent.e.s qui sont en mode késako culture du viol? Faites des recherches, Google est votre ami, si c’est facile de googoler (or whatever you say…) Beyoncé, c’est aussi facile de googoler la culture du viol. Mais en bref, c’est le fait que l’on soit dans une société dont la culture favorise, approuve voire conforte fortement les pratiques et les attitudes qui conduisent au viol. Là y’en a dernière l’ordi qui sont en mode, mais elle est cheloue, elle ? C’est quoi le rapport avec la friendzone ? Justement c’est TOUT le rapport avec cette histoire de gars frustrés qu’est la friendzone.

Là c’est le moment où j’hétéronormatise à fond puisque ce concept est le fruit de l’hétéronormativité (google est ton ami), il faut prendre des exemples en conséquence de cause. Cette connerie de concept d’ego fragiles qu’est la friendzone néglige totalement le consentement des femmes dans les relations hétérosexuelles. Cela veut dire qu’après même que la femme ait exprimé, clairement, qu’elle n’avait aucun intérêt sexuel ou amoureux pour le mec, ou d’ailleurs comme on l’a dit avant même sans expression d’opinion, le gars se croit de droit de déterminer par lui même une position affective et ou sexuelle auprès de cette même femme. Il se donne cette position en se qualifiant de friendzone, qu’il s’est auto-attribué en imposant sa vision de sa relation qu’il entretient avec cette femme. Il impose ses désirs, il prévaut ses aspirations sexuelles et romantiques sur ceux de la femme. Il refuse d’accepter le « NON » de la femme, le transformant en cette zone grise qu’est la friendzone. En gros, le gars trouve pas normal qu’on lui dise non, puisque de fait, les femmes sont censées être toujours des personnes accessibles et offertes aux hommes et qui ne peuvent sous aucun moyen dire non. Elles finissent forcément par dit oui, elles ne peuvent dire non aux hommes. Et même lorsqu’elles disent non, bah souvent ça veut dire oui, faut juste attendre un peu hein.C’est là tout le raisonnement et le pourquoi de la dangerosité de ce concept de gars frustrés. Accepter qu’une bêtise comme le friendzonage puisse exister c’est refuser aux femmes leur libre disposition sexuelle et affective de leurs corps et de leurs esprits. On le leur refuse parce qu’elles sont forcément à la disposition des hommes.

 

 

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Photo d’une étudiante à une manifestation « Stand With Us » contre la culture du viol à l’université. « Salope » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire OUI. « Friendzone » est une manière de dénigrer les femmes sur leur droit de dire NON.

 

Pourquoi le concept de friendzonage est dangereux ?

 

En plus, que cela est une grave attitude qui favorise la culture du viol, cela aboutit instantanément à une violence exercée envers les femmes. D’où le déferlement d’insultes, de critiques ou de remarques désobligeantes à l’encontre des filles qui auraient soi-disant friendzoner des gars frustrés de s’être manger un NON. Mais aussi il est dangereux d’avoir dans son entourage une personne frustrée à l’égo fragile qui s’autofriendzone. Puisque vous le savez aussi bien que moi, les mecs cis hétérosexuels qui peuvent réellement être amis avec le genre féminin, y’en a vraiment pas beaucoup. Bon nombre d’entre eux ont grandi en apprenant à sexualiser voire hypersexualiser et à romantiser les corps, les attitudes et les pratiques des femmes. Du coup, tout comportement physique ou moral (ou pas forcément d’ailleurs) affectueux, amical que vous pourriez entretenir avec ce frustré pourra être perçu par celui-ci  comme une avance sexuelle ou amoureuse. Parce que dans leurs têtes d’égos fragiles, si elle le tient le bras ça veut dire qu’il y a moyen, si vous faites du shopping ensemble ça veut dire qu’il y a moyen, si elle s’habille court lorsque vous vous voyez bah oui ça veut dire qu’il y a moyen. Frustration & culture du viol puissance x 10.000.

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La « friendzone » n’existe pas. Soit on vous kiffe, soit on vous kiffe pas. Arrêtez d’utiliser le terme « friendzoner » pour cacher le fait qu’on vous kiffe pas.

Donc je rajouterais juste une couche (miskinaa les go, je voulais pas vous déprimer comme ça mais OKLM) sur la dangerosité de ces gars cis hétéro frustrés parce que justement ce sont des hommes cis hétéro frustrés et tout le monde sait que ces êtres maléfiques peuvent être dangereux. Il est su aujourd’hui que la majorité des femmes qui se font agressées sexuellement, le sont par des hommes et surtout des hommes qu’elles connaissent. Ce sont en général des hommes qui leur sont proches, dixit le gars frustré qui s’invente une vie en se friendzonant. Donc là aussi malheureusement, il faut faire attention. Faites gaffe à vous les femmes.

Et non, on va pas masser les égos fragiles des gars frustrés et renforcer la culture du viol en continuant de bavarder de cette connerie de friendzonage, CA N’ EXISTE PAS, POINT FINAL.

 

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J’ai besoin du féminisme parce que le concept « friendzone » se matérialise. Si une fille ne veut pas sortir avec toi, elle n’a rien de mal. Ne la diabolise pas.

 

Kel Lam

Propos coloristes, anti africain & cie

 

On a  tout-e-s à peu près (ou non) une définition basique du colorisme en tête : le fait que  des personnes ayant le teint clair soit valorisées au détriment des personnes ayant le teint foncé, provoquant ainsi des discriminations lourdes envers ces dernièr-e-s. Dans cette petite définition, on peut aussi y rajouter aussi les traits fins, la typologie du cheveux. On peut accessoirement élargir et ajouter aussi d’autres critères qui ne sont pas du ressort du colorisme mais du privilège occidental (vu que les deux soient liées) dont certain-e-s afrodescendantes noir-e-s bénéficient et ne s’en rendent pas forcément compte : l’accent, le passeport, le code vestimentaire, l’adoption de la culture occidentale ?

Il faut garder en tête que bien que les critères de beautés coloristes se rapprochent de la beauté occidentalo-blanche, ils ne sont pas exclusifs et propre à la beauté occidentale. Oui, il existe des personnes noires qui naissent avec des cheveux bouclés voire lisses et parfois blonds, ou avec des traits fins. Ce qui n’empêche en aucun cas que ces personnes soient noire d’ascendance africaine.

 

J’ai fais exprès de choisir des jeunes parce que je voulais pas qu’on pense que ce sont des personnes qui ont traités chimiquement leurs cheveux mais BREF. Pas besoin d’avoir la peau blanche ou claire pour avoir des traits fins, des cheveux non noirs et/ou  longs ou/et lisses ou bouclés.

Les clichés coloristes ont la vie dure et surtout qu’elles vont de pair avec les clichés coloniaux et racistes. Je ne vais pas me fatiguer à revoir ici l’historique du colorisme, comment la noirceur est perçue comme masculine voire déshumanisante alors que la clarté est synonyme de beauté, gracieuseté. Flemme.

Je vais m’attarder sur comment le colorisme contribue à insulter l’Afrique, à renforcer le sentiment anti-africain qui est déjà fort dans les sociétés occidentales. On peut voir un parallèle entre les propos coloristes, que ce soit les soi-disant « compliments » ou les insultes et la manière dont ceci est le reflet d’un rejet fort de l’Afrique et d’un dénigrement pour les peuples africains. Et je pèse mes mots, je n’exagère en rien.

Pas mal de renoies kinf vont peut-être se reconnaître dans ce passage bien qu’on pourrait écrire des milliards de romans de ce type de réflexions (rien n’a été inventé ci-dessous) :

Quand on t’aborde : « T’es martiniquaise ? » « T’es antillaise ? » « T’es guadeloupéenne ? » « T’es haïtienne ? » « T’es brésilienne ? » « T’es métisse ? » « Antillaise !! Antillaise !! » « T’es chabine ? » « T’es réunionnaise? » « Souvent des inconnu.e.s  me parlent directement créole….

Puis, quand tu sors le nom d’un pays africain : « Quoi ? Sérieux ? » « Ça existe des comme toi en Afrique ? » « Non impossible t’es trop belle pour être africaine » « Ah mais en faites-vous en (nom du pays) vous êtes pas des gens trop foncés » « Mais non tu mens les africaines elles sont très noires d’habitude » « T’es clair pour une africaine » « T’as des beaux cheveux pour une africaine »  « Ah mais t’as pas d’accent » «C’est impossible que tu sois africaine, tu fais pas du tout africaine» «Mais toi tu ne ressembles pas du tout à une africaine, tu fais antillaise» « Ah bon? mais tu fais trop martiniquaise pourtant».

J’espère que juste en lisant cela vous voyez le problème. Déjà, une personne en se basant sur votre physique se permet d’assumer vos origines sur la base du colorisme. Elle pense que la beauté est synonyme de clarté, forcément extérieur à l’Afrique ou le fruit d’un métissage. Et NON les compliments COLORISTES ne sont pas à prendre! Ils sont dégradants, c’est sale, c’est bas, c’est insultant parce que c’est au détriment d’autres renoi-e-s, c’est de la négrophobie et l’on vous fétichise par le même biais. Donc les sorcièr-e-s qui sourient ou acceptent ce genre de compliment, arrêtez. Quand une personne noire en France correspond au diktat de beauté coloriste noire (ou du moins une des caractéristiques), les gent.e.s ont tendance à penser que cette dernière est forcément originaire d’une communauté de la diaspora africaine, forcément originaire d’une île mais jamais d’Afrique ce qui est INSULTANT.

 

Détachons du cadre étasunien noir pour penser le colorisme dans le cadre français. Ce que le colorisme veut dire ici c’est que la beauté en Afrique n’existe pas, qu’elle n’existe qu’en dehors de ses frontières ou du moins dans des îles africaines dont les gent.e.s ont tendance à oublier que ce sont des parties de l’Afrique dixit Ile de la Réunion, le Cap Vert.

En France, il reprend les schèmes coloniaux avec les comparaisons idiotes haineuses posées par les autorités coloniales entre les Antilles et l’Afrique, du style :

Les personnes « belles » (synonyme de clair) sont forcément originaires des Antilles et non d’Afrique puisque là bas ils y sont tous « moches » (synonyme de foncé). C’est qu’aux Antilles tout le monde a les traits fins, en Afrique tout le monde a de gros traits, c’est qu’aux Antilles tout le monde est civilisé alors qu’en Afrique ce sont que des sauvages. C’est qu’aux Antilles tout le monde vit si bien et qu’en Afrique tout le monde vit si mal, on y croule sous la pauvreté et la saleté. C’est qu’aux Antilles il n’y a aucune culture, que le créole antillais c’est que du français mal formé, que les gent.e.s y sont bêtes et se prennent pour des blanc-h-es alors qu’en Afrique tout est authentique, il y a de vraies langues et les cultures et les traditions sont intactes et véritables, ce sont toutes des personnes fortes, battantes n’ayant aucun traumatisme psychologique des relations avec la France.

Il y a toujours ces imaginaires coloniales (et néocoloniales) qui persistent dans les esprits dans la majorité des esprits d’afrodescendant-e-s noires. Perso, quand quelqu’un s’approche de moi pour me demander si je suis antillaise, je me sens mal. J’ai compris petit à petit que la plupart de ces personnes ont en tête la vision caricaturale de femmes africaines forcément noires très foncées avec de grosses formes et des traits du visage très épais. Ou alors de jeunes femmes noires foncées avec des tissages que certain-e-s insultent avec le prénom Fatou. Et que dans les deux cas, ils trouvent cela moche. Pour ces personnes, tout-e-s les personnes qui viennent d’Afrique sont forcément moche. Ainsi, lorsque ces sorcièr-e-s rencontrent une personne africaine ou d’ascendance africaine qu’il trouve beau, c’est le choc, ils n’y croient pas.

Je me souviens encore dernièrement d’une personne non-noire qui me fit ce « compliment » entouré de nombreux hommes noirs qui n’ont même pas été choqué à minima : « Ah mais toi c’est bien tu fais pas Fatou » « Comment ça ? C’est quoi une Fatou ? » « Bah on dirait t’es antillaise, tu portes pas de tissages fatiguées, tes cheveux sont biens, même ta peau tout ça t’es bien » « Bah non je suis africaine, je suis comme elles, je suis même une Fatou » « Non tu l’es pas ».

Sorcellerie en plein jour.

Bref, j’ai compris qu’implicitement c’est mon continent qu’on insulte, les pays et les peuples qui y sont. Ce sont mes gent.e.s et moi-même. Je ne vais pas jamais m’excuser de cela, je suis africaine et je suis fière de l’être. Avec ce colorisme colonial anti-africain, on néglige d’abord que les femmes noires foncées sont belles qu’on caricature ici à la bonne dose occidentale (l’image de la tanti renoi énervée, de la maman renoi masculine ou qui s’éclaircit, merci les hommes noirs pseudos comédiens pour le renforcement du stéréotype)  mais aussi on néglige qu’il existe une diversité de femmes qui existe en Afrique, qui ne sont pas tout-e-s foncées ou noires d’ailleurs. L’Afrique est un continent tout comme l’est l’Europe, l’Asie. Dans vos post censés représenter les beautés africaines où sont les Albinos ? les Maures ? les Handicapées? les Berbères ? les Malgaches ? les Peuls? les Réunionnais-e-s? les Vieilles ? …

 

 

 

   

Quand est-ce que les gent.e.s vont marquer au fer rouge dans leurs esprits qu’il existe une diversité africaine extraordinairement riche et belle ? Que ça vous plaise ou non l’Afrique n’a rien à avoir avec les idées coloniales françaises et belges. L’Afrique n’est pas le continent noir, ce n’est pas un continent divisé en deux parties coloniales : Afrique blanche, Afrique noire : ça n’existe pas. Et oui l’Afrique du Nord il n’y a pas que des arabes non il y a une diversité ethnique forte dans cette région africaine. Votre anti africanisme et votre négrophobie s’arrête là. Que vous aimez ou pas il existe une diversité de faciès dans toute l’Afrique entière, OUI  même en Afrique de l’OUEST, OUI !! 

Et oui la Mayotte, Madagascar et l’Ile de Réunion et le Cap-Vert font partie de l’Afrique !!!!!

Quand vous êtes en face de ce genre de situation n’hésitez pas à prendre la parole, arrêtez d’accepter qu’on vous fasse des faux compliments coloriste anti africain à la con comme ça parce que vous méritez mieux et l’Afrique aussi.

 

 

/!\ D’ailleurs, ce passing-antillais me fait penser aussi à toutes les bêtises anti-antillaises que l’on a pu me dire bien que je ne sois pas antillaise. Apparemment les femmes antillaises seraient pas sérieuses, seraient faciles, n’auraient aucune valeur, pas de principes et aucune culture?? Les personnes qui sous estiment la valeur DES cultures et des langues antillaises peuvent aller se pendre. Honnêtement vous devriez vous sérieusement vous pencher sur les créoles et les cultures antillaises, vous avez tord de ne pas le faire. Vous y verrez beaucoup de ressemblances entre les cultures afrodescendantes entre elles mais aussi le lien d’africanité qui existe en plus de similitudes entre les cultures africaines et antillaises. Surtout si vous êtes pro-noir-e et ou panafricain-e, comment est ce que vous pouvez envisager la lutte sans prendre les pays antillais en considération??? Comment??? Haiti?? Martinique?? Guadeloupe?? Jamaique?? Trinité et Tobago??.. Ainsi que les autres pays colonisés par la France comme la Nouvelle-Calédonie ou Mayotte.

Les populations antillaises sont à considérer, leurs parcours politiques résistant n’est pas à négliger. Il n’y a plus résistant que le parcours de ces afrodescendant-e-s arrivé-e-s en terre inconnue qui ont pu à partir de pratiquement rien reconstruire des cultures et des langages qui leurs sont propres.

 

 

 

                                                                                                                                               Kel Lam

Les poils c’est beau :)

 

Les poils ! Sujet qui peut sembler étrange mais en réalité la question des poils devrait être régulièrement abordée puisqu’il s’agit d’une problématique esthétique, sociale, politique mais aussi économique pour les noir-e-s adeptes de l’épilation en Occident. Dans le cas ici, je vais aborder de la pilosité sur les corps dit  féminins .

 

 

Dans le monde occidentalo-blanc, plus précisément celui où nous nous trouvons en France, les poils ne sont pas vus comme beaux. Il faut nécessairement cacher les poils, les enlever, ceux du dos, ceux des jambes, des bras, des aisselles, du menton ou encore du ventre. Partout, partout il faut les arracher, les enlever. Ils sont repoussants, impossible à assimiler à nos corps. Les corps féminins  noires sont soumis à de nombreuses injonctions esthétiques qui ne peuvent être conformes à la réalité de nos corps. Pour tenter de se conformer à cet esthétisme blanc, on a le recours constant à différentes formes d’épilation. Epilation qui peut d’ailleurs aggraver la qualité de votre peau. Par exemple, cela entraîne l’apparition de poils incarnés, de tâches foncées ou encore de blessures dû à l’arrachage de poils et/ou peau. Or, les poils dans différents coins d’Afrique noire (ainsi qu’ailleurs dans le monde) sont perçus comme normal voire comme un signe de beauté. Il est ainsi très commun et normal de croiser des femmes très poilues dans des quartiers de Douala par exemple.

Un exemple ici avec cet article en anglais d’une femme nigériane poilue qui vit très bien sa pilosité.

 

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Poils qui sont le fait de nos corps et NON le fait des produits éclaircissant ou que sais-je. Parce que oui, IL N’Y A PAS QUE LES HOMMES CIS QUI SONT POILUS.

 

Des articles sur la perception du poil sur les corps féminins : ici et ici.

 

Les poils sont historiquement vus comme beaux dans la plupart des communautés d’Afrique noire. Cependant, l’on a pas du tout intégrer cette vision des poils mais plutôt celui de la beauté blanche occidentale oppressive qui nous inculque que la beauté de nos corps se traduit par un corps imberbe. On peut le remarquer régulièrement dans la représentation des corps féminins par les artistes/peintres noires : où se trouve les poils ? Les représentations artistiques, photographiques ne correspondent en rien à la réalité de nos corps. Où sont nos jambes poilues ? Nos aisselles poilues ? Nos seins poilus ? Nos ventres poilus ? Nos sexes poilus ? De même que nos ancêtres, lorsque les reines  sont représentées, étaient-elles poilues ? Les femmes noires de la période pré-coloniale et/ou pré-esclavage ne sont jamais représentées artistiquement avec des poils.

Tu connais ce genre d’images ou de photos que les kamites prophète du kémitisme de Kemet, que les hommes et femmes noir-e-s cis et les soldates noires du patriarcat bénissent matin, midi, soir. Ce genre d’images, de peintures, de photos fort de colorisme représentants des femmes noires imberbes en général jeunes aux traits eurocentriques qui t’énervent. Toi même tu me sais. On se sait.

 

 

On peut d’ailleurs plus loin que les poils et questionner où sont nos cicatrices ? Nos alopécies ? Nos ablations ? Nos vergetures ? Nos vrais kilos ? Nos tâches ? Nos difformités physiques ? Nos boutons? … On est parfait-e-s avec nos imperfections, si vous appréciez tant les corps noirs féminins, montrez que vous nous appréciez pour ce que l’on est vraiment.

 

 

Joue la comme Mo’Nique, joue la comme Amber Amour!

 

 

 

 

 

Malheureusement la fausse perception que l’on a de nos corps, nous la reproduisons et nous la normalisons ce qui est très dangereux. Puisque s’ensuit des regards diaboliques (vreuument), des commentaires désobligeants, vexants voire des insultes à l’égard des personnes aux corps  féminins  assumant leurs poils. Voyez-vous même le paradoxe et la bêtise.

 

#dixitlespronaturelpronappymaisquinabordentenaucuncaslaquestiondelapilositédenoscorps 

Bêtise que l’on peut chercher loin sur nos corps féminins, vous ne vous posez pas souvent la question  pourquoi vous vous épilez  ? Ou pour qui est-ce que vous vous épilez ? Auxquelles on a souvent des réponses toute faite : « parce que c’est beau », « parce que toutes les femmes le font », « parce que les poils ça ne sert à rien », « c’est dégueulasse ce n’est pas propre ». Des réponses toutes faites et vide de sens. Puisque comme on l’a vu tout d’abord les poils c’est aussi esthétique et beau que le sans poil. Ensuite ce n’est pas parce que vous avez l’impression que tout le monde autour de vous fait quelque chose que vous devez forcément le faire. N’ayez pas peur d’oser suivre vos propres normes esthétiques, teintez vos sourcils, vos poils des aisselles, des jambes ! Puis non, les poils ce n’est pas du tout sur nos corps pour rien. Les poils nous servent vitalement pour notre corps, ils ne sont pas là pour rien. En effet, ils nous servent d’abord de barrière contre les différentes températures (chaud, froid), contre les ultraviolets. Les sourcils et les cils par exemple nous servent de protection contre les différentes poussières qui pourraient entrer en contact avec les yeux. Les poils dans différents endroits comme les narines, les oreilles servent de filtre soit auditif ou d’odeur. Les poils au niveau des aisselles et des organes génitaux, eux servent d’antibactérien (donc limite les infections et autres maladies) et de protection d’odorat et à la conservation de l’hydratation de peau.

 

 

 

 

Les poils c’est aussi un moyen, un outil pour voir que là aussi il y a une domination sociale des regards des hommes cis sur les corps  féminins . Pour la plupart des personnes ayant des corps  féminins, lorsqu’elles pensent à l’épilation c’est tout d’abord pour être bien perçu de ses pairs mais surtout des hommes cis hétéro. De ceux qui l’entourent, de ceux qui lui plaisent ou encore de ceux qui partagent sa vie pour être bien vu mais surtout pour paraître présentable et normal-e.

On peut prendre l’exemple de l’épilation pubienne où se trouve les organes génitaux comme une démonstration que même ce qui a de plus privé sur notre corps (vraiment caché en public pour ce coup-ci lol) est quelque chose de publique. D’où nous vient l’idée selon laquelle il faudrait épiler nos sexes ? Où est ce que l’on apprend que les poils sur le sexe c’est moche ? Que se fait un wax brésilien c’est meilleur, c’est sexy ? Merci la pornographie et le regard masculin. Si nombre de personnes pensent l’organe génital normal lorsqu’il est totalement épilé c’est tout d’abord parce que les premières images et vidéos qu’elles regardent ce sont des représentations d’organes génitaux totalement épilés via la pornographie ainsi qu’images et films érotiques. Bien que beaucoup de personnes peuvent tenter de nier, la pornographie y est pour beaucoup dans la représentation que ce font les corps « masculins » de leurs corps mais aussi les corps féminins de leurs corps. Surtout en ce qui concerne les représentations des organes génitaux, non nos sexes ne sont pas tous pas les mêmes et surtout ne ressemblent en rien aux représentations sociales  qui ne sont en rien réaliste.

 

 

 

C’est aussi une question sociale puisque les poils sont aussi un marqueur de maturité des corps pour la plupart d’entre nous. Donc ça nous amène aussi à nous poser la question du pourquoi cette forte volonté d’un corps imberbe (et donc d’enfant) sur des personnes adultes, matures et généralement forcément poilu. Cela amène à voir que la société française est une société pédophile qui ne se voit pas (#JusticePourCais, où en est-on ?). Il existe une obsession, fétichisation et adoration des corps imberbes, sans poils et plus particulièrement des organes génitaux sans poils qui démontrent un parallèle avec la pédophilie dont beaucoup ignorent. L’épilation pubienne rend le corps féminin comme celle d’un enfant, c’est la banalisation de l’adoration d’un corps de jeune enfant (tous les enfants en général n’ayant pas de pilosité sur une grande partie de leurs corps).  En effet, l’épilation intégrale surtout de zone pubienne pour les corps féminins mène à la ressemblance par exemple d’un sexe de jeune fille. Vous voyez le parallèle pédophile ? Il faut vraiment prêter attention sur ces invidividus obsédés du zéro poil qui fétichisent dur les corps totalement épilés.

 

AH oui aussi l’excès de poils (oui à partir de quand dépasse -t-on le barème de la pilosité normale?), surtout sur les corps féminins est perçu comme un dérèglement, une déviance à  l’ordre normal des organes voire comme un signe de virilisme ou de masculinité. Saviez-vous par exemple que l’hyperpilosité est perçue en France comme une maladie ? Comme un dérèglement, quelque chose d’anormal ? Si vous êtes considéré-e comme atteint-e d’hyperpilosité, vous pouvez être pris-e en charge et soigné-e par des médecins compétent-e-s à l’aide d’intervention et de traitement le tout étant remboursé par la Sécurité Sociale.

 

En plus d’un diktat de ce qui est beau ou non c’est aussi une dépossession de nos corps, c’est là que l’on voit que c’est aussi politique. Il s’agit d’un contrôle des corps féminins , de nos corps noir-e-s. Cela montre une vision politique sur nos poils parce que, qu’on le veuille ou non, nos corps féminins noirs ont été les sujets d’une longue histoire d’oppression, de mutilation, de torture et de diktat derrière nous qui trouve son empreinte dans nos sociétés d’aujourd’hui. Nos poils sont aussi politiques que nos cheveux crépus et nos coiffures africaines et antillaises que le monde blanc refuse de voir. Mais qu’aussi bon nombre parmi nous refusons nous mêmes de voir. Se réapproprier un choix  en ce qui concerne nos poils c’est déjà faire un grand pas dans la réappropriation de nos corps. C’est politique puisque ça pose aussi la question de la discrimination au genre en chevauchant sur les questions de pression sociale, virilité, féminité, masculinité et de domination masculine.

 

 

 

 

Combien dépensez-vous par jour, semaine, mois ou année afin d’être parfaitement épiler et conforme à la société ? Vous pourriez économiser en vous épilant moins en espaçant les séances voire en les arrêtant (votre peau vous dira merci lol). Non, sérieusement ne remarquez-vous pas tous ces instituts esthétiques d’épilation et ces produits et accessoires épilatoires en magasins qui coûtent gros dans nos budgets ? Pensez-y et si vous réduisiez voc coûts côté épilation pour vous faire de l’argent pour voyager par exemple? Combien d’entre vous veulent retourner au pays? Faire un retour aux sources ou découvrir un nouveau pays, s’offrir des vraies vacances ou en offrir à un-e proche? C’est possible, avec l’argent économisé de l’épilation, vous pourrez avoir plus de sous pour vos loisirs (ou les factures de fin du mois).

 

 

En bref, ceci n’est pas une injonction pour cesser l’épilation mais plutôt tenter de fournir des axes de critiques afin de démontrer qu’il existe des enjeux du fait de prendre le contrôle de nos choix esthétiques en ce qui concerne les poils. Parce que non il n’y a pas que l’arrêt du défrisage, du lissage brésilien ou autre qui comporte des enjeux pour nous les afrodescendant-e-s noir-e-s. Mais bon je ne suis pas teubée, les corps féminins noirs ont des poils plus foncés, plus voyants et plus durs que la plupart des autres corps féminins racisés ou blancs donc laisser ses poils volontairement c’est aussi accepter le risque d’affronter au quotidien les offuscations, les critiques et les regards. Il faut se préparer mentalement et psychologiquement avant de le réaliser. Peut-être d’ailleurs que nombre d’entre vous ont été tenté-e-s et ne l’ont pas fait. Peut-être que nombre d’entre vous le font mais on honte de le montrer en public. Peut-être que nombre d’entre vous préfèrent une peau sans poils ou légèrement moins poilu que  la normale. En tout cas, le choix est votre. Mais sachez que les poils ce ne sont pas que des poils.

 

 

Je ne sais pas si les personnes non cis et non hétéro sont touché-e-s par ce syndrome oppressif mais petit conseil de copinage comme ça, que tout le monde peut appliquer : si ton chéri supporte pas tes poils, qu’il est la raison pour laquelle tu t’épiles, casses. #YOUKNOWYOUDESERVEBETTERSWEETIE 🙂

 

 

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(non c’est pas moi mais j’ai adoré la photo, btw toutes les photos ont été trouvées sur Google Image).

 

 

 

 

 

Kel Lam.

Un mal tabou marginalisé et consenti ?

Tout le monde le sait pourtant, les produits transformant chimiquement la peau contiennent des substances extrêmement dangereuses pour la santé. Des composants tels que le glucocorticoïde, le mercure ou encore l’hydroquinone sont interdits par la loi française. Pourtant, il continue d’exister aujourd’hui des produits éclaircissants et blanchissants dans lequels il est encore possible de les trouver. De plus, en dépit de ces substances interdites, malgré la dangerosité de ces produits sur la peau, ceux-ci sont tout de même en circulation en France ainsi que dans toute l’Europe. Il s’agit d’un marché en pleine émergence. On ne trouve plus les produits éclaircissants que dans les petits magasins de quartier destinés largement au public racisé mais on le trouve maintenant en grande surface (Auchan par exemple pour ceux qui l’aurait remarqué). En effet, il s’agit d’un marché qui s’élève à des milliards d’euros. Et souvent, qui dit « €€€ » dit aucun intérêt pour le sujet et les effets (pervers) du produit proposé pourvu qu’il fructifie le chiffre d’affaire.

Alors pourquoi ne pas pour une fois s’intéresser au sujet et aux réelles problématiques que rengorge l’éclaircissement et le blanchiment de la peau ?

Fondamentalement, le but de ces pratiques est de transformer la peau. C’est-à-dire de modifier la peau originelle, dit « naturelle », dans le but que la peau n’ait plus son apparence primaire. La transformation de la peau peut être le fruit d’une transformation naturelle ou chimique. Par exemple, la transformation naturelle renvoie au bronzage dû au soleil. Alors que la transformation chimique renvoie aux séances UV en centre de bronzage. Je profite d’ailleurs ici pour attirer l’attention sur ce phénomène qu’est le bronzage. En effet, si pour les peaux mates et noires, les produits éclaircissants et blanchissants sont en pleine expansion, en ce qui concerne les peaux pâles, claires, blanches, ce sont les centres de bronzages qui ne cessent de se multipliés. Ce qui peut paraître paradoxal et en contradiction (notamment avec cette idée d’une norme blanche sociale). Sauf que le marché florissant du bronzage n’a pas du tout les mêmes aspects que l’éclaircissement ou le blanchiment de la peau. Le bronzage est un synonyme de loisir, un synonyme de l’appartenance à une « société de loisirs », de privilège. Il réside alors une aspiration à l’appartenance à une élite sociale. Alors que pour certains il s’agit d’une mode, pour d’autres il s’agit d’un mode de vie qui fait partie de leur routine bien-être. Bronzer est alors synonyme de beauté. Malgré quelques similitudes, on peut ne donc pas réellement mettre le bronzage sur le même plan que le blanchiment ou l’éclaircissement.

Il convient tout d’abord de mettre en lumière que même si les femmes sont souvent les premières visées dans l’utilisation de ces produits, les hommes aussi les utilisent. Essentiellement, des produits éclaircissants. Une enquête sociologique avait été effectuée par Emeriau Céline auprès des vendeurs mais aussi des acheteurs montrant que les hommes aussi utilisent les produits éclaircissants. De plus, un chercheur congolais M’Bemba Ndoumba Gaston avait démontré à partir de plusieurs enquêtes, qu’au Congo les hommes utilisaient autant de produits éclaircissants et blanchissants que les femmes. Il faut aussi impérativement distinguer l’éclaircissement du blanchiment. Nombreux sont ceux qui confondent ces deux termes alors qu’ils ne renferment pas les mêmes affinités.

L’éclaircissement est le fait de s’éclaircir la peau sans pour autant viser la teinte la plus claire possible. La personne de couleur mate ou noire ne le fait pas pour être blanc ou blanche. Des préjugés sociaux autour de ces personnes circulent souvent sur le fait que ce soient des personnes déracinés ou honteuses de leur cultures. Mais non, souvent ce sont au contraire des personnes qui revendiquent leur culture ou leur attachement à celle-ci. La pratique de l’éclaircissement est en réalité un révélateur du colorisme ambiant régnant au sein de chaque groupe racial mat ou noir mais aussi à l’échelle de la société. Il réside toujours une préférence (collective-implicite ou non) quel que soit le groupe racial d’appartenance pour la teinte la plus claire. Ici, par exemple le Noir qui souhaitera s’éclaircir la peau n’aura pas pour exemple un Blanc mais un Métisse ou un Noir plus clair que lui. Les fantasmes pour celui-ci se tourneront sur les peaux de John Legend, Michael Ealy ou encore Terrence J. Il y résidera alors chez certains une constante comparaison maladive. On retrouve d’ailleurs cette idée chez Fanon, de cette constante comparaison destructrice entre les Noir-e-s, ceux qui ne pouvaient pas s’imaginer comme étant l’égal des Blancs, ceux-ci étant la norme. Ainsi, dans le but alors de se sentir plus désiré-e, plus belle/beau ou mieux accepté-e, la personne en question optera pour l’éclaircissement de la peau. Et cela marche (malheureusement ou pas, d’ailleurs !). Lorsque la plupart des femmes (celles qui ont témoignés dans les enquêtes d’Emeriau) s’éclaircissent la peau, elles sont mieux vues, beaucoup plus complimentées. La vie leur semble plus facile dans la globalité. De même, les hommes (quel que soit le type de couleur de peau) sont beaucoup plus attirés par celles-ci. Un homme qui s’éclaircissait la peau avait d’ailleurs témoigné dans le livre d’Emeriau  qu’il se sentait plus beau, propre et apte à draguer (ce parallèle peut être fait avec le témoignage recueilli par M’Bembe N’doumba Gaston d’un homme noir s’éclaircissant la peau). Par ailleurs, il faut souligner que l’utilisation de produits éclaircissants s’utilise chez certain-e-s à des fins dermatologiques à cause du manque de connaissance (ou la non prise en compte ?) de dermatologues spécialisés pour les peaux mates ou noires. Ces peaux étant généralement stigmatisées comme des peaux à problèmes, grasses, les bons produits adaptés réellement à leurs peaux. Par conséquent, lorsque vous avez un teint mat ou noir, que vous vous rendez directement dans un parashop ou dans une pharmacie ou parapharmacie et que vous demandez des propositions de soins pour votre peau à cause de quelques boutons ou tâches, on vous dirigera vers des produits alliant éclaircissement et matification. Pourtant aujourd’hui, certains instituts sont spécialement conçus pour les peaux/cheveux mates et noires. De même, certains produits sont censées résoudre les problèmes dermatologiques rencontrés par les peaux mates et noires).Ces produits n’étant pas à la portée de tout le monde financièrement, il sera plus facile pour d’autres de se diriger directement à la petite boutique du quartier vendant massivement des produits éclaircissants promettant des résultats rapide avec à la clé une peau claire et matifiée.

Le blanchiment est une méthode radicale. Au sens où il réside une volonté d’employer une méthode total, efficace avec des moyens d’actions forts qui s’attaquent à l’essence profonde, à la racine même, ici la noirceur, la mélanine. Ce pigment à l’origine de la couleur foncée se voit évincer au profit de l’imposition d’une couleur blanche artificielle. Le blanchiment de la peau n’est pas pratiqué sur la base d’une comparaison au sein d’un groupe racial mais dans le but de l’atteinte d’une norme racial explicite : le/la Blanc-he. Cette pratique permet de se distanciée totalement de la couleur noire et du poids socio-historique lié à cette couleur de peau. La couleur noire agissant comme un marqueur physique, elle sert à effectuer une discrimination raciale de fait. Il s’agit alors d’une pratique qui touche majoritairement les Noir-e-s. Le blanchiment de la peau n’est pas forcément pour couper avec ses racines africaines ou renier sa culture africaine. C’est surtout dans le but de s’évader, de se détacher des stéréotypes racistes qui entourent la couleur noire. Certains Noir-e-s sont alors esclave de leur couleur de peau, n’ayant pas les possibilités d’affirmer leur négritude ou de rester eux-mêmes tout en faisant face au racisme ambiant. Ils ont alors tranchés en utilisant le «sérum de dénigrification».

Avec le blanchiment de la peau, on a une multitude de discours véhiculé. On a d’abord le discours esthétique avec l’idée de la primauté de la beauté caucasienne occidentale, le discours social avec l’idée du privilège blanc qui réside au sein d’une société mais aussi un certain discours identitaire puisqu’il y a ici une identification explicite aux Blanc-hes. Le blanchiment de la peau les permet d’être mieux perçus dans l’ensemble de la société. Mais aussi d’être mieux perçus par eux/elles-mêmes. La pratique permet alors d’atteindre une réelle libération.

Le blanchiment et l’éclaircissement sont des manières d’éradiquer un mal être, un sentiment d’infériorité. C’est un moyen de faire face à l’exclusion, de pouvoir se conformer à la norme et pouvoir faire partir ou du moins de répondre à des critères imposant un idéal caucasien. Il s’agit pour les individus pratiquant ces méthodes de transformation chimique corporelle d’aborder une nouvelle vie où ils/elles sont plus visibles (socialement et esthétiquement), plus complimenté-e-s et plus apprécié-e-s. Cela agit alors comme une drogue. Cela crée une dépendance, une addiction. Ces individus ont ensuite du mal à se débarrasser de ces différents produits.

Celles/ceux qui se blanchissent/éclaircissent la peau ont-ils tort ?

Non, le réel problème émane de la société. Véhiculant la primauté d’une certaine teinte de peau en marginalisant, celle-ci contribue fortement à ce mal généralisé. Elle oppresse et néglige une catégorie d’individus en lui imposant un idéal qui ne pourra jamais lui convenir. Elle consent à ce mal en laissant le racisme ambiant se propager avec toujours plus de vigueur. Ainsi, on peut se poser la question de savoir si  les produits de transformation corporelle chimique listés comme dangereux  ne l’étaient pas, ne saurions-nous pas majoritairement à peaux claires dans ces sociétés occidentales? Ceux qui refusent d’utiliser ces produits d’éclaircissement et de blanchiment ne seront pas en fin de compte des résistant-e-s au système? Au même titre aujourd’hui avec que le port du cheveu crépu (surtout porté en afro) qui est (malgré lui) un acte militant.

Au final, ceux qui se blanchissent et s’éclaircissent la peau n’essayerait-ils pas seulement de se conforter à la règle ? Cette règle qui impose une affirmation de la suprématie du privilège sociale, économique et esthétique du/de la caucasien-e. On remarque d’ailleurs que cela agit sous différents formes chez tous les peuples anciennement colonisés ainsi que leurs descendants. Par exemple, en Asie du Sud-Est, nombre sont ceux (surtout des acteurs et actrices de Dramas coréen, japonais ou encore des stars de K-pop) qui réalisent des interventions chirurgicales (étirement des yeux, allongement du nez, gonflement des lèvres voire des pectoraux…) afin de se rapprocher de l’idéal caucasien. On peut aussi prendre l’exemple de l’éclaircissement et du blanchissement de la peau en pleine expansion en Asie Occidentale ou encore au Maghreb. Partout, l’on tente de se conformer à cette règle inatteignable.

Au lieu de sans cesse stigmatisé ces pratiquant-e-s en les pointant du doigt, en les dénigrant ne devrions pas justement les comprendre ? Comprendre le passage à l’acte ? En identifier les raisons ? Et aussi peut-être qu’au lieu de ne lutter seulement contre l’éclaircissement et/ou le blanchiment de la peau et de se concentrer seulement sur les sociétés productrices de ces produits, il ne serait pas plus judicieux de lutter contre le diktat caucasien globalement imposé ?

A quand une réelle prise en charge des pratiquant-e-s de ces produits et qui souffrent ? A quand réel suivi psychologique ? Une norme (globale) sociale, économique et esthétique qui serait ENFIN pluri-identitaire, pluriethnique et pluriculturelle ?

Le marché autour des produits éclaircissants et blanchissants étant plus florissant que jamais, il est vrai que l’on peut douter d’un éventuel changement. L’environnement global est prédestiné a encouragé ce mal et à le maintenir au sein de la société comme un secret tabou et silencieusement accepté. Au contraire, il serait plus que temps d’en discuter ouvertement et sans honte (surtout de la part des pratiquant-e-s puisqu’il n’y a pas lieu d’en avoir) si l’on veut qu’un changement aboutisse.

Sources utilisées :

Le site du Syndicat national des professionnels du bronzage en cabine, l’onglet Connaître le bronzage en cabine : http://www.snpbc.org/marche-du-bronzage-en-cabine/

M’Bemba-Ndoumba, Gaston. — Ces Noirs qui se blanchissent la peau. La pratique du « maquillage » chez les Congolais : un résumé de son essai sur la question ici : https://etudesafricaines.revues.org/6088

FANON Frantz, Œuvres, Peaux Noires, Masques Blancs, Collection Cahier. Dans le chapitre 5, l’expérience vécue d’un Noir où la notion de « sérum de dénégrification » est abordée.

EMERIAU Céline, S’éclaircir pour faire « peau neuve », Une pratique entre santé et identité, PUN, Editions universitaire de Lorraine : pour tout ce qui concerne les enquêtes, recherches sur les personnes utilisant les produits éclaircissants et blanchissants.

Kel lam.

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